C’est un scrutin interne qui pourrait peser sur l’avenir de la droite en Côte-d’Or. À partir de ce lundi 8 juin 2026, les adhérents des Républicains sont appelés à voter pour désigner le président de leur fédération départementale. Deux candidats sont en lice : François-Xavier Dugourd, président sortant, et Emmanuel Bichot, qui entend incarner une autre ligne et insuffler une nouvelle dynamique au mouvement.
Cette élection oppose deux profils bien identifiés. D’un côté, François-Xavier Dugourd représente la continuité. Président de la fédération LR de Côte-d’Or depuis plusieurs années, il dispose d’une implantation ancienne dans l’appareil départemental du parti et d’un réseau militant construit au fil du temps. De l’autre, Emmanuel Bichot, ancien candidat à la mairie de Dijon et figure de l’opposition municipale, veut bousculer les équilibres internes et proposer une nouvelle orientation à la fédération.
Le scrutin dépasse donc la simple désignation d’un responsable départemental. Il intervient dans un contexte politique local marqué par plusieurs mois de tensions, de recompositions et de débats stratégiques au sein de la droite dijonnaise et côte-d’orienne. La question posée aux adhérents est claire : faut-il maintenir le cap avec François-Xavier Dugourd, ou ouvrir une nouvelle séquence avec Emmanuel Bichot ?
Dans un article publié le 22 mai, Dijon Actualités évoquait déjà une confrontation importante entre le président sortant et Emmanuel Bichot. Nous évoquions alors qu’une victoire d’Emmanuel Bichot constituerait un changement majeur au sein de la fédération départementale, tandis que François-Xavier Dugourd pouvait s’appuyer sur son implantation interne et ses soutiens militants.
La campagne s’est progressivement structurée autour de deux lectures de la situation. Les partisans de François-Xavier Dugourd mettent en avant l’expérience, la stabilité et la connaissance de la fédération. À leurs yeux, le président sortant incarne une forme de solidité dans une période où la droite reste confrontée à de nombreux défis électoraux, aussi bien au niveau local que national.
Les soutiens d’Emmanuel Bichot défendent, eux, l’idée d’un renouvellement. Leur argument principal repose sur la nécessité de redonner de l’élan à la fédération, de mieux associer les militants et de préparer les prochaines échéances politiques avec une méthode différente. Dans cette logique, Emmanuel Bichot se présente comme le candidat d’une alternance interne plus que comme celui d’une rupture totale.
Cette volonté de changement a été illustrée ces derniers jours par le soutien affiché de Philippe Neyraud à Emmanuel Bichot. Dans un entretien accordé à Dijon Actualités, l’élu d’opposition à Chenôve expliquait avoir repris son adhésion aux Républicains pour participer à cette élection interne et apporter sa voix au candidat. Il y défendait l’idée d’une nouvelle énergie pour le mouvement, tout en reconnaissant que François-Xavier Dugourd avait été présent pour représenter LR dans des moments difficiles.
Ce soutien traduit aussi les interrogations d’une partie de la droite locale. Certains militants et élus estiment que la fédération doit davantage accompagner ses représentants sur le terrain, notamment dans les communes dirigées par la gauche. D’autres redoutent qu’une campagne interne trop clivante laisse des traces dans un parti qui devra, une fois le scrutin passé, se rassembler rapidement.
Car au-delà du face-à-face entre deux hommes, c’est bien l’unité de la droite côte-d’orienne qui sera observée. Les Républicains sortent d’une séquence municipale intense à Dijon, où les questions d’alliance, de stratégie et de leadership ont déjà fortement animé la vie politique locale. Emmanuel Bichot avait été investi par LR pour conduire la liste de la droite aux municipales à Dijon, après plusieurs mois de discussions et de recompositions.
Dans ce contexte, l’élection interne prend une dimension symbolique. Elle dira si les adhérents souhaitent prolonger l’organisation actuelle autour de François-Xavier Dugourd, ou confier les clés de la fédération à Emmanuel Bichot, dans l’espoir d’ouvrir une nouvelle étape. Les deux candidats savent que le résultat sera scruté bien au-delà du cercle des adhérents LR.
Le calendrier est désormais très resserré. Après la publication de la liste officielle des candidats le 19 mai, la campagne interne s’est ouverte le 20 mai. Le corps électoral a été gelé le 26 mai, afin d’arrêter la liste des adhérents autorisés à participer au vote. Les codes de vote ont été envoyés par courriel aux adhérents le samedi 6 juin, avec le lien d’accès à la plateforme de vote en ligne.
Le premier tour se déroule du lundi 8 juin à 10 heures jusqu’au mardi 9 juin à 18 heures. Si aucun candidat ne l’emporte dès ce premier tour, un second tour est prévu du mercredi 10 juin à 18 heures au jeudi 11 juin à 18 heures. Les militants LR de Côte-d’Or disposent donc de quelques heures pour trancher une élection qui pourrait redéfinir les équilibres internes du parti.
À l’issue du vote, le vainqueur devra immédiatement relever un double défi : rassembler une fédération divisée par la campagne et préparer les prochaines échéances politiques. Dans un paysage local où la droite cherche encore son positionnement, la présidence des Républicains de Côte-d’Or constitue un poste stratégique. Continuité ou changement de cap : les adhérents ont désormais la main. Leur choix dira quelle direction la droite républicaine côte-d’orienne veut prendre pour les mois à venir.
