Hier soir, de 21h à minuit, le centre-ville de Dijon s’est transformé en vaste scène à ciel ouvert à l’occasion de D’Jazz dans la Ville, rendez-vous gratuit désormais bien installé dans le paysage culturel dijonnais. De la Cour de Flore à la Cour de Bar, en passant par la place des Cordeliers et la place de la Sainte-Chapelle, le public était invité à déambuler au rythme du jazz, de la soul, du blues, de l’afrobeat et des sonorités balkaniques.
Si l’affluence semblait moins importante que l’an dernier, sans doute en raison d’une météo peu clémente et d’un froid bien présent pour une soirée de début d’été, l’événement n’en a pas moins rencontré un beau succès. Les spectateurs présents ont répondu avec enthousiasme à cette proposition musicale généreuse, portée par une programmation variée et de grande qualité.
Au Palais des Ducs, la Cour de Flore a ouvert la soirée avec le Steffens–Zöllner–Kohmann Trio, qui a proposé un univers sonore sensible, entre jazz, improvisation, musique électronique et création contemporaine. Un peu plus tard, les Kalakuta Zombies, orchestre afrobeat du conservatoire de Dijon, ont apporté une énergie plus festive, inspirée par l’héritage de Fela Anikulapo Kuti. Rythmes yoruba, funk, jazz et highlife ont réchauffé l’atmosphère et donné envie de danser malgré la fraîcheur.
Dans la Cour de Bar, le France Balkans Jazz Band a présenté le fruit d’un travail mené durant une résidence dijonnaise de trois jours. Le dialogue entre influences françaises et balkaniques a offert un moment vivant, nourri par l’échange et l’improvisation. La soirée s’est poursuivie avec le Saso Popovski Trio, venu de Macédoine du Nord, dont la musique raffinée et ouverte sur le monde a séduit les amateurs de jazz et de musiques métissées.
La place des Cordeliers a quant à elle mis à l’honneur le blues et la soul. Blues & Soul Factory, quintet actif sur les scènes régionales depuis 2019, a revisité plusieurs grands standards avec chaleur et générosité. Puis The Stompin’ Whities & Friends, réunis autour des frères Vaivrand avec leur projet OSS — Organisation Syndical Soul, ont plongé le public dans l’âge d’or de la soul des années 60, entre groove, énergie collective et plaisir de jouer.
Enfin, la place de la Sainte-Chapelle a accueilli une ambiance plus swing avec Jazz Collector & Swing Glamour. Entre hommages aux grands standards de Duke Ellington, Fletcher Henderson et harmonies vocales inspirées des Andrews Sisters ou des Puppini Sisters, le programme a apporté une touche élégante, rétro et festive à cette soirée musicale.
Malgré une fréquentation plus modeste que lors de la précédente édition et une température peu engageante, D’Jazz dans la Ville a confirmé son importance dans la vie culturelle dijonnaise. L’événement a su créer une atmosphère conviviale, musicale et chaleureuse, portée par la qualité des artistes et la beauté des lieux patrimoniaux investis. Une soirée peut-être moins dense en public, mais pleinement réussie sur le plan artistique et humain. Dans les cours et sur les places du centre historique, Dijon a une nouvelle fois vibré au son du jazz et des musiques du monde.




















