Prendre le temps de s’allonger pour sauver des vies : c’est le message que souhaite faire passer l’Établissement français du sang (EFS) Bourgogne-Franche-Comté à travers sa nouvelle campagne dédiée au don de plasma. À l’heure où les besoins en médicaments issus du plasma ne cessent d’augmenter, l’établissement appelle les citoyens à transformer un moment de pause en geste vital.
Encore peu connu, le don de plasma souffre d’un déficit de notoriété, malgré son rôle essentiel dans le traitement de nombreuses pathologies, notamment certaines maladies immunitaires. À travers cette initiative lancée en avril, l’EFS entend démontrer que ce geste peut s’intégrer simplement dans le quotidien. « Donner son plasma, c’est transformer ce temps en un geste qui sauve des vies », souligne l’établissement dans son communiqué .
Un temps long… revalorisé
Contrairement au don de sang, plus largement répandu, le don de plasma demande un engagement temporel plus important. Il faut compter entre une heure trente et une heure quarante-cinq entre l’arrivée et le départ, dont environ 45 minutes consacrées au prélèvement lui-même. Un frein apparent, que l’EFS tente aujourd’hui de transformer en argument.
La campagne s’appuie sur une idée simple : et si ce temps, souvent perçu comme une contrainte, devenait au contraire une opportunité ? L’établissement évoque ainsi le concept d’« oisiveté productive », consistant à valoriser ces moments habituellement dédiés aux écrans ou aux pauses informelles. Remplacer 45 minutes de défilement sur les réseaux sociaux par un acte utile, ou transformer une pause-café en engagement solidaire : autant d’images destinées à rendre le don plus concret et accessible .
Au-delà du geste lui-même, l’expérience se veut aussi conviviale. Les donneurs sont accueillis dans les Maisons du don, où une collation leur est proposée après le prélèvement, dans un cadre pensé pour favoriser le confort et la détente.
Un défi stratégique pour la France
Derrière cette campagne de sensibilisation se cache un enjeu bien plus large. La France, comme de nombreux pays européens, fait face à une dépendance importante aux importations de plasma, notamment en provenance des États-Unis. Une situation jugée problématique au regard du modèle français, fondé sur le don volontaire, anonyme et gratuit.
Pour y remédier, l’EFS s’est fixé un objectif ambitieux : doubler le nombre de donneurs de plasma d’ici 2028. Une nécessité pour répondre à la demande croissante en médicaments dérivés du plasma, indispensables à des milliers de patients chaque année.
« Nous proposons aux citoyens de convertir leur temps libre en un acte vital », explique Fanny Delettre, directrice de l’EFS Bourgogne-Franche-Comté. « Non seulement parce que les malades en ont besoin, mais également pour défendre le don bénévole et la non-marchandisation du corps humain, chère au système français » .
Une mobilisation collective encouragée
Pour atteindre ses objectifs, l’établissement mise sur une mobilisation élargie. Les citoyens sont invités à venir donner, mais aussi à encourager leur entourage à franchir le pas, notamment en accompagnant des primo-donneurs. Les entreprises et associations sont également sollicitées pour relayer le message et organiser des actions collectives.
L’EFS insiste enfin sur le rôle de chacun, donneur ou non, dans la diffusion de cette culture du don. Partager l’information, sensibiliser son entourage ou simplement s’informer sont autant de moyens de contribuer à cet effort collectif.
Alors que les besoins ne cessent de croître, le message se veut volontairement simple et accessible : « Chez nous, pour aider, il suffit de s’allonger ». Une formule qui résume l’ambition de la campagne : faire du don de plasma un réflexe citoyen, inscrit dans le quotidien de tous.
