Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé une nouvelle lettre ouverte aux agriculteurs français afin de répondre aux inquiétudes persistantes du monde agricole. Dans ce courrier, le chef du Gouvernement revient sur les difficultés économiques qui touchent les exploitations et détaille plusieurs mesures d’urgence destinées à soutenir les professionnels du secteur.
Dans un contexte international marqué par les tensions au Proche et au Moyen-Orient, le Premier ministre souligne les conséquences directes de la crise géopolitique sur l’agriculture française. Il évoque notamment la flambée du coût des intrants, en particulier celui du gazole non routier (GNR), ainsi que la hausse des prix des engrais. Selon lui, cette situation fragilise de nombreuses exploitations et impose une réponse rapide de l’État.
Face à cette pression économique, le Gouvernement affirme avoir engagé plusieurs dispositifs exceptionnels. Parmi les mesures annoncées figurent la suppression des accises sur le GNR pour le mois d’avril ainsi qu’un remboursement de quinze centimes par litre pour le mois de mai. Un guichet spécifique aurait également été ouvert afin de simplifier les démarches administratives des agriculteurs concernés.
Le courrier insiste également sur l’accompagnement financier des exploitations les plus en difficulté. Le Gouvernement indique avoir mobilisé des aides sociales et des outils de trésorerie garantis par l’État afin d’éviter une aggravation de la situation économique dans certaines filières particulièrement exposées.
Au-delà de l’urgence immédiate, Sébastien Lecornu affirme vouloir inscrire l’action gouvernementale dans une stratégie de long terme. Il annonce ainsi la préparation d’un plan de souveraineté consacré aux engrais et aux approvisionnements agricoles, avec l’objectif de réduire la dépendance française aux marchés internationaux.
Le Premier ministre reconnaît toutefois que les difficultés du monde agricole ne se limitent pas à la seule conjoncture internationale. Il estime que certaines problématiques structurelles nécessitent désormais des réponses politiques durables et plus larges.
Dans ce contexte, le Gouvernement souhaite faire adopter rapidement un projet de loi présenté comme un « texte d’urgence ». Selon le chef du Gouvernement, cette réforme doit permettre d’apporter des réponses concrètes au secteur agricole quelques semaines seulement après la crise agricole et le Salon de l’Agriculture.
La question des produits phytopharmaceutiques est également évoquée dans cette lettre ouverte. Sébastien Lecornu précise que ce sujet pourrait faire l’objet de textes spécifiques et de débats parlementaires dédiés. Il estime néanmoins que ces discussions ne doivent pas ralentir l’adoption des mesures jugées prioritaires pour les exploitants agricoles.
Enfin, le Premier ministre réaffirme la ligne du Gouvernement : simplifier les règles, restaurer de la visibilité pour les agriculteurs et soutenir la production française. Il assure rester pleinement mobilisé, avec la ministre de l’Agriculture, afin de faire aboutir les engagements pris envers le monde agricole.
Lettre ouverte aux agriculteurs de France du 7 mai 2026 :
Par le Premier ministre Sébastien Lecornu
Mesdames et Messieurs,
Je vous avais écrit au début de l’année, alors que le monde agricole traversait déjà une crise profonde. Aujourd’hui, je souhaite de nouveau m’adresser à vous avec franchise et détermination, dans un contexte encore plus exigeant.
Depuis plusieurs mois, les tensions internationales et les conflits au Proche et Moyen-Orient ont aggravé les difficultés auxquelles vos exploitations sont confrontées. La hausse du coût de l’énergie, en particulier du gazole non routier, ainsi que celle des engrais et des intrants agricoles, pèse lourdement sur votre activité et fragilise de nombreuses exploitations.
Face à cette situation, le Gouvernement a décidé d’agir rapidement et concrètement.
Les taxes sur le GNR ont été suspendues pour le mois d’avril. Un dispositif de remboursement exceptionnel de quinze centimes par litre a été instauré pour le mois de mai, accompagné d’une simplification des démarches administratives grâce à l’ouverture d’un guichet dédié. Les aides sociales ont également été renforcées afin de soutenir les exploitations les plus exposées, tandis que des outils de trésorerie garantis par l’État ont été mobilisés pour accompagner les agriculteurs confrontés aux difficultés les plus urgentes.
Ces mesures évolueront autant que nécessaire afin de répondre à la réalité du terrain. Par ailleurs, un plan de souveraineté visant à renforcer notre autonomie en matière d’engrais et d’approvisionnements agricoles est actuellement en préparation.
Mais l’urgence internationale ne doit pas faire oublier les attentes profondes du monde agricole. Derrière les crises conjoncturelles, il existe des difficultés structurelles auxquelles nous devons répondre avec lucidité et efficacité.
Le projet de loi actuellement présenté constitue un texte d’urgence. Il doit pouvoir être examiné et adopté rapidement afin d’apporter des réponses concrètes aux exploitants agricoles. Quelques semaines après les mobilisations et après le Salon de l’Agriculture, ce rendez-vous législatif est essentiel.
Le Gouvernement poursuivra le travail engagé.
Certaines questions spécifiques, notamment celles liées aux produits phytopharmaceutiques, pourront faire l’objet de textes dédiés et de débats parlementaires approfondis. Mais ces discussions ne doivent pas empêcher l’adoption des mesures immédiates attendues par les agriculteurs.
Notre ligne demeure claire : apporter des solutions concrètes, simplifier les règles, donner de la visibilité et permettre à l’agriculture française de produire dans de meilleures conditions. Nous voulons une action pragmatique, utile et tournée vers l’avenir.
Avec la ministre de l’Agriculture et l’ensemble du Gouvernement, nous restons pleinement mobilisés afin que ce texte aboutisse et que les engagements pris soient tenus.
Veuillez croire, Mesdames et Messieurs, en l’assurance de ma considération la plus sincère.
Sébastien Lecornu
Premier ministre
