Tout au long du mois de juin, le CHU Dijon Bourgogne participera à Juin jaune, mois de sensibilisation et de dépistage des cancers cutanés. Dans un contexte de hausse constante du nombre de cancers de la peau en France, l’établissement dijonnais mettra l’accent sur la prévention, le repérage précoce, l’innovation médicale et l’accompagnement des patients.
Avec près de 100 000 cancers cutanés diagnostiqués chaque année en France, la prévention et le dépistage précoce s’imposent comme des enjeux majeurs de santé publique. Face à cette réalité, le CHU Dijon Bourgogne entend jouer pleinement son rôle d’établissement de recours, de soins, d’expertise et de sensibilisation. À l’occasion de Juin jaune 2026, plusieurs actions seront proposées au public, aux patients, à leurs proches et aux professionnels de l’établissement, afin de rappeler l’importance de la protection solaire et de l’autosurveillance de la peau.
Cette mobilisation s’inscrit dans une ambition plus large portée par le CHU Dijon Bourgogne : proposer à chaque patient une prise en charge dermatologique spécialisée, coordonnée, innovante et humaine, depuis le diagnostic jusqu’au suivi après traitement. L’établissement s’appuie pour cela sur des équipes expertes, mais aussi sur des technologies de pointe, associant imagerie de haute précision, intelligence artificielle et téléexpertise. L’objectif est clair : améliorer les parcours de soins, réduire les délais de diagnostic et proposer des traitements toujours plus adaptés.
Le soleil, pourtant associé aux loisirs, aux vacances et au bien-être, reste le principal facteur de risque des cancers cutanés. Une exposition excessive ou répétée fragilise la peau et peut favoriser l’apparition de lésions parfois plusieurs années plus tard. Le communiqué du CHU rappelle que la peau garde en quelque sorte la mémoire des expositions passées. Si les personnes à peau claire présentent davantage de facteurs de risques, personne n’est totalement à l’abri. Les cancers de la peau touchent aujourd’hui un nombre croissant de patients, ce qui rend indispensable une information régulière du grand public.
Quelques gestes simples permettent pourtant de limiter les risques. Il est recommandé d’éviter l’exposition au soleil entre 11h et 16h, de rechercher l’ombre dès que possible, de porter des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil, mais aussi d’appliquer une protection solaire adaptée en renouvelant régulièrement son application. Les enfants, particulièrement vulnérables, ne doivent pas être exposés au soleil. La crème solaire constitue une protection utile, mais elle ne doit jamais devenir un prétexte pour prolonger l’exposition.
Les chiffres rappelés par le CHU Dijon Bourgogne soulignent l’importance de ces messages de prévention. Plus de 80 % des cancers cutanés sont liés aux expositions aux ultraviolets. Les coups de soleil durant l’enfance augmentent le risque de mélanome à l’âge adulte. À l’inverse, lorsqu’ils sont détectés tôt, les cancers de la peau se soignent dans la majorité des cas. C’est pourquoi le CHU insiste sur la nécessité de développer les bons réflexes, dès le plus jeune âge, et de faire de la surveillance cutanée une habitude de santé.
Pour les équipes de dermatologie du CHU Dijon Bourgogne, l’autosurveillance est un levier essentiel. Chacun peut apprendre à observer sa peau, à repérer l’apparition d’une nouvelle tache, pigmentée ou non, ou à surveiller un grain de beauté qui change d’aspect. Une lésion qui grossit rapidement, saigne, gratte ou ne ressemble pas aux autres doit également attirer l’attention. Le repérage précoce repose souvent sur cette capacité à identifier un changement et à consulter rapidement en cas de doute.
La règle dite “ABCDE” constitue un outil simple pour reconnaître certains signes d’alerte : asymétrie, bords irréguliers, couleur non homogène, diamètre supérieur à 6 millimètres et évolution dans le temps. L’apparition d’un grain de beauté qualifié de “vilain petit canard”, parce qu’il ne ressemble pas aux autres lésions pigmentées présentes sur le corps, doit également conduire à la vigilance. En cas de doute, le CHU rappelle qu’il est important de consulter son médecin traitant, qui pourra orienter le patient vers un dermatologue si nécessaire.
Au-delà de la prévention, le CHU Dijon Bourgogne met en avant son expertise médicale et technologique. Le service de dermatologie dispose d’un plateau technique de haute précision dédié au diagnostic des cancers cutanés. Grâce à ces équipements, certains patients peuvent bénéficier d’un diagnostic plus rapide, sans recours systématique à une biopsie. Cette évolution permet de limiter certains gestes invasifs, de réduire les délais de prise en charge et d’améliorer le confort des patients.
