La Fédération Étudiante de Bourgogne Inter-Associative a élu une nouvelle équipe lors de son congrès de passation. Portée par Eurielle Badet, la mandature entend poursuivre le travail de représentation des étudiant·es bourguignon·nes, avec un premier dossier prioritaire : la publication prochaine d’un rapport sur la santé mentale étudiante.
La FEBIA, Fédération Étudiante de Bourgogne Inter-Associative, ouvre une nouvelle page de son histoire. Réunie lors de son congrès de passation, samedi 30 mai, l’organisation étudiante bourguignonne a renouvelé son bureau et validé une nouvelle feuille de route. La liste candidate, intitulée « Se mobiliser, innover et agir pour un avenir engagé », a été élue à l’unanimité par les associations adhérentes et les bénévoles présents.
Ce temps démocratique marque à la fois la fin d’un mandat et le début d’une nouvelle dynamique. Pour le bureau sortant, ce congrès a constitué un moment fort, chargé d’émotion, au terme d’une année de mobilisation associative. Pour la nouvelle équipe, il s’agit désormais de prendre le relais, de faire vivre les valeurs de la fédération et de porter la voix des étudiant·es auprès des institutions universitaires, du CROUS, des collectivités et des partenaires du territoire.
À la tête de cette nouvelle mandature, les membres de la FEBIA ont accordé leur confiance à Eurielle Badet, ancienne présidente de la CESID, la Corporation des Étudiant·es en Sciences Infirmières de Dijon. Son élection s’inscrit dans une volonté de continuité, mais aussi d’approfondissement des engagements de la fédération autour de la défense des droits étudiants, de la solidarité, de la lutte contre la précarité et de l’amélioration des conditions de vie et d’études.
Fondée sur un modèle inter-associatif, la FEBIA occupe aujourd’hui une place importante dans la vie étudiante bourguignonne. Elle fédère des associations issues de différentes filières, de différents campus et de différents territoires. Son action ne se limite pas à la représentation institutionnelle : elle se déploie également dans l’aide sociale, l’événementiel, la formation des responsables associatifs, l’accompagnement des étudiant·es en difficulté et la production d’informations à destination du public étudiant.
Cette nouvelle équipe entend donc poursuivre un travail déjà engagé sur plusieurs fronts. La FEBIA porte notamment des actions en faveur des étudiant·es précaires à travers son AGORAé, une épicerie sociale et solidaire destinée aux étudiant·es, mais aussi à travers les paniers de légumes et de fromages, pensés pour favoriser l’accès à une alimentation plus abordable et plus responsable. Elle anime également un média étudiant, La Voix des Étudiant·es, qui donne une place à l’actualité universitaire, aux informations pratiques, à la culture et aux témoignages.
Le nouveau bureau se veut à l’image de cette diversité d’actions. Autour d’Eurielle Badet, présidente, Line Comte assurera la vice-présidence générale. Paul Mathey sera premier vice-président en charge de la formation, tandis que Hajar Haftari occupera le rôle de porte-parole en charge de la stratégie électorale. Noémie Lanternier devient secrétaire générale et Alix Molinet trésorier.
L’équipe comprend également plusieurs responsables chargés des grands pôles d’activité de la fédération. Agathe Bichebois sera vice-présidente en charge de l’AGORAé, Corentin Antinori vice-président en charge de l’événementiel, Gédéon Komotir vice-président en charge du réseau et Alex Gressel vice-président en charge de la communication. Lia Godinho prendra en charge les affaires académiques, tandis que Carla Duchemin sera vice-présidente en charge des affaires sociales à Nevers, confirmant la volonté de la FEBIA d’agir au-delà du seul campus dijonnais.
