À l’initiative des eurodéputés écologistes, le Parlement européen a voté le 21 janvier la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Une décision adoptée à dix voix près, qui suspend temporairement le processus de ratification du traité.
Dans un communiqué publié ce 29 janvier, la députée européenne écologiste Catherine Hervieu se félicite de cette avancée, qu’elle qualifie de « première étape vers le respect de la volonté des Français ». Pour l’élue, cet accord commercial est « à l’opposé du modèle pour une agriculture rémunératrice, durable et souveraine » et ne répond ni aux urgences climatiques ni aux difficultés structurelles du monde agricole.
L’accord UE–Mercosur prévoit notamment l’ouverture accrue du marché européen à des produits agricoles importés à bas coût, issus de pays où les normes environnementales et sanitaires sont moins contraignantes. Une situation que Catherine Hervieu juge profondément injuste pour les agriculteurs européens, soumis à des règles strictes et déjà fragilisés par la baisse de leurs revenus et des crises sanitaires à répétition.
La députée évoque notamment la récente épidémie de dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins, rappelant que « cet accord est totalement déconnecté des besoins des éleveurs qui maillent notre territoire ». Selon elle, le traité menace également l’environnement et la sécurité alimentaire, tout en affaiblissant la souveraineté agricole européenne.
Catherine Hervieu souligne que cette saisine de la CJUE est le résultat d’une mobilisation de longue haleine réunissant agriculteurs, associations et élus de plusieurs États membres. Elle y voit la preuve que la contestation de l’accord dépasse largement le cadre partisan et reflète une inquiétude profonde sur l’avenir du modèle agricole européen.
L’élue écologiste critique par ailleurs l’attitude de certains groupes politiques, qu’elle accuse d’incohérence : « On ne peut pas prétendre défendre le monde agricole tout en soutenant un accord qui l’écrase », déclare-t-elle, visant notamment des eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême droite.
Enfin, Catherine Hervieu appelle la Commission européenne à renoncer à toute application provisoire du traité et à engager une refonte de la politique commerciale européenne, alignée avec les objectifs climatiques, la justice sociale et une meilleure rémunération du travail agricole.
