À l’approche du week-end, la préfecture de la Côte-d’Or a pris une décision ferme : interdire tous les rassemblements festifs à caractère musical non autorisés sur l’ensemble du département. L’arrêté, entré en vigueur ce vendredi à 16 heures, s’appliquera jusqu’au lundi 27 avril à 8 heures, dans un contexte de vigilance accrue face à la multiplication des « free-parties » clandestines.
Cette mesure n’est pas anodine. Elle intervient après plusieurs mois marqués par une succession de rassemblements similaires dans le département. De Cîteaux à Meloisey, en passant par Semezanges ou Perrigny-sur-l’Ognon, ces événements ont attiré des centaines de participants, souvent sans déclaration préalable ni encadrement. Pour les autorités, cette répétition témoigne d’une organisation de plus en plus structurée, mais aussi de plus en plus difficile à anticiper.
Dans son arrêté, le préfet insiste sur les risques liés à ces rassemblements. L’absence d’organisation officielle rend impossible la mise en place de dispositifs de sécurité adaptés, qu’il s’agisse de secours aux personnes, de prévention des incendies ou encore de gestion des flux de circulation. À cela s’ajoutent les nuisances sonores, parfois très importantes, ainsi que les comportements à risque, notamment la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants. Autant de facteurs qui, selon les autorités, peuvent rapidement conduire à des troubles graves à l’ordre public.
Pour éviter toute tentative de contournement, la préfecture a élargi son dispositif. L’arrêté interdit également la circulation de véhicules transportant du matériel de sonorisation — amplificateurs, enceintes ou « sound systems » — lorsqu’ils sont destinés à alimenter un événement non déclaré. Une mesure stratégique, visant à bloquer en amont l’organisation logistique de ces fêtes souvent mobiles et improvisées.
Sur le terrain, les forces de l’ordre sont mobilisées. Gendarmes et policiers ont reçu pour consigne de surveiller étroitement les axes routiers et les zones rurales susceptibles d’accueillir ces rassemblements. En cas d’infraction, les sanctions pourront être immédiates : verbalisation, saisie du matériel et poursuites judiciaires. La loi prévoit en effet des peines spécifiques pour les organisateurs comme pour les participants, notamment lorsque les événements ne respectent pas les obligations de déclaration.
Si la décision des autorités se veut préventive, elle ne manquera pas de susciter des réactions. Les amateurs de musiques électroniques et les collectifs organisateurs dénoncent régulièrement des mesures jugées excessives, estimant que ces événements relèvent d’une forme d’expression culturelle alternative. À l’inverse, riverains et élus locaux pointent les nuisances et les risques engendrés par ces rassemblements non encadrés.