L’AGORAé occupera une place centrale dans cette mandature, avec plusieurs missions dédiées. Kaouther Zakkour sera chargée de mission gestion des stocks. Thiziri Rahali, Anfal Boumechra et Sonia Tahi seront chargées de mission accueil social, tandis que Mouna Sonia sera chargée de mission ressources humaines au sein de l’épicerie sociale et solidaire. Cette structuration témoigne de l’importance accordée par la fédération à l’accompagnement concret des étudiant·es confronté·es à la précarité.
Le bureau comptera aussi des responsables chargés de projets spécifiques. Lukas Dutaud sera rédacteur en chef de La Voix des Étudiant·es. Hugo Bailleux sera chargé de mission du FEB’Esports. Victor Andrillon prendra la vice-présidence en charge des paniers, accompagné de Chloé Mougeot, Emma Blenet et Jeanne Guibet, toutes trois chargées de mission paniers. Ce pôle traduit la volonté de la fédération de continuer à développer des solutions de terrain pour répondre aux difficultés alimentaires rencontrées par une partie du public étudiant.
Mais le premier grand dossier politique de cette nouvelle mandature sera la santé mentale étudiante. La FEBIA annonce la publication prochaine d’un rapport consacré à ce sujet, attendu dans les semaines à venir. Ce document doit rassembler des analyses approfondies, des constats issus du terrain, mais aussi des recommandations et des pistes d’actions concrètes.
Ce rapport s’appuie sur une enquête d’ampleur menée auprès des étudiant·es dijonnais·es. Plus de 1 200 réponses ont été recueillies dans des filières variées, parmi lesquelles le campus paramédical, l’IAE, l’INSPE, les sciences humaines et sociales, ainsi que d’autres formations. Cette diversité de répondant·es doit permettre de mieux comprendre la manière dont les difficultés psychologiques traversent l’ensemble du monde étudiant, au-delà d’un seul secteur ou d’une seule composante universitaire.
Les premiers résultats évoqués par la FEBIA sont préoccupants. Près de 40 % des étudiant·es interrogé·es déclarent être en situation d’anxiété. Plus de 10 % présenteraient des signes de dépression. Ces chiffres, que la fédération entend détailler dans son rapport, confirment l’ampleur d’un malaise déjà largement ressenti dans les établissements d’enseignement supérieur : fatigue, isolement, pression académique, difficultés financières, inquiétudes face à l’avenir et sentiment de perte de repères.
La méthodologie de l’enquête est également mise en avant par la fédération. Les réponses ont été collectées directement sur les lieux d’études, notamment lors d’interventions en amphithéâtre. Ce choix permet d’aller au contact des étudiant·es, y compris de celles et ceux qui ne répondraient pas spontanément à une enquête en ligne ou qui ne fréquenteraient pas nécessairement les espaces militants et associatifs. Les données ont ensuite été exploitées en collaboration avec une chercheuse basée à l’Université Bourgogne Europe.
Pour la FEBIA, la santé mentale ne peut être séparée des conditions concrètes d’études. Les premiers éléments de l’enquête font ressortir de fortes inquiétudes liées à la dégradation du quotidien étudiant. La précarité financière, le coût de la vie, les difficultés d’accès au logement, les charges de travail, l’incertitude sur l’insertion professionnelle ou encore l’accès parfois complexe aux soins constituent autant de facteurs susceptibles de peser sur l’état psychologique des étudiant·es.
À ces difficultés individuelles et matérielles s’ajoute un contexte plus large, décrit comme anxiogène par de nombreux jeunes. La FEBIA évoque un environnement social, économique, politique et environnemental qui pèse sur les représentations de l’avenir. Crise climatique, tensions internationales, instabilité politique, inflation, sentiment de déclassement ou inquiétude face à l’emploi : ces éléments ne restent pas extérieurs à la vie universitaire. Ils s’invitent dans les amphithéâtres, dans les logements étudiants, dans les associations et dans les parcours de formation.
