Un congrès national, des personnalités politiques de premier plan et un appel au rassemblement à quelques mois de la présidentielle de 2027. Le Parti radical a réussi son pari ce week-end, les 10 et 11 octobre, en faisant de Dijon un lieu de rencontre entre plusieurs sensibilités politiques. Une réussite pour la fédération radicale de Côte-d’Or, présidée par Jean-Philippe Morel, qui accueillait cet événement historique, 118 ans après le dernier congrès organisé dans la capitale bourguignonne.
Pendant deux jours, Dijon s’est retrouvée au centre de l’actualité politique nationale. Le Parti radical, formation fondée en 1901 et présidée par Nathalie Delattre, avait choisi la capitale bourguignonne pour organiser son 126e congrès national et son université de rentrée, au Parc des expositions et congrès.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rendez-vous aura tenu ses promesses sur le plan politique. Rares sont aujourd’hui les formations capables de réunir, à l’occasion d’un même événement, autant de personnalités issues de différentes sensibilités du paysage politique français.
Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux anciens Premiers ministres, étaient notamment présents à Dijon. Les organisateurs avaient également réuni ou invité Élisabeth Borne, Xavier Bertrand, François Rebsamen, Éric Lombard, Bérangère Abba et Jean-Louis Borloo, ancien président du Parti radical.
Au-delà des différences de parcours et des ambitions politiques de chacun, cette rencontre a illustré la capacité du Parti radical à entretenir le dialogue avec plusieurs familles politiques, dans un contexte national pourtant marqué par les divisions et les rivalités à l’approche de la présidentielle de 2027.
Une séquence politique particulièrement remarquée, notamment avec la rencontre entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, dont la poignée de main a attiré l’attention des médias nationaux.
Jean-Philippe Morel : « Leur radicalité divise, notre radicalisme rassemble ! »
Pour Jean-Philippe Morel, président de la Fédération radicale de Côte-d’Or et adjoint au maire de Dijon, l’organisation de ce congrès dans la capitale bourguignonne représentait un moment particulièrement important.
Prenant la parole devant les militants, les élus et les personnalités invitées, il n’a pas caché sa fierté d’accueillir un tel événement sur ses terres.
« C’est un grand honneur de prendre la parole devant vous en ma qualité de président de la Fédération radicale de Côte-d’Or. Dijon est particulièrement heureuse de vous accueillir ! », a-t-il déclaré en ouverture de son intervention.
Avec humour, Jean-Philippe Morel a rappelé que la ville n’avait plus accueilli de congrès national du Parti radical depuis 1908, à une époque où Georges Clemenceau était président du Conseil.
« 118 ans d’attente ! Même pour des Radicaux attachés à l’enracinement et à la durée, cela commence à faire long ! », a-t-il lancé, avant d’ajouter, sous forme de boutade, qu’en 1908, personne n’imaginait qu’il faudrait un jour un QR code pour participer à un congrès.
Le responsable départemental a même proposé de prendre immédiatement rendez-vous pour une prochaine édition dijonnaise, afin d’éviter d’attendre jusqu’en 2144.
Derrière cette touche d’humour, son intervention portait surtout un message politique : rappeler ce qui distingue, selon lui, le radicalisme républicain des mouvements extrêmes.
« À l’heure où les extrêmes, de droite comme de gauche, cherchent à confisquer le débat public, rappelons ce qui nous distingue », a-t-il affirmé.
Avant de résumer sa conception du radicalisme en quelques mots : « Leur radicalité rime avec brutalité et hostilité. Notre radicalisme rime avec humanisme et universalisme. Leur radicalité divise, notre radicalisme rassemble ! »
Une déclaration qui résume l’esprit que Jean-Philippe Morel souhaitait donner à ce congrès : celui d’une famille politique attachée à ses valeurs, mais ouverte au dialogue et à la construction de convergences.

Un rassemblement politique rarement observé dans le contexte actuel
La présence de personnalités nationales issues d’horizons politiques différents constituait incontestablement l’un des principaux faits marquants de ce congrès dijonnais.
Alors que plusieurs responsables du centre et de la droite républicaine envisagent déjà les prochaines échéances électorales, le Parti radical est parvenu à créer un espace de rencontre permettant à chacun de venir exposer ses orientations.
Gabriel Attal et Édouard Philippe, dont les ambitions présidentielles sont connues, ont ainsi participé au même rendez-vous, sans que leurs différences politiques et stratégiques empêchent le dialogue.
La présence de Jean-Louis Borloo, figure historique du radicalisme, donnait également une portée symbolique particulière à ce rassemblement.
Cette capacité à faire dialoguer plusieurs responsables politiques constitue, pour les organisateurs, une illustration concrète de la vocation du Parti radical : défendre son identité tout en recherchant des points d’accord avec d’autres forces républicaines.
