Plusieurs départs de feu à l’intérieur de l’établissement, des cours suspendus et un lycée fermé dans l’après-midi : la journée du lundi 5 octobre a été particulièrement mouvementée au lycée Le Castel, à Dijon. Alors qu’un nouveau mouvement de grève et la poursuite des manifestations lycéennes sont annoncés mardi, un message de la direction demandant aux parents de « juger de la pertinence » de faire venir leur enfant soulève une question essentielle : dans quelles conditions les élèves pourront-ils être accueillis et leur sécurité assurée ?
La journée du lundi 5 octobre aura été marquée par de sérieux incidents au lycée Le Castel. Dans un message adressé aux élèves, aux familles, aux enseignants et aux personnels, la direction de l’établissement explique avoir pris la décision de suspendre les cours à partir de 14 heures, après « plusieurs départs de feu vite maîtrisés dans les bâtiments ».
Les élèves et étudiants ont été invités à quitter l’établissement dès 13 h 30 ou à l’issue de leur cours de 14 heures afin de rejoindre leur domicile. Ceux qui ne disposaient pas immédiatement d’un moyen de transport ou d’une prise en charge familiale pouvaient rester dans l’enceinte du lycée.
Les parents des élèves internes ont également été invités à organiser, dans la mesure du possible, le retour de leur enfant à domicile, tandis qu’un accueil devait être maintenu à l’internat pour les jeunes sans autre solution. Une situation suffisamment sérieuse pour provoquer l’interruption de l’activité scolaire.

La préfecture confirme plusieurs départs de feu à l’intérieur du lycée
Quelques heures plus tard, la préfecture de la Côte-d’Or a confirmé la gravité des événements dans un communiqué consacré aux mobilisations lycéennes du département. Les services de l’État indiquent que « le lycée Le Castel a quant à lui été le théâtre de plusieurs départs de feu à l’intérieur de l’enceinte ».
Ces incidents, précise la préfecture, ont conduit « à la suspension des cours et à la fermeture de l’établissement cet après-midi ». Un dépôt de plainte doit être effectué afin de permettre l’identification des auteurs. La préfecture annonce également que les faits sont susceptibles d’entraîner des poursuites disciplinaires et judiciaires.
Dans le même communiqué, l’État fait état d’incidents devant plusieurs lycées de Côte-d’Or, avec notamment des jets de projectiles, des tirs de mortiers d’artifice, des feux de poubelles et une tentative d’incendie d’un portail. Dans ce contexte, les forces de sécurité restent mobilisées aux abords des établissements concernés.
Mardi, « il reviendra aux parents de juger »
Mais c’est surtout la consigne adressée aux familles pour la journée du mardi 6 octobre qui suscite aujourd’hui des interrogations. Dans son message, la direction du lycée écrit :
« Mardi 06/10, un mouvement de grève est annoncé ainsi que la poursuite des manifestations lycéennes, il reviendra aux parents de juger de la pertinence de faire venir leur enfant au lycée en fonction de leur situation. Les absences seront régularisées ultérieurement. »
La direction précise également qu’elle communiquera sur Pronote en cas d’évolution de la situation. Cette formulation place toutefois les familles face à une décision délicate.
Quelques heures seulement après plusieurs départs de feu à l’intérieur même de l’établissement, doivent-elles envoyer leur enfant en cours ou le garder à la maison ? Et surtout, sur quels éléments peuvent-elles se fonder pour apprécier elles-mêmes la situation ?
Quelles garanties pour les familles ?
La question ne consiste pas à affirmer que le lycée serait incapable d’accueillir les élèves en sécurité mardi. Aucun élément communiqué à ce stade ne permet de tirer une telle conclusion. En revanche, les événements de lundi rendent légitimes plusieurs interrogations.
Les bâtiments touchés par les départs de feu ont-ils été contrôlés ? Les conditions normales de sécurité sont-elles rétablies ? L’établissement disposera-t-il mardi de suffisamment de personnels pour encadrer les élèves ? Un dispositif particulier est-il prévu aux entrées et aux abords du lycée ? Quelle conduite sera adoptée en cas de nouveaux incidents ou de blocage ?
Autant de renseignements que les parents ne peuvent pas déterminer seuls depuis leur domicile. C’est précisément ce qui rend la formule « il reviendra aux parents de juger de la pertinence » particulièrement sensible.
Un père ou une mère peut naturellement décider de garder son enfant à la maison face à une situation qu’il estime préoccupante. Mais encore faut-il disposer d’informations suffisamment précises pour prendre cette décision en connaissance de cause.
« Mon enfant peut-il aller au lycée en toute sécurité ? »
Derrière les termes administratifs, la question des familles est finalement beaucoup plus simple : « Est-ce que je peux envoyer mon enfant au lycée demain en toute sécurité ? » Après les événements de lundi, cette interrogation ne paraît ni excessive ni alarmiste.
Elle appelle au contraire des réponses concrètes.
Si les conditions permettant d’accueillir normalement les élèves sont réunies mardi matin, les familles ont besoin de le savoir clairement. Si des incertitudes subsistent, elles ont également besoin d’en connaître la nature et les conséquences.
La préfecture affirme pour sa part que les forces de sécurité demeurent mobilisées afin de prévenir de nouveaux incidents et de garantir la sécurité des personnes et des biens. La préfète a par ailleurs appelé les participants aux mobilisations à faire preuve de responsabilité et de calme.
Droit de manifester et impératif de sécurité
Les autorités rappellent dans le même temps que les revendications des lycéens peuvent et doivent pouvoir s’exprimer. La préfète de la Côte-d’Or et la rectrice soulignent ainsi que la liberté d’expression et le droit de manifester doivent pouvoir s’exercer dans le respect de la sécurité des personnes et des biens.
La rectrice a également reconnu la légitimité des préoccupations exprimées par les représentants lycéens, reçus quelques jours auparavant.
Mais les autorités établissent une distinction nette entre l’expression de revendications et les actes de violence : jets de projectiles, tirs de mortiers, incendies ou dégradations peuvent, rappellent-elles, mettre gravement en danger les élèves, les personnels, les manifestants et les forces de sécurité.
Au lycée Le Castel, les événements de lundi placent désormais la question de la sécurité au premier plan. Après plusieurs départs de feu à l’intérieur de l’établissement et alors que la mobilisation doit se poursuivre, les familles attendent désormais une information sans ambiguïté : quelles seront exactement, mardi matin, les conditions d’accueil de leurs enfants ?
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