Les syndicats CGT et CFDT alertent sur la menace imminente pesant sur le service d’Accueil des Mineurs et Majeurs Isolés (AMMI) de l’Acodège à Dijon. Ce service unique dans le département de la Côte-d’Or est confronté à une réduction drastique de son financement par l’État, mettant en péril 24 places d’hébergement essentielles pour des jeunes majeurs âgés de 18 à 25 ans en parcours d’insertion.
Des parcours d’insertion compromis
Ces jeunes, souvent en attente de régularisation, sont engagés dans des formations professionnelles dans des secteurs en tension tels que le bâtiment, la restauration, la boulangerie et la boucherie. La suppression de ces places d’hébergement les exposerait à une précarité accrue, les privant de logement et d’accès aux aides sociales nécessaires à leur insertion.
Des pratiques départementales contestées
Les syndicats dénoncent également les décisions du Conseil Départemental, qui, en refusant systématiquement les demandes de Contrat Jeune Majeur pour les jeunes percevant un salaire de 800 euros, opère des « sorties sèches » à leur majorité. Cette politique, ignorant l’absence de droits sociaux et de soutien familial de ces jeunes, compromet gravement leur insertion et les expose à des situations de grande détresse.
Appel à la mobilisation
Face à cette situation critique, les salariés du service AMMI, soutenus par la CGT et la CFDT, appellent à un débrayage le mardi 8 avril 2025 à 8h, devant les locaux situés au 33 rue Chanoine Bordet à Dijon. Ils exigent le maintien des places d’hébergement existantes et la mise en place de solutions adaptées aux réalités des parcours d’insertion des jeunes majeurs. Les syndicats appellent l’État et les collectivités locales à assumer leurs responsabilités en garantissant un accompagnement jusqu’à l’autonomie réelle de ces jeunes.
Communiqué de presse du 3 avril 2025 :
Menace sur le service d’Accueil des Mineurs et Majeurs Isolés de l’Acodège
Les travailleurs sociaux du service d’Accueil des Mineurs et Majeurs Isolés (AMMI) de l’Acodège alertent sur le financement par l’État de l’hébergement des jeunes majeurs (18 à 25 ans) en parcours d’insertion. Unique sur le département, ce service est en péril : 24 places d’hébergement risquent d’être supprimées, mettant en danger des jeunes majeurs qui, pourtant, construisent leur avenir. Tous sont engagés dans des formations, notamment en apprentissage dans le bâtiment, la restauration, la boulangerie, la boucherie, etc. Des secteurs en tension qui manquent cruellement de main-d’œuvre. La suppression de ces places plongera les jeunes majeurs en cours de régularisation dans la précarité faute d’accès à un logement et aux aides sociales.
Les travailleurs sociaux alertent également sur le manque de moyens financiers octroyés par le Conseil Départemental sur le service d’accueil des Mineurs Non Accompagnés relevant de l’Aide Sociale à l’Enfance. Le Conseil Départemental opère des « sorties sèches » refusant les demandes de Contrat Jeune Majeur, à 18 ans dès lors que les jeunes perçoivent 800 € de salaire, sans considération pour leur absence de droits sociaux et sans solution de logement ni soutien familial sur le territoire. Une précarisation brutale qui compromet leur insertion et les pousse vers des situations de grande détresse. Cette disposition amène à une rupture de parcours dans l’accompagnement une fois la majorité atteinte.
Les salariés demandent le maintien des places d’hébergement existantes et des solutions adaptées à la réalité des parcours d’insertion des jeunes majeurs. L’État et les collectivités locales doivent prendre leurs responsabilités et garantir un accompagnement jusqu’à l’autonomie réelle de ces jeunes.
Les travailleurs sociaux dénoncent le non-respect de la loi DALO instituant le droit au logement opposable, le non-respect de la loi Taquet du 7 février 2022, stipulant qu’un accompagnement doit être garanti à chaque jeune de l’ASE devenant majeur dès lors qu’il ne bénéficie pas de ressources ou d’un soutien familial suffisants.
Les travailleurs sociaux font état d’un manque de sens dans leurs missions et dénoncent l’urgence de défendre un accompagnement digne et efficace pour ces jeunes qui font déjà preuve d’un courage et d’une volonté exemplaires.
Les salariés prévoient un débrayage devant le service AMMI Mineurs situé 33 rue Chanoine Bordet à Dijon, le mardi 8 avril 2025 à 8h.