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C’est une avancée historique pour le Crémant de Bourgogne. Depuis un arrêté ministériel du 2 septembre 2026, l’appellation peut officiellement faire figurer le nom d’un lieu-dit cadastré sur ses étiquettes. Une reconnaissance attendue depuis près de quinze ans par les professionnels de la filière, qui entendent ainsi renforcer le lien entre leurs vins effervescents et les terroirs bourguignons.

Le Crémant de Bourgogne franchit une nouvelle étape dans la reconnaissance de son identité. Publié au Journal officiel, l’arrêté ministériel du 2 septembre 2026 modifie le cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) et autorise désormais les producteurs à mentionner un lieu-dit cadastré sur leurs bouteilles. Cette évolution marque l’aboutissement de près de quinze années d’échanges entre l’Union des Producteurs et Élaborateurs de Crémant de Bourgogne (UPECB) et l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

Loin d’être une nouveauté dans l’histoire viticole régionale, cette pratique renoue avec une tradition ancienne. Du XIXe siècle jusqu’aux années 1930, plusieurs maisons bourguignonnes commercialisaient déjà des vins mousseux en faisant référence aux parcelles et aux lieux-dits dont provenaient les raisins. Certaines bouteilles portaient même des noms de climats ou de premiers crus aujourd’hui associés aux vins tranquilles. La création du comité national des appellations d’origine, en 1935, avait toutefois bouleversé cette organisation, privant alors les vins mousseux bourguignons de la possibilité de revendiquer une appellation d’origine contrôlée.

Avec cette nouvelle disposition, le Crémant de Bourgogne retrouve donc une pratique historique et affirme davantage son ancrage territorial. Si l’assemblage demeure un principe essentiel dans l’élaboration des vins effervescents, les producteurs peuvent désormais mettre en avant une origine géographique plus précise que celle de l’appellation.

Une traçabilité de la vigne à la bouteille

Cette possibilité s’accompagne d’exigences en matière de traçabilité. Pour revendiquer un lieu-dit, les raisins issus de la parcelle concernée doivent être identifiés dès la déclaration de récolte. Leur suivi se poursuit ensuite dans les différents registres de la cuvée, jusqu’aux déclarations de mouvements de stocks. Un dispositif destiné à garantir la cohérence entre l’origine revendiquée et le vin commercialisé.

Au-delà de l’évolution réglementaire, la mesure représente un nouvel outil de valorisation pour les producteurs. Elle leur permet de souligner la diversité des sols, des expositions et des caractéristiques géographiques qui composent le vignoble bourguignon. Une manière également de mieux différencier certaines cuvées en mettant en avant leur terroir d’origine.

« Cette reconnaissance vise à valoriser la diversité de l’appellation, à mettre en lumière ses terroirs d’exception et à accompagner sa montée en gamme », souligne Pierre du Couëdic, délégué général de l’UPECB.

Pour les représentants de la filière, l’enjeu dépasse la simple indication géographique. La mention d’un lieu-dit permet de raconter l’histoire d’une parcelle, de son environnement et des générations de viticulteurs qui l’ont cultivée. « Dorénavant, la bulle bourguignonne peut elle aussi parler de son lieu de naissance », se réjouit Pierre du Couëdic. Il insiste également sur la dimension qualitative de cette évolution : « L’enjeu n’est pas le volume, mais l’expression qualitative et précise du terroir d’origine. »

Une appellation en pleine progression

Cette reconnaissance intervient alors que le Crémant de Bourgogne a connu une croissance importante au cours de la dernière décennie. Créée le 17 octobre 1975, l’appellation représentait 3 320 hectares en 2023, soit une progression de 39 % en dix ans. Elle rassemble environ 1 700 viticulteurs produisant des raisins destinés à l’élaboration de ces vins effervescents, ainsi que 138 maisons.

Présente dans les différents vignobles bourguignons, du Châtillonnais au Beaujolais, en passant notamment par le Chablisien, la Côte de Nuits, la Côte de Beaune, la Côte chalonnaise et le Mâconnais, l’appellation dispose ainsi d’une grande diversité de terroirs à valoriser.

En autorisant la mention des lieux-dits sur les étiquettes, le Crémant de Bourgogne se donne désormais les moyens de mieux exprimer cette diversité. Une évolution qui s’inscrit dans la volonté de la filière de renforcer le positionnement qualitatif de ses vins et de rappeler que les bulles bourguignonnes sont, elles aussi, le reflet d’un terroir.

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