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Les agressions contre les sapeurs-pompiers continuent d’augmenter en France. Selon les chiffres communiqués par la Sécurité civile, 1 525 faits ont été recensés en 2025, soit une hausse de 4,3 % en un an. Un bilan rendu public quelques jours après qu’un pompier a été grièvement blessé par balle lors d’une intervention dans les Bouches-du-Rhône.

Quatre agressions par jour en moyenne. C’est le constat dressé par la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) dans un communiqué de presse daté du 2 novembre 2026. En 2025, 1 525 agressions verbales ou physiques ont été signalées contre des sapeurs-pompiers, contre 1 462 en 2024. Une augmentation de 4,3 % qui confirme une tendance à la hausse pour la deuxième année consécutive, après une progression de 3 % l’année précédente.

Ces chiffres interviennent dans un contexte particulièrement préoccupant. Dimanche 1er novembre, aux alentours de 17 heures, un sapeur-pompier a été grièvement blessé par balle alors qu’il intervenait sur un feu de véhicules à proximité des Pennes-Mirabeau, dans les Bouches-du-Rhône. Une agression d’autant plus marquante qu’aucun fait impliquant une arme à feu n’avait été recensé en 2025. Il s’agit, selon la Sécurité civile, de la première agression de ce type signalée en 2026.

Les violences surviennent principalement lors des interventions de secours d’urgence aux personnes, qui représentent à elles seules 87 % des agressions déclarées. Dans 77 % des cas, les auteurs sont les personnes auxquelles les pompiers viennent porter secours. Les membres de la famille des victimes sont, quant à eux, impliqués dans 5 % des situations. Des chiffres qui témoignent des difficultés auxquelles peuvent être confrontés les secours dans l’exercice de leurs missions quotidiennes.

Les agressions sont majoritairement verbales. Les outrages et les menaces représentent 53 % des faits signalés, tandis que les violences physiques constituent 39 % des situations. Les atteintes aux biens et aux matériels de service comptent pour les 8 % restants. La présence ou l’utilisation d’une arme blanche, d’une arme par destination ou d’une arme factice a également été relevée dans 83 situations, soit 5 % des faits recensés.

Certaines formes de violences connaissent néanmoins un recul. En 2025, les services d’incendie et de secours ont dénombré 39 situations présentant une préméditation supposée, qualifiées d’« embuscades », contre 50 l’année précédente. Cela représente une baisse de 22 %.

Malgré la hausse globale des agressions, le nombre de pompiers blessés a lui aussi diminué. Au total, 564 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été blessés à la suite de violences en 2025, contre 609 en 2024, soit une diminution de 7 %. Plusieurs faits graves ont toutefois marqué l’année, notamment le 10 mai 2025, lorsqu’un sapeur-pompier avait été très grièvement blessé devant la caserne d’Évian-les-Bains à la suite d’un rodéo urbain.

Face à la répétition de ces violences, le ministère de l’Intérieur a engagé une réponse nationale. Un plan de prévention et de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers a été signé le 3 mars 2026. Ce dispositif comprend 19 mesures destinées à mieux anticiper les situations à risque, renforcer la sécurité des intervenants et améliorer l’accompagnement des victimes.

Parmi les mesures prévues figurent notamment le développement des caméras-piétons et embarquées, le renforcement des formations aux techniques de protection et de désescalade, ainsi que l’amélioration des procédures de dépôt de plainte. Le plan vise également à renforcer la coopération entre les services d’incendie et de secours, les forces de l’ordre et l’autorité judiciaire.

En déplacement à Marseille lundi 2 novembre, le directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, Julien Marion, a rappelé la gravité de ces actes. « S’en prendre à un sapeur-pompier dans le cadre de l’exercice de ses missions, c’est s’en prendre à tous les sapeurs-pompiers, c’est s’en prendre à toute la Sécurité civile. C’est porter un coup très dur et très violent au pacte républicain », a-t-il déclaré.

Alors que les sapeurs-pompiers sont mobilisés quotidiennement pour protéger la population et porter assistance aux personnes en danger, la multiplication de ces agressions continue de soulever la question de leur sécurité en intervention. Une préoccupation majeure pour la Sécurité civile, qui rappelle que les personnels chargés de secourir la population ne doivent jamais devenir les cibles de violences.

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