Après deux années de travaux menés en site occupé, la Maison des associations de Dijon a été officiellement inaugurée vendredi 2 octobre à 17 h 30. Entièrement rénové et agrandi, l’équipement municipal représente un investissement de 12,2 millions d’euros. Autour de Nathalie Koenders, maire de Dijon, la préfète Violaine Démaret et Guillaume Ruet, représentant le conseil départemental de la Côte-d’Or, ont insisté sur le rôle essentiel des associations dans la cohésion sociale, la citoyenneté et les politiques publiques.
La Maison des associations de Dijon a changé de dimension. Vendredi 2 octobre, élus, représentants de l’État, responsables associatifs et bénévoles étaient réunis pour inaugurer un équipement profondément transformé après deux années de chantier. Un projet engagé sous le mandat de François Rebsamen et dont Nathalie Koenders a revendiqué la continuité lors de son discours. « Les fruits que nous récoltons aujourd’hui sont souvent issus de graines que d’autres ont semées hier », a rappelé la maire, soulignant la décision prise par son prédécesseur d’investir dans la restructuration de ce lieu afin de mieux répondre aux besoins du tissu associatif dijonnais. Les travaux ayant été réalisés en site occupé, elle a également salué la patience et la capacité d’adaptation des associations et des équipes pendant toute la durée du chantier.
Construit en 1964 puis transformé en Centre municipal des associations en 1975, le bâtiment avait besoin d’être adapté aux nouveaux usages. La Ville a consacré 12,2 millions d’euros TTC à l’opération. Plusieurs partenaires publics ont participé à son financement : le Département de la Côte-d’Or à hauteur de 500 000 euros, l’État avec 311 400 euros issus du Fonds vert pour la rénovation énergétique et 245 000 euros au titre de la DSIL pour l’accessibilité, ainsi que la Région Bourgogne-Franche-Comté, qui a apporté 30 000 euros dans le cadre du dispositif Effilogis.
Un bâtiment entièrement repensé
La transformation ne s’est pas limitée à une rénovation esthétique. Isolation thermique et phonique, remplacement des huisseries, rénovation des sols et des peintures, nouvelle signalétique, nouvelle cage d’ascenseur et mise en accessibilité ont accompagné une réorganisation beaucoup plus large des espaces. La Maison des associations accueille désormais un espace numérique destiné notamment aux formations de Dijilink, un espace parents-enfants et de répit, un espace de coworking ainsi qu’un accueil agrandi.
À cette rénovation s’ajoute une extension de 784 m² construite à l’emplacement de l’ancien parking. Elle comprend notamment une salle polyvalente modulable, équipée de gradins rétractables de 162 places et pouvant recevoir jusqu’à 400 personnes. Un grand hall est destiné aux rencontres et aux expositions, tandis qu’un jardin de 200 m² complète le nouvel ensemble. Le « Bistrot 1901 », espace de restauration de 70 couverts ouvert sur l’extérieur et confié à l’Acodège, doit également contribuer à faire du lieu un véritable espace de vie et de rencontres.
La capacité d’accueil a fortement augmenté. Le site peut désormais proposer jusqu’à douze salles de réunion, voire treize selon la configuration de la salle polyvalente, huit bureaux passagers, 130 bureaux privatifs dont onze doubles et 420 boîtes aux lettres. S’y ajoutent l’espace numérique, le coworking et un espace de type tiers-lieu installé au rez-de-jardin.
L’accessibilité a constitué l’un des axes majeurs du projet. Au-delà des seules personnes à mobilité réduite, les aménagements prennent en compte les déficiences visuelles, auditives, intellectuelles et motrices : plan en relief, signalétique en braille, contrastes de couleurs ou encore éclairage adapté des cheminements extérieurs. La dimension environnementale a elle aussi été intégrée au chantier avec le raccordement de l’extension au réseau de chaleur urbain, une isolation extérieure, la pose de 160 panneaux photovoltaïques, la récupération des eaux de pluie pour les sanitaires et le réemploi d’une partie du mobilier existant.