En mettant la santé mentale au centre de sa nouvelle mandature, la FEBIA entend donc dépasser le simple constat. Le futur rapport devrait servir d’outil de plaidoyer auprès des institutions. L’objectif sera de formuler des recommandations capables de nourrir les politiques universitaires et territoriales : amélioration de l’accès à l’accompagnement psychologique, renforcement de la prévention, meilleure prise en compte de la précarité, adaptation des dispositifs d’aide, développement d’espaces d’écoute et construction d’une réponse collective.
Cette orientation s’inscrit dans un paysage universitaire où les besoins d’accompagnement sont de plus en plus visibles. À l’Université Bourgogne Europe, le Service de santé étudiante et la cellule bien-être proposent déjà des dispositifs d’écoute, de prévention et d’accompagnement. Mais pour les organisations étudiantes, ces réponses doivent être renforcées, mieux connues et davantage articulées avec les réalités du terrain.
Le rôle de la FEBIA sera aussi de faire remonter la parole des étudiant·es dans les instances. La fédération souhaite défendre les droits du public étudiant et construire un environnement d’étude plus juste, plus solidaire et plus durable. Cette ambition suppose un dialogue constant avec l’université, les composantes, les services de santé, les associations de filière, les élu·es étudiant·es et les acteurs sociaux du territoire.
La nouvelle mandature devra également maintenir l’équilibre entre représentation politique et action de terrain. C’est l’une des particularités de la FEBIA : porter des revendications tout en organisant des projets concrets. L’AGORAé, les paniers alimentaires, les événements étudiants, les formations associatives, le média étudiant ou encore le développement du réseau sont autant de leviers qui permettent à la fédération d’intervenir directement dans le quotidien des jeunes.
L’enjeu est d’autant plus important que les associations étudiantes jouent souvent un rôle de premier recours. Elles repèrent les difficultés, orientent vers les bons interlocuteurs, créent du lien social et permettent parfois de rompre l’isolement. Dans un contexte où beaucoup d’étudiant·es hésitent à demander de l’aide ou ne savent pas vers qui se tourner, le tissu associatif peut devenir un maillon essentiel de prévention et d’accompagnement.
Avec la liste « Se mobiliser, innover et agir pour un avenir engagé », la FEBIA affiche donc une ligne claire. La mobilisation renvoie à la défense collective des étudiant·es. L’innovation traduit la volonté d’inventer de nouvelles réponses aux problèmes sociaux, académiques et psychologiques. L’action, enfin, rappelle que la fédération entend rester une structure de terrain, tournée vers des résultats concrets.
Le renouvellement du bureau intervient ainsi à un moment charnière. Les attentes sont fortes, notamment autour de la santé mentale, de la précarité et des conditions d’études. Les étudiant·es expriment un besoin de reconnaissance, d’écoute et de solutions durables. La FEBIA veut faire de cette mandature un temps de réponse à ces difficultés, en s’appuyant sur ses associations adhérentes et sur l’expérience de ses bénévoles.
Pour Eurielle Badet et son équipe, le défi sera de transformer cette légitimité démocratique en capacité d’action. L’élection à l’unanimité donne un signal fort : les associations adhérentes confient à ce nouveau bureau la responsabilité de poursuivre le travail engagé, tout en ouvrant de nouveaux chantiers. Le rapport sur la santé mentale constituera probablement le premier test politique de cette nouvelle séquence.
À travers cette mandature, la FEBIA réaffirme une conviction : la vie étudiante ne peut pas être réduite aux cours, aux examens et aux diplômes. Elle dépend aussi de la santé, du logement, de l’alimentation, de l’accès aux droits, du lien social, de la capacité à se projeter et du sentiment d’être entendu. C’est sur l’ensemble de ces dimensions que la fédération entend agir.
En Bourgogne, la nouvelle équipe veut donc porter une parole étudiante à la fois combative et constructive. Face à l’anxiété, à la précarité et aux incertitudes, elle défend une réponse collective. Sa mandature s’ouvre sur une promesse : se mobiliser, innover et agir pour que les étudiant·es puissent étudier dans un environnement plus juste, plus solidaire et plus durable.