Jean-Philippe Morel a précisément insisté sur cette dimension dans son intervention : « Si nous sommes réunis aujourd’hui, avec de nombreux invités, c’est parce que, malgré nos nuances et nos sensibilités, nous partageons des valeurs fortes et une certaine idée de la République. »
Dijon, le temps du rassemblement et de la « décantation » politique
À quelques mois de la présidentielle, Jean-Philippe Morel a souhaité donner une signification particulière à ce rendez-vous dijonnais. Pour le président de la fédération radicale de Côte-d’Or, la rencontre ne devait pas se limiter à une succession de discours ou à une réunion traditionnelle de militants. Elle devait aussi constituer un moment de réflexion sur les rapprochements politiques possibles.
Faisant référence à l’identité viticole de la Bourgogne, il a utilisé une métaphore pour décrire la période qui s’ouvre.
« Ce moment dijonnais, c’est celui des valeurs et des idées », a-t-il expliqué, avant de présenter ce rassemblement comme celui de la « décantation », à six mois de l’élection présidentielle.
Une image qui traduit sa volonté de voir les différentes sensibilités politiques prendre le temps d’échanger, de clarifier leurs positions et de rechercher ce qui pourrait les réunir.
Cette orientation rejoint celle défendue par Nathalie Delattre, présidente nationale du Parti radical, qui a notamment appelé à construire un rassemblement politique sans effacer les identités des différentes formations.
Le congrès a également permis au mouvement de présenter son « Manifeste 2027 », articulé autour de ses valeurs historiques et de propositions portant notamment sur la jeunesse, l’écologie, les finances publiques, la démocratie et l’Europe.
Une réussite pour la fédération radicale de Côte-d’Or
Au-delà de sa dimension nationale, ce congrès constitue également une réussite organisationnelle et politique pour la fédération radicale de Côte-d’Or.
Sous l’impulsion de Jean-Philippe Morel et de son secrétaire général Maxime Moulazadeh, les responsables locaux ont obtenu le retour d’un congrès national à Dijon, plus d’un siècle après la précédente édition.
La venue de plusieurs responsables nationaux, l’organisation des travaux du mouvement et l’exposition médiatique de cette rencontre ont contribué à donner une visibilité importante à la fédération départementale et à la capitale bourguignonne.
Jean-Philippe Morel a d’ailleurs tenu à rappeler que le choix de Dijon ne reposait pas uniquement sur les qualités d’accueil de la ville, sa gastronomie ou ses infrastructures hôtelières.
Il a également souligné l’implantation locale du Parti radical et sa participation, depuis 2020, à la majorité municipale plurielle de Dijon ainsi qu’à la majorité métropolitaine.
Le responsable radical siège en effet aux côtés de Nathalie Koenders, maire de Dijon, et de François Rebsamen, président de Dijon métropole.
Une participation qu’il présente comme une illustration de la capacité du radicalisme à travailler avec différentes sensibilités politiques autour d’objectifs communs.
Cette dimension locale donnait également un sens particulier au message de rassemblement défendu tout au long du week-end.
Un congrès qui marque les esprits à l’approche de 2027
Pour le Parti radical, ce rendez-vous dijonnais aura permis de conjuguer plusieurs objectifs : réunir ses militants, faire connaître ses propositions, accueillir des personnalités nationales et participer aux discussions politiques qui précèdent la présidentielle.
Pour Jean-Philippe Morel et la fédération de Côte-d’Or, le bilan apparaît particulièrement positif. Le congrès a bénéficié d’une forte visibilité politique et médiatique, avec une affiche réunissant des personnalités que peu de formations parviennent aujourd’hui à rassembler à l’occasion d’un même événement.
Si cette rencontre ne signifie pas qu’un accord politique a été trouvé entre les différentes personnalités présentes, elle aura néanmoins démontré la capacité du Parti radical à offrir un cadre de dialogue à plusieurs sensibilités républicaines.
En accueillant ce 126e congrès national, Dijon a ainsi été, le temps d’un week-end, un point de convergence de la vie politique française.
Et pour Jean-Philippe Morel, qui a conclu son intervention par un vibrant « Vive Dijon ! Vive le Parti radical ! Vive la République ! », ce retour historique dans la capitale bourguignonne restera sans doute comme l’un des temps forts de l’engagement de la fédération radicale de Côte-d’Or.
Cent dix-huit ans après le précédent congrès dijonnais, le Parti radical aura ainsi réussi un pari : réunir plusieurs grandes figures nationales autour d’un même rendez-vous politique et rappeler sa volonté de jouer un rôle dans les discussions qui mèneront à l’élection présidentielle de 2027.
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