La tension monte à la maison d’arrêt de Dijon. Les personnels pénitentiaires ont annoncé un blocage total de l’établissement dès 5h30 ce jeudi, dénonçant une situation devenue « intenable » et réclamant des mesures urgentes.
Au cœur de la mobilisation : la surpopulation carcérale. Les agents alertent sur un établissement saturé, où le nombre de détenus dépasse largement les capacités d’accueil. Ils réclament un désencombrement immédiat et massif, pointant notamment la présence de nombreux matelas au sol, symbole d’une situation dégradée. « La règle est l’encellulement individuel », rappellent-ils, estimant que la sécurité des personnels comme celle des détenus est désormais menacée.
Les syndicats demandent également une concertation rapide avec le parquet de Dijon afin de limiter les nouvelles incarcérations et favoriser des alternatives lorsque cela est possible.
Autre revendication majeure : le manque de personnel. Les agents dénoncent des postes vacants non remplacés et une absence d’anticipation des départs. Ils exigent des renforts concrets et durables afin d’assurer la continuité des services et de soulager des équipes déjà fortement sollicitées.
Les personnels demandent également une révision complète de l’organigramme, jugé obsolète face à l’évolution des missions. Le fonctionnement du Pôle Centralisateur de Surveillance Électronique (PCSE) est particulièrement pointé du doigt : considéré comme un service à part entière, il ne disposerait pas des moyens humains nécessaires. Les agents réclament un organigramme dédié et la pérennisation des postes existants.
Le communiqué critique aussi vivement la direction de l’établissement. Les personnels évoquent un climat social dégradé, dénonçant un management « condescendant » et un dialogue social « à sens unique ». Selon eux, les instances représentatives ne permettent plus un échange réel et les décisions seraient prises sans concertation. Ils appellent à un changement profond des pratiques managériales.
Les agents estiment que le projet actuel de l’établissement est inadapté aux réalités locales. Ils dénoncent une multiplication des activités et des mouvements internes, jugés désorganisés et difficiles à gérer dans un contexte de surpopulation. Ils demandent une réflexion locale, intégrant l’expertise des personnels, notamment sur les missions des équipes de sécurité pénitentiaire.
La mobilisation met également en lumière les difficultés des services administratifs et sportifs. La gestion des comptes des détenus serait dans une situation critique, tandis que l’absence de personnel au service des activités sportives entraîne leur arrêt. Or, ces activités sont jugées essentielles pour maintenir le calme en détention. Les agents réclament des renforts immédiats, notamment via des recrutements contractuels.
Le blocage annoncé pourrait ne pas être ponctuel. Les personnels préviennent que le mouvement a vocation à être reconductible tant que des mesures concrètes ne seront pas prises. « Nous ne voulons pas d’un engagement à être attentif, nous voulons des actes », concluent-ils.
