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Après plusieurs journées de mobilisation lycéenne marquées par des blocages mais aussi, dans certains établissements, par des affrontements et des dégradations, Reconquête Bourgogne-Franche-Comté réclame une réponse judiciaire plus sévère. Dans un communiqué daté du 3 octobre, le mouvement politique propose notamment de faire supporter le coût des dégradations aux personnes condamnées et d’étendre la déchéance de nationalité à certains auteurs binationaux de violences graves.

Les tensions observées depuis plusieurs jours devant des lycées et des établissements universitaires ont provoqué une réaction de Reconquête en Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué diffusé samedi 3 octobre, la formation politique condamne les violences commises en marge du mouvement lycéen et demande un durcissement des sanctions à l’encontre des personnes reconnues coupables de dégradations ou d’agressions.

La mobilisation, née autour de revendications portant notamment sur les moyens accordés à l’Éducation nationale et les conditions d’études, a pris une ampleur nationale à la fin du mois de septembre. Si de nombreux rassemblements se sont déroulés dans le calme, plusieurs établissements ont été le théâtre d’affrontements, de tirs de mortiers d’artifice, de jets de projectiles ou encore de départs de feu. Le 29 septembre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez faisait état de 440 interpellations, principalement de mineurs. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray indiquait de son côté qu’au moins dix membres du personnel et plusieurs élèves avaient été blessés au cours de cette seule journée.

Le mouvement s’est encore amplifié deux jours plus tard. Jeudi 1er octobre, 1 027 établissements ont été concernés par des actions et 1 949 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire, selon le ministère de l’Intérieur. Les organisations lycéennes mettaient pour leur part en avant les revendications liées au manque de personnels, aux conditions d’enseignement et au financement de l’Éducation nationale.

Plusieurs incidents en Bourgogne-Franche-Comté

La Bourgogne-Franche-Comté a elle aussi été touchée par les tensions. À Besançon, des incidents ont notamment éclaté aux abords des lycées Pierre-Adrien Pâris et Jules Haag. Des pierres, des bouteilles en verre et des mortiers d’artifice ont été lancés en direction des forces de l’ordre lors des mobilisations, entraînant plusieurs interpellations. Le 30 septembre, cinq personnes avaient notamment été interpellées au cours de rassemblements devant les deux établissements.

La situation a également été tendue dans le Nord Franche-Comté. À Belfort, les forces de l’ordre ont été confrontées à des tirs de mortiers et à différents jets de projectiles. Des bouteilles contenant de l’acide chlorhydrique ont également été signalées lors des affrontements du 29 septembre. Dans le Pays de Montbéliard, quatre mineurs avaient été placés en garde à vue à la suite d’échauffourées devant plusieurs établissements.

À Dijon, le lycée Le Castel a connu une première matinée particulièrement tendue le 30 septembre. Plusieurs dizaines de personnes, dont certaines cagoulées selon la préfecture, se sont rassemblées devant l’établissement. Des mortiers d’artifice et différents projectiles ont été tirés en direction des forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes. Trois jeunes ont finalement été interpellés au cours de cette journée.

Les violences se sont poursuivies le lendemain dans plusieurs lycées dijonnais. Le 1er octobre, les établissements Le Castel, Hippolyte-Fontaine, Carnot et Eiffel ont notamment été concernés. Selon la préfecture de Côte-d’Or, un lycéen et un policier ont été blessés et quatorze personnes ont été interpellées. Les cours avaient également été suspendus au Castel et à Hippolyte-Fontaine. Les autorités avaient toutefois tenu à distinguer ces violences des rassemblements pacifiques organisés dans d’autres établissements du département.

Reconquête veut faire payer les auteurs de dégradations

Face à ces événements, Reconquête Bourgogne-Franche-Comté estime que la réponse judiciaire doit être renforcée. Le mouvement défend en premier lieu le principe du « casseur-payeur ». Il souhaite que les personnes définitivement condamnées pour des dégradations ou des violences commises lors de manifestations puissent être tenues financièrement responsables des dommages occasionnés.

Le parti évoque notamment la possibilité de saisir certains biens et de rechercher la responsabilité civile des parents lorsque les faits sont commis par des mineurs. L’objectif affiché est d’éviter que les collectivités locales, les établissements scolaires, les universités ou leurs assureurs supportent seuls le coût des dégradations. Le gouvernement a lui-même indiqué début octobre vouloir encourager les parquets à rechercher la responsabilité civile des parents en cas de dégâts causés par leurs enfants mineurs.

Reconquête formule également une proposition beaucoup plus politique : étendre la possibilité de déchéance de la nationalité française aux personnes binationales définitivement condamnées pour certaines violences graves contre les personnes ou les biens publics. Le mouvement souhaite qu’une telle mesure puisse être suivie d’une expulsion vers le pays correspondant à l’autre nationalité de la personne condamnée. Dans son communiqué, Reconquête précise que sa proposition ne concernerait que les personnes possédant une seconde nationalité et qu’elle serait conditionnée à une condamnation définitive, et non à une simple interpellation.

