À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, Emmanuel Bichot, tête de liste d’Agir pour Dijon, a présenté un bilan sévère de la gestion socialiste de la capitale bourguignonne. Sécurité, finances publiques, urbanisme, fiscalité ou encore politique des déplacements : le candidat d’opposition dénonce ce qu’il qualifie de « dérive » après un quart de siècle de gouvernance à gauche à Dijon.
Sécurité : un « laxisme municipal »
Emmanuel Bichot pointe en priorité la question de la sécurité. Selon lui, Dijon serait l’une des grandes villes françaises investissant le moins dans ce domaine, avec seulement 2,9 % du budget municipal consacré à la sécurité.
Il s’appuie sur les chiffres de la délinquance pour étayer son propos : 10 134 crimes et délits auraient été recensés en 2024, soit une hausse de plus de 25 % depuis 2016. Les violences contre les personnes atteindraient 2 303 faits sur la même année, en progression de 80 % en huit ans. Quant aux infractions liées au trafic de drogue, elles auraient triplé depuis 2016 pour atteindre 1 244 faits en 2024.
Pour le candidat, ces données traduisent « un affaiblissement de l’autorité municipale » et justifient un renforcement des moyens dédiés à la police municipale et à la vidéoprotection.
Une évolution démographique jugée préoccupante
Autre sujet d’inquiétude soulevé par Emmanuel Bichot : la dynamique démographique de la ville. S’appuyant sur des données de l’INSEE, il affirme que plus de 90 % de l’augmentation de la population dijonnaise au cours des vingt dernières années serait liée à la hausse du nombre d’étrangers, passé de 8 625 en 2016 à 16 477 en 2022.
Parallèlement, le taux de pauvreté serait passé de 13 % en 2012 à 17 % aujourd’hui, soit une augmentation de 31 %. « Dijon accueille davantage d’habitants, mais la ville s’appauvrit », estime-t-il, dénonçant un modèle de développement qu’il juge déséquilibré.
Des projets d’envergure critiqués
Le candidat d’Agir pour Dijon met également en cause plusieurs grands projets municipaux. Il cite notamment la Cité internationale de la gastronomie et du vin, qu’il qualifie de « fiasco financier ». Selon lui, 40 millions d’euros d’argent public auraient déjà été engagés, pour un coût de fonctionnement annuel avoisinant les 3 millions d’euros. Il évoque en outre une voirie de 5,5 millions d’euros « payée deux fois ».
Le projet hydrogène est également dans son viseur : 15,86 millions d’euros d’argent public auraient été mobilisés, dont 10,24 millions pour la Métropole. Emmanuel Bichot parle d’« investissements mal calibrés » et de « paris technologiques hasardeux ».
Urbanisme : surcoûts et tensions
Sur le terrain de l’urbanisme, l’opposant dénonce une « bétonnisation à outrance ». Il avance un surcoût de plus de 216 % pour l’opération menée sur le site AMORA/Teletech et de 243 % pour l’Écocité Jardin des Maraîchers par rapport aux subventions initiales.
Il évoque également la situation du « Quartier libre des Lentillères », présenté comme la plus ancienne ZAD de France, installée sur le site du projet d’écocité. Cette occupation dure depuis seize ans, soit huit ans de plus que celle de Notre-Dame-des-Landes, souligne-t-il, estimant que la municipalité a manqué de fermeté.
Fiscalité et gestion financière sous le feu des critiques
La fiscalité locale constitue un autre axe majeur de la campagne du candidat. Il rappelle une hausse de 32 % du taux communal de la taxe foncière entre 2001 et 2025, ainsi qu’une augmentation de 141 % du taux métropolitain en 2021. Selon lui, le taux communal dijonnais serait aujourd’hui le cinquième plus élevé de France pour les villes de taille comparable.
Emmanuel Bichot dénonce également le coût des emprunts dits « toxiques », estimé à 25 millions d’euros de surcoût pour la collectivité. Il critique par ailleurs l’augmentation des frais généraux de la municipalité, en hausse de 11,7 millions d’euros entre 2018 et 2023 (+31 %), ainsi que celle du budget communication (+44 %, soit 600 000 euros supplémentaires).
Mobilité : une ville de plus en plus congestionnée
Enfin, le candidat s’attaque à la politique des déplacements. Il affirme que les automobilistes dijonnais auraient perdu 69 heures dans les embouteillages en 2025, soit 18 heures de plus que l’année précédente. Dijon aurait par ailleurs été désignée « championne de France » de l’augmentation des procès-verbaux de stationnement. Il évoque également de nombreuses chutes de piétons dans le centre-ville, qu’il estime insuffisamment recensées.
À quelques semaines du scrutin, Emmanuel Bichot entend faire de ce bilan critique l’axe central de sa campagne. Face à lui, la majorité municipale défend pour sa part un modèle de développement qu’elle juge ambitieux et tourné vers l’avenir. Les électeurs dijonnais trancheront dans les urnes les 15 et 22 mars.
Selon lui, après vingt-cinq années de gestion socialiste, la situation de la ville s’est fortement dégradée, que ce soit en matière de sécurité, de finances publiques, d’urbanisme ou de qualité de vie. Le candidat affirme vouloir incarner une « rupture claire » avec la majorité sortante.
Pour porter cette alternative, Emmanuel Bichot présente un projet structuré autour de 122 propositions, couvrant l’ensemble des compétences municipales. Il entend détailler ces mesures lors d’une série de réunions publiques organisées dans les différents quartiers de la ville :
- Jeudi 26 février à 19h – Bourroches – Port du canal – Valendons
Gymnase des Bourroches, 50 boulevard Eugène Fyot - Samedi 28 février à 10h – Fontaine d’Ouche
Salle Lucie et Raymond Aubrac, 8 place de la Fontaine d’Ouche - Mardi 3 mars à 19h – Maladière – Drapeau – Clemenceau
Salle de quartier Chambelland, 8 rue Olympe de Gouges - Mercredi 4 mars à 19h – Montchapet – Marmuzots – Victor Hugo
Gymnase du groupe scolaire Montchapet, 2 rue de Rouen
Une grande réunion publique est également annoncée :
- Mercredi 11 mars à 19h
Salle Devosge, 5 rue Devosge
Autant de rendez-vous destinés à présenter son programme et à échanger directement avec les Dijonnais avant le vote.
