L’emploi intérimaire poursuit son recul en Côte-d’Or. Selon le dernier baromètre publié par Prism’emploi, les effectifs intérimaires ont diminué de 5,3 % en mars 2026 par rapport à mars 2025 dans le département. Cette baisse apparaît nettement plus marquée que celle observée à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté, où le recul reste limité à 0,4 % sur un an.
Dans un contexte économique toujours fragile, la Côte-d’Or figure ainsi parmi les territoires régionaux les plus touchés par le ralentissement de l’intérim. Le département subit les effets conjugués d’une activité plus hésitante dans le bâtiment, le commerce et les services, trois secteurs traditionnellement consommateurs de main-d’œuvre temporaire.
La situation contraste avec la relative résistance de la Bourgogne-Franche-Comté. En mars 2026, l’emploi intérimaire y recule faiblement, de 0,4 % sur un an, alors que la tendance nationale est plus défavorable, avec une baisse de 2,9 %. Mais cette stabilité régionale masque de fortes disparités entre les départements.
En Côte-d’Or, le ralentissement concerne notamment plusieurs bassins économiques structurants, autour de Dijon, de Beaune et de l’axe logistique de la plaine de Saône. Ces territoires concentrent une part importante des besoins en intérim, que ce soit dans les activités de transport, de logistique, de services aux entreprises ou encore dans certaines branches industrielles.
Le département affiche par ailleurs une part de CDI intérimaires de 5,6 % dans l’emploi intérimaire total. Ce niveau reste inférieur à celui observé dans certains territoires voisins, comme la Haute-Saône, où cette part atteint 11,9 %, ou la Nièvre, où elle s’élève à 12,3 %. Ces écarts traduisent des différences de structure économique, mais aussi des pratiques variables selon les bassins d’emploi et les besoins des entreprises.
À l’échelle régionale, l’industrie demeure le principal soutien de l’intérim. En Bourgogne-Franche-Comté, ce secteur progresse de 3,2 % sur un an et continue de tirer une partie du marché vers le haut. La métallurgie, l’agroalimentaire, la logistique et la production automobile jouent encore un rôle moteur dans plusieurs territoires de la région.
L’industrie représente désormais 56,8 % des effectifs intérimaires en Bourgogne-Franche-Comté. Elle devance largement les services, qui pèsent 17,9 %, et le BTP, qui représente 12,1 % des effectifs. Cette forte présence industrielle permet à la région de mieux résister que d’autres territoires français, plus dépendants du commerce ou des services.
Mais tous les secteurs ne suivent pas la même trajectoire. Le commerce recule de 5,9 % sur un an, tandis que les services enregistrent une baisse plus importante, de 8,7 %. Le BTP reste également orienté à la baisse, avec un recul de 0,6 % dans la région. Même limité, ce repli confirme les difficultés d’un secteur confronté à un ralentissement des chantiers, à des coûts élevés et à une demande plus prudente.
Au niveau national, Prism’emploi explique le ralentissement de l’intérim par plusieurs facteurs économiques. La hausse des coûts de l’énergie, l’inflation persistante, le ralentissement de la consommation et la prudence des entreprises en matière d’embauche pèsent sur le recours au travail temporaire. Dans ce contexte, les entreprises ajustent plus rapidement leurs besoins de main-d’œuvre et limitent leurs recrutements intérimaires.
Le bâtiment reste le secteur le plus fragilisé en France, avec une baisse nationale de 8,5 % des effectifs intérimaires. Les services reculent également fortement, de 6,6 %. Ces tendances confirment un climat d’incertitude pour les agences d’emploi, qui observent depuis le début de l’année 2026 un marché plus attentiste.
En Côte-d’Or, cette évolution se traduit par un net ralentissement de l’activité intérimaire. Pour les agences d’emploi de Dijon et du département, les chiffres de mars 2026 illustrent une conjoncture plus prudente, dans laquelle les entreprises hésitent davantage à recruter. Si l’industrie régionale permet encore d’amortir le choc, la baisse observée en Côte-d’Or montre que le marché local de l’intérim reste exposé aux tensions économiques actuelles.
