Malgré la baisse des températures et les premières précipitations automnales, la sécheresse continue de toucher fortement la Côte-d’Or. Dans un communiqué publié lundi 12 octobre 2026, la préfecture alerte sur la fragilité persistante des ressources en eau et les tensions qui affectent plusieurs réseaux d’alimentation en eau potable. Les restrictions restent en vigueur dans la quasi-totalité du département.
Le retour de températures plus fraîches et de quelques précipitations ne suffit pas à mettre fin à la sécheresse en Côte-d’Or. Après plusieurs mois de déficit hydrique important, les sols, les cours d’eau et les nappes souterraines demeurent fragilisés. Dans son communiqué du 12 octobre, la préfecture souligne notamment un nombre inédit d’assecs, ces situations dans lesquelles les cours d’eau se retrouvent temporairement sans écoulement visible.
Si les pluies attendues dans les prochains jours pourraient contribuer à améliorer progressivement la situation, leurs effets ne seront ni immédiats ni identiques sur l’ensemble du territoire. La recharge des nappes souterraines nécessite en effet des précipitations suffisamment importantes et régulières sur une longue période. Les services de l’État rappellent ainsi que le retour de la pluie ne doit pas être considéré comme une sortie de sécheresse.
Des tensions sur l’alimentation en eau potable
La situation reste particulièrement préoccupante pour certains réseaux de distribution d’eau potable. Selon les données communiquées par la préfecture, au 6 octobre 2026, 260 des 344 unités de distribution d’eau potable (UDI) du département, soit 75,6 %, avaient fait l’objet d’une déclaration de situation auprès de l’Agence régionale de santé (ARS).
Parmi ces déclarations, 62 unités signalent des tensions quantitatives sur leur approvisionnement. Dans le détail, 46 réseaux sont placés en vigilance en raison notamment de la faiblesse des ressources disponibles, sans nécessiter pour le moment de mesures particulières. Neuf autres connaissent des tensions ayant conduit à la mise en œuvre de dispositifs de gestion, comme le renforcement d’interconnexions entre réseaux ou l’utilisation de ressources de secours.
La situation est plus délicate pour sept unités de distribution, confrontées à des tensions ayant un impact direct sur l’approvisionnement. Pour maintenir l’accès à l’eau potable, les gestionnaires ont dû recourir à différentes solutions, notamment l’approvisionnement par camions-citernes, la distribution d’eau en bouteille, des coupures temporaires ou la mobilisation de ressources alternatives autorisées.
Dijon Métropole appelle à limiter la consommation d’eau
Face à ces difficultés, les services de l’État, l’ARS, la Direction départementale des territoires et la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement poursuivent leur surveillance en lien avec les collectivités et les gestionnaires des réseaux. L’objectif est d’anticiper les risques de rupture d’approvisionnement et de maintenir autant que possible la continuité de la distribution d’eau potable.
À l’échelle locale, Dijon Métropole a lancé, le 7 octobre, un appel à renforcer les économies d’eau. La collectivité invite les habitants à limiter leur consommation aux usages strictement essentiels, notamment la boisson, l’alimentation et l’hygiène. Elle indique également adapter ses propres usages de l’eau afin de participer à cet effort collectif.
De son côté, le Syndicat intercommunal des eaux et d’assainissement de la vallée du Suzon (SIEAVS) insiste sur la nécessité de préserver les ressources disponibles, tant pour garantir l’approvisionnement des habitants que pour protéger les milieux naturels.
La quasi-totalité de la Côte-d’Or reste en crise sécheresse
Malgré les évolutions météorologiques récentes, les restrictions d’usage de l’eau restent applicables dans le département. La préfecture précise que 13 des 14 zones d’alerte de la Côte-d’Or sont toujours placées au niveau de crise, le plus élevé du dispositif de gestion de la sécheresse.
Les secteurs concernés sont la Saône moyenne, la Tille amont, la Vingeanne, la Tille aval, la Vouge-Biètre-Cents-Fonts, la Bouzaise, la Dheune, l’Ouche amont, l’Ouche aval, le Serein, l’Armançon, le Châtillonnais et l’Arroux-Lacanche. Seule la zone de la Bèze se trouve au niveau d’alerte renforcée.
Ces restrictions demeureront en vigueur tant que les conditions hydrologiques ne permettront pas de constater une amélioration durable. Les habitants sont invités à consulter la plateforme officielle VigiEau afin de connaître les mesures applicables dans leur commune.
Des économies d’eau toujours nécessaires au quotidien
La préfecture rappelle que le maintien d’une distribution normale au robinet ne signifie pas nécessairement que les ressources sont suffisantes. Certains réseaux restent vulnérables et chaque économie d’eau contribue à préserver les réserves et à sécuriser l’approvisionnement dans les prochaines semaines.
Les habitants sont ainsi encouragés à poursuivre les gestes de sobriété : privilégier les douches courtes plutôt que les bains, éviter de laisser couler l’eau inutilement, réparer rapidement les fuites et attendre que les lave-linge et lave-vaisselle soient suffisamment remplis avant de les utiliser. Les usages extérieurs doivent également être limités et les consommations non indispensables reportées lorsque cela est possible, dans le respect des restrictions en vigueur.
Pour les prochaines semaines, les services de l’État continueront de surveiller les précipitations, les niveaux des nappes souterraines et les débits des cours d’eau. Si l’arrivée de l’automne constitue un facteur favorable, elle ne permet pas encore de compenser le déficit accumulé depuis plusieurs mois.
La préfecture remercie les habitants, les collectivités et l’ensemble des acteurs mobilisés pour leurs efforts et appelle à maintenir une consommation responsable de l’eau. « Chaque geste compte », conclut le communiqué.
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