À l’approche des élections municipales de mars 2026, la liste citoyenne « Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger » place la cause animale au cœur d’un projet plus large de transformation du modèle alimentaire local. Dans un communiqué diffusé le 26 février, le mouvement répond à une interpellation de l’association L214 et développe une vision ambitieuse : faire de la transition alimentaire un pilier de la résilience du territoire.
Pour Dijon Avenir, la question animale ne se limite pas au bien-être des bêtes d’élevage. Elle s’inscrit dans ce que la liste appelle une « écologie profonde, populaire et protectrice », articulée autour de la protection du vivant et de la sécurité alimentaire. Le communiqué évoque une « convergence des crises » – climatique, environnementale, sociale et démocratique – qui imposerait de repenser en profondeur la manière dont la métropole dijonnaise se nourrit.
Le diagnostic posé est clair : le bassin de vie dijonnais serait aujourd’hui dépendant à plus de 90 % d’approvisionnements extérieurs pour son alimentation. Face à ce constat, la liste affiche un objectif de long terme particulièrement volontariste : porter l’autonomie alimentaire du territoire – qui engloberait une centaine de communes autour de l’agglomération – de 8 % aujourd’hui à 80 % d’ici 2050.
Pour atteindre cette cible, Dijon Avenir avance deux leviers majeurs. D’abord, stopper l’artificialisation des terres agricoles et organiser une vaste ceinture maraîchère et nourricière de 75 000 hectares autour de l’agglomération. Ensuite, accompagner une évolution des régimes alimentaires vers davantage de protéines végétales. Le communiqué s’appuie sur des données attribuées à l’ADEME pour souligner l’écart d’« empreinte sol » entre alimentation carnée et végétale, estimant qu’un régime plus végétalisé permettrait de réduire significativement les surfaces nécessaires pour nourrir la population.
Dans les cantines scolaires, la liste propose une série de mesures concrètes : une option végétarienne quotidienne, deux journées végétariennes par semaine et une journée végétalienne hebdomadaire, au moins sur le plat principal. Elle souhaite également inscrire un objectif de réduction de 50 % de la consommation de produits d’origine animale d’ici 2040 dans un « Pacte local pour l’autonomie alimentaire », élaboré via une convention citoyenne puis soumis au vote du conseil municipal.
Au-delà de la restauration scolaire, le programme prévoit que les réceptions officielles de la Ville proposent exclusivement des buffets végétariens sur le mandat 2026–2033. Il annonce aussi, dans le cadre du Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER), l’exclusion d’ici 2030 des produits issus d’élevages sans accès au plein air ainsi que de la pisciculture intensive.
Enfin, Dijon Avenir relie cette transition alimentaire à la situation du monde agricole. Le mouvement affirme vouloir soutenir une agriculture locale « à taille humaine », créatrice d’emplois et respectueuse du vivant, en cohérence avec l’objectif d’autonomie territoriale.
Avec ce communiqué, la liste inscrit clairement la cause animale dans un projet municipal plus large, mêlant urbanisme, agriculture, commande publique et restauration collective. À un an du scrutin, la bataille des municipales dijonnaises s’élargit ainsi aux enjeux alimentaires et écologiques, appelés à occuper une place croissante dans le débat local.
D.B
