La Ville de Dijon a pris un nouvel arrêté réglementaire relatif à la circulation des piétons et à certains aspects de la consommation de boissons alcoolisées sur le domaine public. Signé par la maire de Dijon, Nathalie Koenders, le 12 mai 2026, ce texte vient encadrer plus strictement certains comportements dans plusieurs rues, places et secteurs fréquentés de la ville. Si l’arrêté vise notamment la détention et la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique, son article 3 élargit sensiblement le champ des interdictions en s’attaquant à une autre problématique : l’occupation prolongée de l’espace public par des groupes de personnes, parfois accompagnées d’animaux ou d’effets personnels.
Dans ses considérants, la municipalité justifie cette décision par la nécessité d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle met également en avant les protestations de passants et d’habitants, ainsi que les rapports des services compétents, évoquant des comportements délictuels répétés, des faits de violence, du tapage, y compris nocturne, et des dépôts de détritus sur la voie publique. L’objectif affiché est donc de répondre à des situations qui, selon la Ville, portent atteinte à la tranquillité publique et à la sécurité des usagers.
L’arrêté interdit, dans un périmètre très large, la détention et la consommation de boissons alcoolisées appartenant aux groupes 2 à 5, tels que définis par le code de la santé publique. Cette interdiction concerne le domaine public et ses dépendances, à l’exception des espaces régulièrement occupés par les restaurants et débits de boissons disposant des autorisations administratives nécessaires. Elle s’applique tous les jours, jusqu’au 22 novembre 2026, de 12 heures à 2 heures du matin, puis de 7 heures à 12 heures. Autrement dit, la quasi-totalité de la journée et une partie importante de la nuit sont couvertes par cette réglementation.
Mais c’est surtout l’article 3 de l’arrêté qui retient l’attention. En complément de l’interdiction portant sur l’alcool, la Ville interdit également, dans les rues et places visées, le stationnement de piétons assis ou couchés, lorsqu’ils se trouvent en groupe de deux personnes ou plus, qu’ils détiennent ou consomment de l’alcool ou non. Le texte précise que cette interdiction s’applique aussi lorsque ces personnes sont accompagnées d’animaux, même tenus en laisse, ainsi qu’en cas de dépôt d’effets personnels sur l’espace public.
Cette disposition marque un durcissement notable, car elle ne se limite pas à la consommation d’alcool. Elle vise plus largement certaines formes de présence prolongée ou d’occupation de la voie publique. En pratique, cela signifie que des personnes installées au sol, assises ou couchées, en groupe, pourront être concernées par l’interdiction même si aucune boisson alcoolisée n’est consommée au moment du contrôle. La présence d’animaux ou d’affaires personnelles, souvent associée à des installations durables dans l’espace public, est également expressément mentionnée.
L’article 3 concerne aussi les équipements et aménagements mobiliers et immobiliers des points d’arrêt de bus urbains. La municipalité entend ainsi préserver l’usage normal des arrêts de bus, lieux de passage et d’attente pour les voyageurs, qui peuvent parfois devenir des points de rassemblement ou d’occupation prolongée. Pour les usagers des transports publics, cette mesure vise à garantir un accès plus fluide, plus sûr et plus confortable aux arrêts, notamment dans les secteurs les plus fréquentés.
Les interdictions prévues par l’article 3 s’appliquent dans les mêmes conditions que celles fixées à l’article 2, c’est-à-dire dans les rues, places et secteurs listés par l’arrêté, et selon les mêmes horaires. Le périmètre est particulièrement étendu. Il comprend notamment plusieurs rues du centre-ville de Dijon, comme la rue de la Liberté, la rue des Forges, la rue des Godrans, la rue Musette, la rue Piron, la rue Bossuet, l’avenue Foch, la rue Crébillon, la rue Berbisey, la place Bossuet, la place Darcy, la place Wilson, la place de la République, la place François-Rude, la place du Théâtre, ou encore les abords de secteurs commerciaux et de lieux de passage importants.
D’autres quartiers sont également concernés, notamment autour de l’avenue Garibaldi, du boulevard Mansart, de la rue d’Auxonne, de la rue de l’Hôpital, du Faubourg Raines, de la rue du Jardin des Plantes, de l’allée du Parc, de la rue de Talant, de la rue de Chenôve, de la rue Nelson-Mandela, du quai Nicolas-Rolin ou encore du quai des Carrières-Blanches. La liste figurant dans l’arrêté montre que la mesure ne cible pas uniquement l’hypercentre, mais plusieurs espaces publics identifiés par la Ville comme sensibles ou exposés à des troubles récurrents.
Pour la municipalité, il s’agit d’éviter que certaines rues, places ou équipements publics ne deviennent des lieux d’occupation prolongée, de regroupements problématiques ou de nuisances répétées. Le texte insiste sur la nécessité de maintenir la commodité de passage dans les rues, quais, places et voies publiques. Derrière cette formulation administrative, l’enjeu est concret : permettre aux piétons, riverains, commerçants, familles, usagers des transports et visiteurs de circuler sans entrave et de profiter normalement de l’espace public.
L’arrêté prévoit également des sanctions en cas de non-respect. Toute méconnaissance des dispositions peut constituer une infraction passible d’une amende de deuxième classe. Dans certains cas, notamment lorsque les faits comportent des risques d’atteinte à la sécurité publique, une amende de quatrième classe peut également être retenue. L’infraction peut être constatée pour chaque boisson détenue ou consommée, ainsi qu’à l’égard de chaque personne concernée par l’article 3. Le texte prévoit aussi la possibilité de confiscation de l’objet ayant servi ou étant destiné à commettre l’infraction.
Avec cet arrêté, la Ville de Dijon assume donc une ligne plus ferme sur l’occupation de l’espace public. L’article 3 en est le cœur le plus sensible, puisqu’il dépasse la seule question de l’alcool pour encadrer certains comportements de stationnement, d’installation ou de regroupement sur la voie publique. Il s’agit, selon la municipalité, d’un outil destiné à répondre à des troubles constatés et à préserver la tranquillité des habitants comme la sécurité des passants.
Reste que ce type de mesure touche à un équilibre délicat entre la préservation de l’ordre public, la liberté de circuler, l’usage partagé de l’espace public et la prise en compte de situations sociales parfois complexes. En mettant l’accent sur les groupes de personnes assises ou couchées, avec ou sans animaux, et sur les effets personnels déposés dans l’espace public, l’arrêté pourrait susciter des réactions contrastées. Pour certains riverains et commerçants, il répondra à une attente de tranquillité et de sécurité. Pour d’autres, il interrogera sur la manière de traiter durablement les phénomènes de précarité, d’errance ou de marginalité dans l’espace urbain.
Ce nouvel arrêté, applicable jusqu’au 22 novembre 2026, s’inscrit donc dans une volonté municipale de reprendre la main sur certains usages de la voie publique. À Dijon, les règles sont désormais clairement posées : dans de nombreux secteurs de la ville, les regroupements assis ou couchés, les installations avec effets personnels, la présence d’animaux dans ce contexte et l’occupation des arrêts de bus pourront faire l’objet de contrôles et de verbalisations.
