La préfecture de Côte-d’Or annonce la poursuite d’investigations autour de plusieurs anciens sites industriels concernés par des pollutions historiques aux solvants chlorés. Ces contrôles s’inscrivent dans une action nationale de réexamen d’anciennes pollutions, à partir de l’historique des activités industrielles et de l’évolution des connaissances sur les substances concernées.
Utilisés par le passé pour le nettoyage et le décapage des métaux, le nettoyage de textiles ou encore comme diluants, les solvants chlorés sont aujourd’hui reconnus pour leur toxicité. Ces substances peuvent notamment se diffuser dans les eaux souterraines et migrer sous forme de gaz vers les bâtiments.
En Côte-d’Or, plusieurs sites industriels font l’objet d’un suivi particulier. Les pollutions concernées remontent à plus de vingt ans. Les investigations sont menées sous la responsabilité du dernier exploitant industriel, afin de vérifier l’absence d’impact sur les populations riveraines.
Des contrôles dans les sols, les eaux et les bâtiments
Les études engagées comprennent des diagnostics dans les sols et les eaux souterraines. Elles peuvent également conduire à la mise en place de plans de gestion de la pollution lorsque cela s’avère nécessaire.
Dans l’attente de résultats complets, les services de l’État imposent aux industriels des mesures préventives. Des campagnes d’analyses sont notamment réalisées dans les établissements sensibles situés à proximité des sites concernés, comme les écoles, les crèches ou les établissements recevant du public. L’objectif est de vérifier qu’il n’existe pas d’exposition particulière des occupants.
La préfecture souligne que ces études peuvent nécessiter des délais longs, en raison de leur complexité. Les collectivités territoriales concernées sont associées au suivi.
Trois sites concernés en Côte-d’Or
À Saint-Apollinaire, le site Kyocera fait l’objet de diagnostics préventifs depuis l’été 2024. Les analyses réalisées dans l’air ambiant des établissements sensibles situés à proximité ont mis en évidence des concentrations nettement inférieures aux valeurs sanitaires de référence pour l’ensemble des bâtiments contrôlés.
Toutefois, la présence de solvants chlorés dans les eaux souterraines aux abords du site conduit les services de l’État à étendre les investigations à d’autres bâtiments du secteur. Des essais pilotes de dépollution doivent également être engagés par l’exploitant au cours de l’année.
À Auxonne, l’ancien site TTD est également suivi. Les diagnostics préventifs menés depuis le printemps 2025 dans les établissements sensibles proches du site ont révélé des niveaux très inférieurs aux valeurs sanitaires de référence.
Concernant les eaux souterraines, aucun solvant chloré n’a été détecté sur le point de mesure existant à l’extérieur du site. Des investigations complémentaires seront toutefois lancées, avec la création de nouveaux points de mesure, afin de mieux préciser l’étendue de la pollution historique.
À Dijon, l’ancien site Initial BTB fera l’objet d’études et de diagnostics préventifs dans les prochains mois. La méthodologie retenue sera similaire à celle déjà appliquée sur les autres sites.
Un suivi dans la durée
Pour l’ensemble de ces sites, les analyses seront renouvelées régulièrement afin de confirmer les résultats dans le temps. Les services de l’État indiquent qu’ils communiqueront de manière régulière sur l’avancement des études et leurs conclusions.
La préfecture insiste sur le caractère préventif de ces démarches. Elles visent à garantir la protection des riverains, à vérifier l’absence d’exposition dans les lieux sensibles et à encadrer, si nécessaire, les actions de gestion ou de dépollution des sites concernés.
