La CFDT, la CGT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFTC appellent à une nouvelle journée de mobilisation intersyndicale le jeudi 5 novembre à Dijon. Face à la hausse du coût de la vie, aux inégalités sociales et aux orientations budgétaires du gouvernement, les sept organisations réclament des augmentations de salaires et de pensions, davantage de moyens pour les services publics, une politique industrielle ambitieuse et des mesures de justice fiscale. Le rendez-vous est fixé à 14 heures, place de la Libération.
Les organisations syndicales de Côte-d’Or entendent poursuivre et amplifier la mobilisation sociale. Dans un communiqué intersyndical daté du 22 octobre, la CFDT, la CGT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFTC appellent l’ensemble des salariés du secteur public et du privé, les jeunes et les retraités à faire grève et à manifester le jeudi 5 novembre. Après plusieurs journées de mobilisation depuis septembre, les syndicats souhaitent franchir une nouvelle étape pour obtenir des réponses aux revendications sociales et peser sur les choix budgétaires du gouvernement.
Pour les sept organisations, la situation économique et sociale du pays nécessite un changement de cap. Elles dénoncent une crise qui s’installe, alors que la population doit faire face à l’envolée des prix et à la montée des inégalités. « La succession des journées de mobilisation montre la nécessité d’imposer un autre budget pour une société plus juste », affirment les syndicats, qui souhaitent faire du 5 novembre une nouvelle démonstration de force.
Les organisations dressent un constat particulièrement préoccupant de la situation des travailleurs. « Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions », dénoncent-elles. Elles évoquent un « déclassement inédit » des salariés et s’inquiètent de la multiplication des plans de licenciements dans l’industrie, le commerce et les services. Selon elles, le pays se trouve au bord de la récession, ce qui rend d’autant plus urgente la mise en œuvre de mesures en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi.
Des choix budgétaires vivement critiqués
Dans leur communiqué, les sept syndicats s’en prennent directement au projet de budget du gouvernement, qu’ils accusent d’aggraver la situation des populations les plus fragiles. Ils dénoncent notamment le gel des prestations sociales, la réduction du rôle protecteur de la Sécurité sociale et la diminution des moyens alloués aux services publics.
Les organisations regrettent également le gel des salaires des fonctionnaires, alors même que les agents publics ont été, rappellent-elles, « en première ligne encore cet été pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux mégafeux ». Elles estiment que les politiques mises en œuvre ne répondent pas aux attentes de la population et ne permettent pas de préparer le pays aux défis sociaux, climatiques et technologiques.
Face à cette situation, les syndicats réclament une réorientation des priorités budgétaires, avec davantage de moyens consacrés à la protection sociale, aux services publics et à la transition écologique.
Salaires, retraites, SMIC : des revendications précises sur le pouvoir d’achat
L’augmentation des rémunérations constitue l’une des principales revendications de cette mobilisation. La CFDT, la CGT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFTC demandent l’ouverture immédiate de négociations dans toutes les entreprises et toutes les branches professionnelles pour obtenir des hausses de salaires. Elles exigent également des mesures permettant de réaliser l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Les organisations réclament parallèlement une augmentation du SMIC et une revalorisation des pensions de retraite, aussi bien pour le régime de base que pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco. Pour les agents de la fonction publique, elles demandent une hausse de la valeur du point d’indice ainsi que des mesures de revalorisation des carrières.
Les revendications portent également sur les prestations sociales. Les syndicats souhaitent une augmentation de l’ensemble des aides, notamment les aides personnalisées au logement (APL), les allocations familiales, les bourses étudiantes et le revenu de solidarité active (RSA). L’objectif affiché est de permettre aux ménages, aux retraités, aux étudiants et aux personnes les plus précaires de faire face à l’augmentation du coût de la vie.
Plus de moyens pour les services publics et une véritable politique industrielle
Au-delà des questions salariales, les organisations syndicales défendent un renforcement des services publics. Elles réclament des moyens supplémentaires pour former les jeunes, soigner la population, accompagner les personnes âgées et permettre aux services publics de répondre aux conséquences du dérèglement climatique.
Les syndicats insistent également sur la nécessité d’une politique industrielle capable de préserver les emplois, de relocaliser les activités et de répondre aux enjeux environnementaux. « Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité absolue », soulignent-ils, regrettant l’absence d’une stratégie suffisamment ambitieuse dans ce domaine.
Leurs revendications comprennent ainsi la mise en place d’une planification environnementale et industrielle visant à relocaliser et à décarboner l’industrie. Les organisations demandent aussi des investissements pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter la société à ses conséquences, notamment par l’isolation des bâtiments, la végétalisation des villes et le développement de transports collectifs décarbonés.
Justice fiscale : les 211 milliards d’euros d’aides publiques dans le viseur
La question du financement des politiques publiques occupe une autre place importante dans le communiqué. Les sept organisations syndicales réclament des mesures de justice fiscale, avec une taxation des patrimoines, des héritages et des dividendes.
Elles demandent également l’évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d’euros d’aides publiques évoqués dans leur déclaration. Pour les syndicats, il s’agit de revoir l’utilisation de ces financements et de donner davantage de moyens aux politiques sociales, environnementales et industrielles.
Ces revendications s’inscrivent dans leur volonté de voir émerger un budget qu’elles jugent plus juste, capable de répondre aux urgences sociales tout en préparant l’avenir.
Un soutien affiché aux lycéens et aux étudiants mobilisés
Les organisations syndicales souhaitent également associer la jeunesse à cette nouvelle journée de mobilisation. Dans leur communiqué, elles apportent leur soutien aux lycéens et aux étudiants engagés dans les mouvements sociaux depuis septembre.
« La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération », affirment les sept organisations. Elles rappellent que les jeunes doivent pouvoir apprendre, se former et construire leur avenir dans des conditions dignes.
Tout en soulignant leur respect de l’indépendance du mouvement lycéen, les syndicats disent partager les revendications en faveur de meilleures conditions d’études et de davantage d’égalité. Ils défendent également le droit des jeunes à se réunir et à manifester pacifiquement, librement et en sécurité.
Dans ce contexte, les organisations dénoncent aussi ce qu’elles qualifient de « violence de la répression policière contre des cortèges pacifiques » lors des précédentes mobilisations à travers la France. Elles mettent en cause la stratégie de maintien de l’ordre du pouvoir et son absence de réponse, selon elles, aux revendications exprimées dans la rue.
Une nouvelle étape dans la mobilisation sociale
Pour les sept syndicats de Côte-d’Or, la journée du 5 novembre doit permettre d’amplifier le mouvement engagé depuis la rentrée. Après la journée de grève et de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, les organisations souhaitent désormais rassembler plus largement les salariés du public et du privé, les jeunes et les retraités autour de revendications communes.
Elles entendent ainsi interpeller à la fois le gouvernement et le patronat sur les questions de salaires, de pouvoir d’achat, d’emploi, de protection sociale et de transition environnementale. Dans leur communiqué, les syndicats lancent un avertissement : « La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales. »
À Dijon, la manifestation est prévue jeudi 5 novembre à 14 heures, place de la Libération. Une assemblée générale se tiendra à l’issue du défilé, place Wilson. Cette nouvelle journée de mobilisation doit permettre aux organisations syndicales de faire entendre leurs revendications et d’échanger sur les suites à donner au mouvement social.
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.
Soyez le premier à commenter cet article.