Parmi les outils mobilisés figurent un dermatoscope numérisé, destiné notamment au suivi rapproché des patients à risques, ainsi qu’un microscope confocal capable d’analyser les lésions cutanées presque “cellule par cellule” sans prélèvement. Depuis 2025, le CHU dispose également d’un équipement de dernière génération, le LC-OCT, qui intègre un système d’intelligence artificielle pour affiner le diagnostic de certaines tumeurs cutanées. Ces technologies permettent d’identifier plus précocement les lésions suspectes, d’éviter certaines biopsies inutiles, de guider plus précisément les gestes chirurgicaux et d’assurer un suivi personnalisé grâce à l’archivage et à la comparaison des images.
Pour la docteure Géraldine Jeudy, cheffe du service dermatologie au CHU Dijon Bourgogne, ces investissements permettent des diagnostics plus rapides, plus précis et moins invasifs. Ils contribuent aussi à préparer des chirurgies plus ciblées et plus conservatrices. Un projet d’adossement de ce plateau technique à un bloc opératoire spécialisé est d’ailleurs en cours, avec l’objectif de réduire encore les délais de prise en charge chirurgicale.
Le CHU Dijon Bourgogne occupe également une place majeure dans l’organisation territoriale des soins. Établissement de recours sur les territoires de l’ex-Bourgogne et du Centre Sud Haute-Marne, il prend en charge des cancers cutanés complexes en lien étroit avec les dermatologues libéraux, les établissements publics et privés, ainsi qu’avec les différentes spécialités chirurgicales et oncologiques de l’hôpital. Cette organisation collaborative vise à proposer à chaque patient un parcours personnalisé, adapté à la nature de sa maladie et à sa situation.
Chaque semaine, une réunion de concertation pluridisciplinaire rassemble dermatologues, chirurgiens ORL, ophtalmologues, plasticiens, chirurgiens maxillo-faciaux, radiothérapeutes et anatomo-pathologistes. Près de 40 dossiers y sont étudiés chaque semaine. Ces échanges permettent de définir la stratégie de prise en charge la plus pertinente pour chaque patient, en croisant les expertises et en garantissant une décision médicale collective.
Le service de dermatologie peut s’appuyer sur trois dermatologues spécialisés en oncologie, deux infirmières coordinatrices dédiées à l’organisation et au suivi des parcours, ainsi qu’une équipe de soins de support mobilisée à chaque étape. Les infirmières de coordination jouent un rôle central. Elles assurent les consultations d’annonce, planifient les rendez-vous, suivent les patients à domicile et maintiennent le lien avec les professionnels de ville comme avec les aidants. Cette présence continue contribue à rendre les parcours plus lisibles et plus rassurants pour les patients.
Face à la diminution de la démographie médicale dans certains territoires, le CHU développe aussi la téléexpertise dermatologique. Ce dispositif permet aux médecins généralistes et aux établissements de santé de solliciter rapidement un avis spécialisé sécurisé auprès des équipes du CHU, notamment lorsqu’une lésion suspecte est repérée. Le centre de ressources en dermatologie porté par le CHU poursuit son développement au bénéfice de trois départements bourguignons : la Côte-d’Or, l’Yonne et la Nièvre.
La dynamique de la téléexpertise illustre son importance pour l’accès aux soins. Plus de 1 900 avis ont été rendus en 2025, avec 120 structures demandeuses. Le CHU projette près de 2 700 actes en 2026. Environ 25 à 30 % des patients ayant bénéficié d’une téléexpertise ont ensuite été orientés vers une prise en charge au CHU Dijon Bourgogne. Pour les équipes médicales, l’objectif est de réduire les pertes de chance liées aux délais diagnostiques, en permettant à chaque patient d’accéder plus rapidement à une expertise dermatologique spécialisée, quel que soit son lieu de vie.
La recherche clinique constitue un autre pilier de l’engagement du service de dermatologie. L’équipe est fortement impliquée dans l’oncologie cutanée, avec une coordinatrice de recherche clinique, deux infirmières de recherche clinique et deux attachés de recherche clinique. Le service participe à des essais industriels et académiques portant sur l’immunothérapie, les thérapies ciblées ou encore les traitements néoadjuvants proposés avant chirurgie. Lorsque la situation médicale le permet, les patients peuvent ainsi accéder à des innovations thérapeutiques récentes.
