La Ville de Dijon lance un programme de végétalisation de ses espaces publics avec la création de 50 « bulles vertes ». Dix premiers sites seront aménagés entre novembre 2026 et avril 2027. Une initiative qui s’inscrit dans les engagements écologiques pris par Nathalie Koenders lors des dernières élections municipales.
À Dijon, le bitume va progressivement céder du terrain à la végétation. La municipalité a annoncé, jeudi 5 novembre 2026, le lancement d’un programme prévoyant la création de 50 « bulles vertes » réparties dans les quartiers de la ville. Objectif affiché : multiplier les espaces végétalisés de proximité, apporter davantage de fraîcheur et améliorer le cadre de vie des habitants.
Contrairement aux grands projets de parcs ou de jardins, ces aménagements doivent prendre place dans des espaces du quotidien : trottoirs, petites places, pieds d’immeubles ou portions de voirie aujourd’hui largement minéralisées.
Le principe consiste à retirer une partie du revêtement imperméable pour retrouver de la pleine terre, planter des arbres, des arbustes et des végétaux, mais aussi installer, lorsque la configuration le permet, des bancs et du mobilier urbain.
Au-delà de l’embellissement, la Ville met en avant les bénéfices environnementaux attendus : une meilleure infiltration des eaux de pluie, le développement de la biodiversité et la limitation des îlots de chaleur pendant les épisodes de fortes températures.
Dix premières rues concernées d’ici avril 2027
Le programme entre désormais dans sa phase opérationnelle. Dix premiers sites ont été retenus pour accueillir ces bulles vertes entre novembre 2026 et avril 2027.
Les aménagements concerneront l’avenue du Drapeau, l’avenue des Grésilles, le boulevard de Yougoslavie, ainsi que les rues de Bel-Air, Castelnau, Chevreul, Dixmude, Florian, Marguerite-Thibert et Romain-Rolland.
L’ampleur des transformations variera selon les lieux. Certaines opérations nécessiteront des interventions importantes sur les trottoirs et la voirie, tandis que d’autres se limiteront à des plantations et à des réaménagements plus modestes.
La municipalité annonce notamment la désimperméabilisation de 270 m² avenue des Grésilles, 200 m² rue de Bel-Air, 100 m² rue Marguerite-Thibert et 780 m² rue Florian.
Ces quatre opérations représentent, à elles seules, 1 350 m² de surfaces qui doivent être libérées du bitume pour accueillir davantage de végétation.
Rue Florian, les premiers travaux dès le 16 novembre
C’est rue Florian que l’une des premières transformations doit devenir visible. Les travaux sont programmés du 16 novembre au 4 décembre 2026, sous réserve des aléas de chantier.
Sur place, 780 m² de voirie et de trottoirs doivent être désimperméabilisés. De nouveaux espaces plantés seront créés, avec des arbres, des arbustes et des plantes vivaces. Du mobilier urbain viendra compléter l’aménagement.
Les plantations sont prévues au printemps 2027.
Pendant le chantier, des perturbations de circulation pourront survenir entre 8 heures et 18 heures. La Ville assure toutefois que les commerces resteront accessibles et qu’un cheminement piéton sera matérialisé pour maintenir les déplacements des riverains.
Ce premier chantier donnera une idée concrète de la manière dont la municipalité entend transformer, progressivement, les espaces publics.
Des arbres mieux protégés, notamment près des écoles
En parallèle de ces dix premières bulles vertes, Dijon prévoit d’autres interventions pour améliorer les conditions de développement des arbres déjà présents dans l’espace public.
Boulevard de Sévigné, devant l’école Darcy-Mauchaussé, 400 m² doivent ainsi être désimperméabilisés pour agrandir les espaces plantés au pied des arbres existants.
Rue de Mirande, la Ville envisage également de retirer le revêtement imperméable sur environ 300 m², auxquels pourraient s’ajouter 55 m² dans le prolongement de la rue Jules-Violle.
Ces aménagements doivent permettre aux arbres de disposer de davantage d’espace pour leurs racines et contribuer, à terme, à améliorer le confort thermique des rues et des abords des établissements scolaires.
Une déclinaison des engagements de campagne de Nathalie Koenders
Cette initiative n’arrive pas sans précédent politique. Lors de la campagne des élections municipales de mars 2026, Nathalie Koenders avait fait de l’adaptation au changement climatique et de la végétalisation de Dijon plusieurs axes de son programme.
Dans son programme électoral, la maire s’était notamment engagée à poursuivre la désimperméabilisation des sols, à végétaliser les espaces délaissés et à développer des îlots de fraîcheur accessibles à moins de dix minutes à pied des habitants.
Autre promesse chiffrée : la plantation de 50 000 arbres et arbustes au cours du mandat, accompagnée de la création de mini-forêts urbaines dans les quartiers.
En revanche, le programme de campagne ne mentionnait pas explicitement la réalisation de 50 « bulles vertes ». Le dispositif apparaît donc comme une traduction opérationnelle des engagements pris devant les électeurs, plutôt que comme une promesse électorale formulée à l’identique.
Le projet avait déjà été évoqué lors du conseil municipal du 22 juin 2026, dans le cadre de la stratégie municipale consacrée au patrimoine vivant et à la biodiversité. Il avait ensuite été précisé en septembre, à l’occasion de la présentation d’un plan d’adaptation au changement climatique.
La municipalité évoquait alors un rythme de cinq à dix nouveaux sites par an, avec l’ambition de constituer progressivement un réseau d’une cinquantaine d’espaces végétalisés.
Un programme dont le coût reste à préciser
Reste désormais à mesurer l’ampleur réelle du projet et les moyens qui lui seront consacrés. Dans son communiqué du 5 novembre, la Ville ne précise ni le budget global nécessaire à la réalisation des 50 bulles vertes, ni le calendrier d’achèvement de l’ensemble du programme. Les surfaces annoncées pour les premiers chantiers montrent par ailleurs que ces nouveaux espaces ne seront pas tous de même dimension.
L’efficacité des aménagements dépendra notamment de la place effectivement rendue à la pleine terre, du nombre d’arbres plantés et de leur capacité à se développer dans la durée.
Avec ces dix premiers sites, Dijon engage une nouvelle étape de sa politique de végétalisation. Reste à voir, au fil des réalisations, quelle place ces bulles vertes occuperont réellement dans les quartiers et dans quelle mesure elles permettront de réduire les effets de la chaleur en ville.
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