Enfin, la formation politique réclame un recours accru aux comparutions immédiates, l’instauration de peines planchers pour certaines violences commises contre les forces de l’ordre ou les enseignants, ainsi que des mesures d’exclusion des établissements scolaires pour les auteurs identifiés.

À travers ce communiqué, Reconquête Bourgogne-Franche-Comté cherche ainsi à placer la question de la sécurité et de la responsabilité pénale au centre du débat suscité par la mobilisation lycéenne. Une position qui contraste avec celle des organisations lycéennes et de plusieurs syndicats, qui condamnent eux aussi les violences mais demandent que celles-ci ne fassent pas oublier les revendications à l’origine du mouvement, notamment sur les moyens accordés à l’école, les effectifs et les conditions d’études.


Communique de presse du 3 octobre 2026 : 

Reconquête Bourgogne-Franche-Comté

Dijon, le samedi 03 octobre 2026

Blocages et violences dans les lycées et sur les campus : assez de casse impunie. En Bourgogne-Franche-Comté comme ailleurs, les casseurs doivent payer et les binationaux condamnés doivent pouvoir être déchus de la nationalité française.

Depuis plusieurs jours, une partie de la jeunesse scolaire et étudiante bloque des établissements, incendie du mobilier urbain et s’en prend aux forces de l’ordre. Revendiquer des moyens pour l’école est légitime. Casser, jeter des mortiers, outrager ou blesser ne l’est pas.

Au plan national, les autorités ont fait état de 440 interpellations, en très grande majorité des mineurs, et de 76 blessés au 29 septembre, selon le bilan repris par la BBC. Le 1er octobre, franceinfo, citant la police, évoquait déjà plus de 600 interpellations hors Paris et petite couronne, tandis que l’Union syndicale lycéenne revendiquait jusqu’à 400 lycées bloqués sur 3 700. Le ministre de l’Éducation a indiqué qu’au moins dix enseignants et plusieurs élèves avaient été blessés rien que mardi, dont un enseignant passé à tabac, et qu’un jeune avait perdu l’usage d’une partie de la main après avoir tiré un mortier.

La Bourgogne-Franche-Comté n’est pas épargnée.

• À Besançon, le 29 septembre, quatre mineurs ont été placés en garde à vue après des jets de pierres, de bouteilles en verre et de mortiers d’artifice devant les lycées Jules Haag et Pierre-Adrien Pâris, pour violences aggravées et participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations (parquet et police, ICI).

• Dans le Nord Franche-Comté, la préfecture du Territoire de Belfort a relevé des tirs de mortiers, des jets de projectiles, des tentatives d’incendies et des jets de bouteilles d’acide chlorhydrique. Le procureur a annoncé seize gardes à vue, douze à Belfort et quatre à Montbéliard, pour jets de projectiles et rébellion.

• À Dijon, la police a dû employer des gaz lacrymogènes devant le lycée Le Castel face à des groupes que la préfecture de Côte-d’Or a décrit comme « hostiles » et en partie cagoulés, après des tirs de mortiers ; trois personnes ont été interpellées selon la préfecture.

Ce ne sont pas des « débordements ». Ce sont des infractions : dégradations, violences, rébellion, mise en danger d’autrui. Elles frappent des professeurs, des élèves qui veulent étudier, des policiers et des pompiers, et le contribuable qui paiera les vitres, les portails et les véhicules.

Reconquête demande que la réponse pénale cesse d’être symbolique.

1. Casseurs payeurs. Toute personne condamnée pour des dégradations ou des violences commises en marge d’un blocage ou d’une manifestation doit être solidairement responsable du préjudice. Saisie des biens, inscription au fichier des impayés, recours contre les parents lorsque l’auteur est mineur : la facture ne doit plus rester à la charge des communes, des universités et des assurés.

2. Déchéance de nationalité des casseurs binationaux. Pour les condamnés définitifs qui possèdent une autre nationalité, Reconquête propose d’étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs de violences graves contre les personnes et les biens publics, puis l’expulsion vers le pays de l’autre nationalité. La mesure ne peut pas créer d’apatride : elle ne vise que les doubles nationaux. Elle suppose une condamnation, pas une simple interpellation.

3. Comparutions immédiates, peines planchers pour les violences contre les forces de l’ordre et les enseignants, et exclusion des établissements pour les auteurs identifiés, afin que le droit d’étudier des autres ne soit plus pris en otage.

Manifester n’est pas un permis de casser. La Bourgogne-Franche-Comté n’a pas à servir de décor à une escalade qui commence dans les lycées et gagne déjà les facultés.
 
Le bureau départemental de la Côte-d’Or

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