Ce matin, Dijon Actualités publiait un article intitulé : « Municipales 2026 : à Chalon-sur-Saône, Gilles Platret dénonce une possible alliance LR-Renaissance à Dijon ». Dans cette tribune, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, s’alarmait d’un éventuel rapprochement entre Les Républicains de Côte-d’Or et le parti présidentiel Renaissance en vue des élections municipales de mars 2026.
L’élu LR y dénonçait ce qu’il considère comme une dérive politique, pointant du doigt certains membres du bloc central, notamment l’ancienne ministre et actuelle députée Fadila Khattabi. Cette dernière n’a pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux, répondant point par point aux accusations de Gilles Platret dans un message très ferme, que nous reproduisons intégralement ci-dessous :
« Monsieur le maire,
Je viens de prendre connaissance de vos invectives qui relatent des accusations graves que je condamne fermement, des propos diffamatoires qui ne pouvaient rester sans réponse de ma part.
Que vous ne voyez pas d’un bon œil le rapprochement du bloc central avec la droite républicaine en vue des élections municipales de 2026 est une chose mais que vous jetiez l’opprobre sur ma personne en est une autre.
Née en France, à Montbéliard, j’ai enseigné pendant près de trente ans. Voilà maintenant plus de vingt ans que je suis engagée au service des Françaises et des Français ; j’ai eu l’honneur et le plaisir de servir mon pays, la France, pendant toutes ces années avec comme boussole constante la République, toute la République rien que la République! Animée par ses valeurs universelles que sont la liberté, l’égalité , la fraternité et la laïcité, je n’ai eu cesse de placer l’intérêt général au cœur de toutes mes actions aussi bien en qualité d’élue régionale, de députée ou encore de ministre. Toutes celles et ceux qui me connaissent, le savent.
Vous faites référence à un voyage en Algérie en 2022, une visite d’Etat, à l’initiative du Président de la République, Emmanuel Macron et à laquelle j’étais invitée en tant que députée. Je faisais partie d’une délégation comprenant des membres très divers tels que des politiques et anciens ministres de droite comme de gauche, des chefs d’entreprise, des historiens, des écrivains, des sportifs, des journalistes…Les relations sont certes aujourd’hui complexes entre les deux pays, mais je tiens à rappeler que l’accueil fut à l’époque chaleureux. En ce qui concerne le contexte actuel, je fais confiance au Président de la République et à la diplomatie française pour rétablir le dialogue avec Abdelmadjid Tebboune, le Président algérien. Seul un dialogue constructif et respectueux permettra peut-être la libération que j’espère de Boualem Sansal.
Vous me reprochez également de me rendre tout comme d’ailleurs d’autres personnalités politiques de droite comme de gauche, à « la journée du savoir », un événement annuel dont l’objectif est de mettre en lumière la réussite de nos étudiants notamment les doctorants qui se sont brillamment distingués à travers leurs travaux de thèse et qui demain serviront notre pays avec dévouement et fierté. Ils sont des exemples de réussites républicaines. Au cours des différentes prises de paroles, je n’ai jamais, je dis bien jamais, entendu un seul propos anti-républicain ou prosélyte, bien au contraire! Alors pourquoi toutes ces vaines polémiques? Nous connaissons votre positionnement sur le sujet mais sachez que les Français ne sont pas dupes.
Franchement, les adhérents LR et les Dijonnais méritent mieux que de simples raccourcis, amalgames qui ne font que fracturer la société et mettre à mal la cohésion nationale.
Sans doute, n’avez vous aucun argument politique crédible à faire valoir pour remettre en question l’union entre Renaissance et les Républicains, une union qui se veut être avant tout au service des Dijonnaises et des Dijonnais avec un projet concret, des solutions en matière de sécurité, de transport, d’écologie, d’éducation …qui viendront améliorer concrètement leur quotidien.
C’est de cela dont nous voulons parler avec les Dijonnais.
D’ailleurs vous êtes Maire et probablement candidat à votre propre réélection, aussi plutôt que des attaques stériles qui attisent les tensions et renvoient une piètre image de la politique, je vous invite à prendre de la hauteur en commençant tout d’abord à faire preuve d’honnêteté intellectuelle mais aussi à respecter les positions sans doute différentes des vôtres, émanant de votre propre famille politique. »
La réponse sans détour de Fadila Khattabi marque une volonté de ne pas laisser sans réaction les insinuations formulées à son encontre. Elle rappelle son engagement républicain, défend son bilan et appelle à un débat d’idées constructif, loin des polémiques qu’elle juge stériles. À neuf mois des élections municipales, cette passe d’armes illustre les tensions croissantes au sein des différentes familles politiques, notamment autour des alliances locales à venir.