Réunis à Reims ce dimanche 10 mai, plus de 850 élus et cadres d’Horizons ont assisté à une étape clé de la montée en puissance de la campagne présidentielle d’Édouard Philippe. À un an de l’échéance de 2027, l’ancien Premier ministre a dévoilé l’architecture de son équipe de campagne, esquissé les grandes lignes de son projet et tenté d’imposer un mot d’ordre : restaurer la souveraineté et la capacité d’action du pays autour d’une “France libre”.
Dans une ambiance de pré-campagne assumée, le rendez-vous organisé à Reims marque un tournant pour le parti Horizons. Fondé en 2021 par Édouard Philippe après son départ de Matignon, le mouvement franchit désormais une nouvelle étape : celle de la structuration concrète d’une candidature présidentielle qui ne dit plus vraiment son nom.
Face à plusieurs centaines de responsables locaux, parlementaires, élus municipaux et militants venus de toute la France, l’ancien chef du gouvernement a cherché à afficher à la fois la solidité de son organisation et la cohérence idéologique de son projet politique.
Une équipe de campagne resserrée autour de trois figures expérimentées
Premier signal envoyé lors de cette réunion : la constitution d’une direction de campagne structurée autour de trois personnalités politiques aguerries. Édouard Philippe a annoncé confier le pilotage de cette organisation à Marie Guévenoux, Christophe Béchu et Gilles Boyer.
Ancienne députée et figure issue de la droite républicaine, Marie Guévenoux apporte une expérience parlementaire et gouvernementale reconnue. Actuelle conseillère du garde des Sceaux, elle incarne également la volonté d’Horizons de conjuguer héritage de la droite modérée et culture de gouvernement.
Autre pièce maîtresse du dispositif : Christophe Béchu, maire d’Angers et secrétaire général d’Horizons. Ministre puis figure importante de la majorité présidentielle, il représente l’ancrage territorial et la ligne réformatrice revendiquée par le mouvement.
Enfin, Gilles Boyer, député européen et fidèle compagnon politique d’Édouard Philippe, complète ce trio. Stratège reconnu des campagnes électorales, il devrait jouer un rôle central dans la construction du discours et de la stratégie politique des mois à venir.
À travers cette organisation, Horizons veut montrer qu’il dispose désormais d’une véritable infrastructure présidentielle capable de mailler le territoire et de préparer une campagne de long terme.
Une ligne politique fondée sur « l’optimisme » et le refus du déclin
Au-delà des annonces d’organisation, Édouard Philippe a surtout tenté de poser les fondations idéologiques de son projet. Dans un discours largement tourné vers la notion de souveraineté nationale, il a défendu une vision qu’il veut résolument optimiste du redressement français. Selon lui, la France souffre aujourd’hui d’une forme de résignation collective qu’il entend combattre par une politique de libération des initiatives et de restauration de l’autorité publique.
L’ancien Premier ministre a notamment insisté sur plusieurs priorités.
Libérer l’économie par la suppression des normes
Édouard Philippe a plaidé pour une réduction drastique des contraintes administratives pesant sur les entreprises et les collectivités. Il ne s’agirait plus simplement de « simplifier » les normes, mais bien d’en supprimer une partie afin de redonner de la compétitivité à l’économie française.
Un message adressé directement aux entrepreneurs, aux artisans et aux élus locaux qui dénoncent régulièrement l’empilement réglementaire.
Replacer l’éducation au cœur du projet républicain
Le président d’Horizons a également insisté sur la nécessité de restaurer l’autorité et le rôle des enseignants dans la société française. Selon lui, l’école doit redevenir un pilier central de la République et un outil majeur de cohésion nationale.
Cette priorité éducative s’inscrit dans une vision plus large du redressement du pays, fondée sur la transmission, le mérite et l’exigence.
Assainir les finances publiques
Autre axe majeur du discours : le redressement budgétaire. Édouard Philippe a estimé que la France devait retrouver des marges de manœuvre financières afin de préserver sa capacité d’action politique et stratégique.
Pour l’ancien locataire de Matignon, la souveraineté nationale passe aussi par la maîtrise de la dette et des finances publiques, condition indispensable selon lui pour maintenir une politique indépendante et ambitieuse.
Le concept de « France libre » comme fil conducteur
C’est autour de cette idée de « France libre » que le discours d’Édouard Philippe semble désormais vouloir s’articuler. Libre économiquement, par la capacité retrouvée d’entreprendre et d’innover. Libre politiquement, grâce à des finances publiques restaurées. Libre stratégiquement, par une souveraineté renforcée dans les domaines industriels, éducatifs et institutionnels.
Ce positionnement vise également à se distinguer du climat politique actuel, souvent marqué par les discours anxiogènes ou les oppositions radicales. En creux, Édouard Philippe cherche à installer une image de candidat de stabilité, d’efficacité et de sérieux budgétaire, capable de rassembler un électorat modéré de droite comme du centre.
Deux grands rendez-vous pour lancer la mobilisation
Afin de transformer cette dynamique interne en mobilisation populaire, Horizons a annoncé deux échéances importantes dans les prochaines semaines. Le 25 juin, plus de 1 000 « réunions d’appartement » doivent être organisées simultanément à travers toute la France. Inspirées des campagnes de proximité anglo-saxonnes, ces rencontres auront pour objectif d’échanger avec des citoyens non adhérents autour du projet porté par Édouard Philippe.
Le 5 juillet, un grand meeting national se tiendra à Paris. Le parti espère y réunir militants, sympathisants mais aussi simples curieux afin de donner une dimension plus populaire à cette montée en puissance politique.
Une mobilisation déjà active en Bourgogne-Franche-Comté
La région Bourgogne-Franche-Comté était largement représentée lors du rassemblement de Reims, avec une trentaine d’élus et de cadres présents. Parmi eux, Laurence Porte, maire de Montbard, a été désignée co-référente régionale du parti Horizons aux côtés d’Alain Chrétien, maire de Vesoul.
À Dijon, les responsables locaux annoncent également une intensification prochaine des actions de terrain afin de relayer la dynamique nationale. Henri-Bénigne de Vregille, conseiller municipal et métropolitain de Dijon ainsi que délégué municipal Horizons, appelle d’ores et déjà les sympathisants intéressés à rejoindre les initiatives locales du mouvement.
À un an de la présidentielle, Horizons semble désormais décidé à sortir de l’ombre et à installer progressivement Édouard Philippe dans le rôle de candidat crédible pour 2027. Reste à savoir si cette stratégie de structuration méthodique et de rassemblement modéré suffira à s’imposer dans un paysage politique français toujours plus fragmenté.
