Réuni à Dijon ce jeudi 11 septembre 2025, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a adopté le budget primitif 2026, premier budget porté par Jérôme Durain (PS) depuis son élection à la présidence de la Région. Un exercice particulièrement scruté, à la fois acte fondateur des politiques publiques de l’année à venir et moment politique clé à l’approche des échéances électorales de 2027 et 2028.
Une contribution de 55 millions d’euros exigée par l’État
Présenté par Nicolas Soret, vice-président chargé des finances, le budget primitif 2026 s’élève à 1,97 milliard d’euros, dans un contexte financier contraint. La Région devra en effet contribuer à hauteur de 55 millions d’euros au redressement des comptes publics nationaux, après déjà 45 millions d’euros en 2025, conformément au projet de loi de finances présenté par le gouvernement.
« Nous avons construit un budget rigoureux, mais pas un budget de rigueur », a tenu à rappeler Jérôme Durain, soulignant un effort constant de maîtrise des dépenses de fonctionnement malgré des hausses mécaniques sur plusieurs postes.
Des crédits stabilisés, des marges de manœuvre réduites
Les dépenses de fonctionnement atteignent 1,28 milliard d’euros, en hausse de 2,7 % par rapport à 2025, tandis que les recettes s’élèvent à 1,50 milliard d’euros. Les politiques de mobilité représentent près de 50 % du budget régional, devant les lycées (27 %).
Nicolas Soret a également pointé la faiblesse de l’autonomie fiscale de la collectivité : les ressources à pouvoir de taux ne représentent plus que 10 % des recettes de fonctionnement, un niveau jugé insuffisant pour ajuster le budget aux besoins régionaux.
Pour maintenir son niveau d’investissement (586,3 millions d’euros), l’exécutif prévoit de recourir à l’emprunt à hauteur de 316,8 millions d’euros. La capacité de désendettement se dégraderait légèrement, passant de 6,2 à 6,6 années. « Heureusement que nous avons eu une bonne gestion par le passé », a justifié le vice-président aux finances.
L’opposition dénonce une gestion « à court terme »
Première à monter au créneau, Céline Bähr (LR), présidente de la commission des finances, a critiqué un budget qu’elle juge « loin d’un budget de rigueur », soulignant des dépenses de fonctionnement supérieures de 20 % à la moyenne nationale des régions. Elle a notamment interrogé l’exécutif sur la non-remplacement de départs à la retraite au sein des effectifs régionaux.
L’élue LR a également dénoncé une hausse des recettes reposant sur les « derniers robinets fiscaux », citant les augmentations répétées des tarifs TER et de la restauration scolaire dans les lycées. « Les ratios financiers ne sont pas encore catastrophiques, mais la corde se tend », a-t-elle averti.
Dans le même esprit, Jacques Grosperrin (LR) a estimé que la majorité privilégiait des politiques à faible rendement économique au détriment de l’agriculture, du numérique et de la formation. Julien Odoul (RN) a fustigé une « taxation à outrance », tandis que Denis Thuriot (REN) a dénoncé un « écart grandissant entre les discours d’ambition et la réalité budgétaire ».
Une majorité divisée mais solidaire
Au sein même de la majorité, les prises de parole ont montré des nuances. Claire Mallard (Écologistes et solidaires) a salué un budget « offensif malgré les obstacles », défendant un « budget vert » qui préserve les politiques environnementales, tout en exprimant des réserves sur l’hydrogène et l’usage de l’eau pour le tourisme.
Muriel Ternant (PCF) a, de son côté, rejeté toute logique de réduction massive des effectifs régionaux, défendant le service public et critiquant le recours aux cabinets de conseil privés. Elle a également alerté sur le coût croissant du ferroviaire et l’ouverture à la concurrence des TER.
Pour le groupe socialiste, Hicham Boujlilat a conclu en défendant un budget de « stabilité », garantissant la sécurité, l’éducation, les mobilités, la transition écologique et le « vivre-ensemble ». « C’est un budget sérieux, rigoureux, sans austérité, qui n’empêche pas l’audace », a-t-il résumé.
Après plus de cinq heures de débats et d’examen détaillé, le budget primitif 2026 a été adopté par les groupes de la majorité (PS, écologistes et communistes). L’ensemble des groupes d’opposition a voté contre.