« Bien davantage qu’un bâtiment plus fonctionnel »
Pour Nathalie Koenders, cette transformation doit conforter la Maison des associations dans son rôle de « force fédératrice » et d’accompagnement des acteurs associatifs. La maire a rappelé le poids particulièrement important du secteur à Dijon, avec environ 4 500 associations actives. Chaque année, près de 200 associations sont créées pour une cinquantaine de dissolutions. Plus de 2 000 sont aujourd’hui référencées auprès de la Maison des associations.

Quelques semaines après la 25e édition du Grand Déj’ des associations, Nathalie Koenders a longuement salué l’engagement des bénévoles. « Vous comptez parmi les forces vives de la vie locale », a-t-elle affirmé en mettant en avant les valeurs de solidarité, de citoyenneté, de fraternité et d’humanité portées selon elle par le monde associatif. Pour la maire, s’engager dans une association constitue aussi une forme très concrète de citoyenneté : donner de son temps à un projet collectif revient à prendre directement part à la vie de la cité.
Cette inauguration a également été l’occasion pour la maire de défendre le niveau de soutien de la Ville aux associations dans un contexte qu’elle juge particulièrement difficile. Elle a notamment évoqué la réduction des financements publics face à des besoins croissants et cité les 12 305 emplois associatifs qui, selon l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire mentionné dans son discours, ont disparu en 2025. Nathalie Koenders a aussi critiqué les contraintes budgétaires pesant sur les collectivités et dénoncé les mises en cause du financement du monde associatif, notamment après une publication du JDD évoquant des sommes qui seraient « englouties par les associations ».
La Ville entend, assure-t-elle, maintenir son effort. Elle indique ainsi que 15,1 millions d’euros ont été inscrits au budget primitif 2026 pour les subventions aux associations, hors régies de La Vapeur et de l’Opéra. Dijon héberge par ailleurs quelque 300 associations sur une centaine de sites représentant 60 000 m². Nathalie Koenders a également rappelé que la Chambre régionale des comptes avait estimé que Dijon consacrait aux associations un effort supérieur de 25 % à la moyenne des villes françaises.
Malgré ce contexte, la maire a voulu retenir plusieurs signes encourageants. Elle a notamment souligné la progression de l’engagement associatif chez les 15-24 ans, passé selon les chiffres de l’Ifop cités dans son allocution de 16 % en 2010 à 24 % en 2026. À rebours du discours sur le désengagement de la jeunesse, elle y voit le signe que l’envie de participer à des projets collectifs demeure forte.
Pour le Département, « un véritable espace de vie »
Présent au nom du président du conseil départemental François Sauvadet, Guillaume Ruet a lui aussi insisté sur la place du monde associatif dans la cohésion sociale et territoriale. Revenant sur la pose de la première pierre à laquelle il avait assisté deux ans auparavant, il a salué l’ampleur et la qualité des travaux réalisés, se félicitant de voir aboutir un projet auquel le Département a participé financièrement.

Sport, culture, mémoire combattante, action sociale, environnement, santé ou encore protection animale : Guillaume Ruet a énuméré la diversité des champs dans lesquels interviennent les associations. Dans une société qu’il estime marquée par davantage d’individualisme et de « repli sur soi », il a considéré leur activité comme indispensable à la cohésion du territoire.
Le représentant du Département a surtout insisté sur la transformation des usages. « Ce n’est pas que des bureaux, c’est un espace de vie », a-t-il résumé en évoquant le café, le coworking, les équipements informatiques et la nouvelle accessibilité du bâtiment. Il a également relevé la professionnalisation croissante demandée aux bénévoles, confrontés à des démarches administratives de plus en plus nombreuses et techniques. À ses yeux, la nouvelle Maison des associations doit précisément leur donner les moyens matériels d’y répondre dans de meilleures conditions.
Le Département a contribué à hauteur de 500 000 euros à l’opération. Guillaume Ruet a remercié les agents de la Ville, les élus, les équipes techniques et les entreprises ayant participé au chantier, avant de rappeler que « notre société tient notamment grâce aux bénévoles et aux associations ».