Cette implication scientifique dépasse le cadre local. Les dermatologues spécialisés en oncologie participent à plusieurs groupes nationaux de référence et registres français dédiés aux cancers cutanés rares et aux mélanomes. Cet engagement témoigne d’une volonté de partager les expertises, de contribuer aux avancées scientifiques et d’améliorer continuellement la prise en charge des patients.
Le CHU insiste aussi sur la dimension humaine du soin. Au-delà du traitement de la maladie, les équipes accordent une attention particulière à la qualité de vie et au bien-être des patients. Ceux-ci peuvent bénéficier d’un accompagnement global : suivi psychologique, appui des pharmaciens cliniciens, activité physique adaptée, accompagnement social et socio-esthétique. Depuis septembre 2025, le service s’est également renforcé avec l’arrivée d’un infirmier spécialisé en soins palliatifs et prise en charge de la douleur.
Le service joue par ailleurs un rôle de recours régional dans la prise en charge des toxicités cutanées et des réactions allergiques liées aux immunothérapies et aux chimiothérapies. L’enjeu est de maintenir les traitements lorsque cela est possible, tout en améliorant le confort des patients. Cette approche globale traduit une conception du soin qui ne se limite pas à traiter un cancer, mais prend en compte la personne dans toutes ses dimensions.
À compter du mois de juin 2026, le CHU déploiera également un nouveau dispositif de télésurveillance destiné aux patients atteints de cancers cutanés. Accessible depuis une application mobile, cet outil permettra aux patients de compléter des questionnaires de suivi et d’accéder à des contenus d’éducation thérapeutique depuis leur domicile. En cas d’alerte ou de difficulté signalée, l’équipe soignante pourra apporter une réponse rapide, par téléphone ou lors d’une consultation si nécessaire.
Ce dispositif viendra compléter les modalités classiques de prise en charge. Il vise à améliorer le suivi, à renforcer le lien entre les patients et les équipes soignantes, à prévenir certaines situations d’urgence et à accompagner les patients dans une meilleure compréhension de leur pathologie. Pour la docteure Géraldine Jeudy, la télésurveillance permet de maintenir un lien étroit avec les patients entre les consultations et d’intervenir plus rapidement en cas de fragilité ou d’alerte.
Dans le cadre de Juin jaune 2026, trois temps forts seront organisés au CHU Dijon Bourgogne. Le 2 juin, un stand d’information et de sensibilisation grand public sera installé dans le hall A de l’hôpital François-Mitterrand, de 11h à 15h. Les professionnels du CHU iront à la rencontre du public pour rappeler les bons réflexes de prévention, répondre aux questions et sensibiliser à l’autosurveillance cutanée.
Le 9 juin, des consultations de dépistage seront proposées aux professionnels du CHU. L’établissement souhaite ainsi prendre soin de ses propres agents, en ciblant notamment ceux qui présentent des facteurs de risques ou souhaitent bénéficier d’un avis spécialisé. Enfin, le 11 juin, un après-midi d’information et d’échanges sera organisé pour les patients atteints de cancer cutané suivis par le service de dermatologie, ainsi que pour leurs proches. Ces rendez-vous doivent permettre de renforcer la prévention, mais aussi de créer des temps de dialogue, de convivialité et d’écoute.
Après les actions menées dans le cadre de Mars Bleu autour du dépistage du cancer colorectal, Juin jaune confirme la volonté du CHU Dijon Bourgogne de rapprocher prévention, innovation, expertise médicale et accompagnement humain. À travers cette mobilisation, l’établissement rappelle que la lutte contre les cancers cutanés repose à la fois sur les comportements individuels, le dépistage précoce, l’accès à des technologies performantes et la qualité du lien entre les patients et les équipes soignantes.
Informations pratiques
Dans le cadre de Juin jaune 2026, le CHU Dijon Bourgogne organise plusieurs rendez-vous au mois de juin. Un stand d’information grand public se tiendra le 2 juin, de 11h à 15h, dans le hall A de l’hôpital François-Mitterrand. Des consultations de dépistage seront proposées aux professionnels du CHU le 9 juin. Un après-midi d’information et d’échanges destiné aux patients atteints de cancer cutané suivis par le service de dermatologie et à leurs proches aura lieu le 11 juin.
Site internet : https://www.chu-dijon.fr/actualite/cancer-de-la-peau
