La situation est jugée « catastrophique » chez le transporteur Ziegler. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, la CGT de Côte-d’Or alerte sur une menace directe pesant sur près de 1 400 emplois en France, dont 60 salariés sur le site de Longvic.
Selon l’organisation syndicale, l’inquiétude grandit depuis plusieurs semaines parmi les salariés de l’entreprise, qui compte 58 agences sur le territoire national et plus d’un millier de collaborateurs. En cause : une dégradation brutale des résultats financiers.
Des pertes de plus de six millions d’euros
Toujours d’après le communiqué, l’entreprise a enregistré, sur un chiffre d’affaires annuel de 445 millions d’euros, un résultat d’exploitation négatif de plus de six millions d’euros l’an dernier, alors qu’elle affichait un excédent de 10 millions d’euros un an plus tôt. Une bascule qui interroge et nourrit l’inquiétude des représentants du personnel.
Réuni en séance extraordinaire le 4 février 2026, le Comité social et économique (CSE) a voté un droit d’alerte économique. Quelques jours plus tard, les élus ont été informés de la désignation de deux mandataires « ad hoc » par le tribunal de commerce de Lille, chargés d’examiner la situation des comptes et d’évaluer les possibilités de poursuite de l’activité.
Activité à l’arrêt et salaires en suspens
Sur le terrain, la situation serait déjà très dégradée. Les camions seraient à l’arrêt, les clients auraient déserté et certains fournisseurs, impayés, refuseraient désormais de travailler avec le transporteur.
La crainte est désormais concrète pour les salariés : ne pas percevoir leur salaire à la fin du mois. « L’inquiétude est grande », souligne la CGT, qui évoque une situation « très préoccupante ».
La CGT réclame la transparence et l’intervention des pouvoirs publics
Le délégué syndical central CGT affirme multiplier les démarches, en interne comme en externe, afin d’obtenir des explications et de défendre l’emploi. Un expert économique et un avocat spécialisé en droit social ont d’ores et déjà été mandatés pour examiner la validité des procédures engagées et œuvrer au maintien de l’ensemble des postes.
La CGT exige « que toute la lumière soit faite » sur les raisons ayant conduit l’entreprise, fondée il y a plus de 120 ans, « au bord du gouffre ». Le syndicat appelle également les élus et les pouvoirs publics à se saisir du dossier afin d’éviter une fermeture « dans la plus grande indifférence ».
À Longvic comme ailleurs en France, les salariés restent suspendus aux décisions à venir du tribunal de commerce et à d’éventuelles annonces de la direction.
D.B