Violaine Démaret : les associations comme « antidote » au repli
La préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or, Violaine Démaret, a pour sa part identifié trois raisons principales justifiant l’engagement de l’État dans le projet.
La première tient à la rénovation énergétique. Alors que l’adaptation des bâtiments publics doit désormais répondre autant au confort hivernal qu’aux épisodes de chaleur estivale, la préfète a salué les choix réalisés dans le cadre du chantier. L’État a notamment participé au financement de ces travaux par l’intermédiaire du Fonds vert.

Deuxième priorité : l’accessibilité. Violaine Démaret a particulièrement salué le choix de ne pas limiter les aménagements au seul handicap moteur, mais de prendre en compte plusieurs types de déficiences. Des adaptations parfois peu coûteuses, a-t-elle souligné, peuvent « changer la vie » des personnes en situation de handicap et faciliter leur pleine participation à la vie de la cité.
Enfin, la préfète a insisté sur la dépendance de nombreuses politiques publiques à l’égard du tissu associatif. État comme collectivités, a-t-elle expliqué, ne pourraient conduire une partie de leurs actions sans les associations qui les relaient et les mettent concrètement en œuvre. Mais leur rôle dépasse largement cette coopération institutionnelle. Dans un contexte où plusieurs intervenants avaient évoqué le risque de repli sur soi, Violaine Démaret a qualifié le monde associatif d’« antidote » : « L’engagement, c’est l’antidote », a-t-elle résumé.
Simone Plessis et Robert Yvray pour incarner l’engagement
Le nouveau bâtiment porte aussi la mémoire de deux personnalités dont les noms ont été donnés à plusieurs de ses espaces.
La salle polyvalente est désormais baptisée Simone Plessis, en hommage à la résistante dijonnaise engagée aux côtés de Marcelle Pardé au sein du réseau Brutus-Vidal. Arrêtée en août 1944 et déportée, elle est morte à Ravensbrück le 30 mars 1945, à l’âge de 31 ans. L’espace de coworking porte pour sa part le nom de Robert Yvray, figure de la vie associative dijonnaise disparue en février 2025 à 79 ans. Président de l’Association française des diabétiques de Bourgogne-Franche-Comté et engagé dans la représentation des usagers du système de santé, il avait reçu la médaille de la Ville en 2023.
Nathalie Koenders a rapproché ces deux parcours, deux époques et deux combats autour d’une même conception de l’engagement au service des autres. Violaine Démaret a également eu une pensée pour leurs familles, rappelant que cette nouvelle Maison des associations était aussi un lieu de transmission et de partage. Faisant référence au passé de résistante de Simone Plessis, la préfète a conclu en établissant un parallèle avec l’action associative contemporaine : s’engager, a-t-elle estimé, c’est aussi « résister contre le repli ».
Le nom du « Bistrot 1901 » renvoie enfin directement à la loi du 1er juillet 1901 consacrant la liberté d’association. Sa gestion par l’Acodège doit associer restauration locale, convivialité et inclusion en permettant à des personnes accompagnées par l’association de développer leurs compétences professionnelles et leurs savoir-faire.
Cent vingt-cinq ans après la loi de 1901, la municipalité veut ainsi faire de cette Maison rénovée bien plus qu’un lieu d’hébergement administratif. Information, conseil juridique ou financier, formations, réunions, travail partagé, restauration, expositions et rencontres doivent désormais cohabiter dans un même équipement. Pour Nathalie Koenders, il doit rester l’un de ces lieux où se cultivent quotidiennement « les graines de la solidarité et de la citoyenneté ». Une formule qui résumait, vendredi soir, le fil conducteur des différentes prises de parole : dans une société où les responsables présents disent redouter l’isolement et le repli, la nouvelle Maison des associations est appelée à devenir autant un outil au service des bénévoles qu’un lieu destiné à faire vivre le collectif.
















































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