Depuis le 1er juin 2026, la revalorisation du SMIC horaire de 2,41 %, soit 44 euros bruts supplémentaires par mois, a provoqué une nouvelle tension dans le secteur sanitaire, social et médico-social associatif à but non lucratif. Dans un communiqué, l’intersyndicale CGT-CFDT de l’association Acodège dénonce une situation jugée alarmante : celle de salariés qualifiés, parfois expérimentés, dont les rémunérations conventionnelles se retrouvent désormais inférieures au salaire minimum légal.
Pour les syndicats, cette hausse du SMIC, qui devrait normalement traduire une avancée sociale, met surtout en lumière le blocage des grilles salariales dans plusieurs conventions collectives du secteur. En cause notamment : une valeur du point maintenue à 3,93 euros brut, considérée comme insuffisante par l’intersyndicale. Cette stagnation, selon la CGT et la CFDT, conduit à un tassement général des rémunérations et remet en cause la reconnaissance de l’ancienneté, de l’expérience et de la technicité des professionnels.
L’intersyndicale estime que des pans entiers des classifications professionnelles sont aujourd’hui « écrasés » par le salaire minimum. Des salariés ayant cinq, neuf ou treize ans d’ancienneté peuvent ainsi se retrouver, dans les grilles conventionnelles, sous le niveau du SMIC. Leur rémunération n’est maintenue au minimum légal que grâce à une indemnité différentielle, un mécanisme que les syndicats jugent artificiel et révélateur d’un profond déclassement.
Dans leur communiqué, la CGT et la CFDT rappellent qu’en vingt ans, le SMIC a progressé de 84,56 %, soit quatre fois plus que les salaires dans plusieurs branches du secteur, parmi lesquelles la CCNT 66/CHRS, la CCNT 65, la CCN 51, la Croix-Rouge française ou encore la branche de l’aide à domicile. Pour les représentants syndicaux, cette évolution traduit une paupérisation progressive des métiers du soin, de l’accompagnement social et médico-social.
Au-delà de la question salariale, les syndicats alertent sur les conséquences concrètes pour les établissements et les personnes accompagnées. Le manque d’attractivité des métiers entraîne, selon eux, des difficultés de recrutement, de nombreux postes restant vacants. Cette situation accroît la charge de travail des professionnels en poste, favorise l’épuisement des équipes et risque de dégrader la qualité de l’accompagnement des publics fragilisés.
« Si le SMIC augmente, mais que nos grilles ne s’adaptent pas, c’est la reconnaissance de nos métiers qui baisse », résume l’intersyndicale. Les syndicats rappellent que les salariés du secteur restent mobilisés au quotidien, souvent 24 heures sur 24, pour accompagner les personnes les plus vulnérables.
Face à ce qu’elle qualifie de politique d’asphyxie financière et de refus de reconnaissance, l’intersyndicale CGT-CFDT appelle l’ensemble des salariés de l’association Acodège à se mobiliser devant leurs établissements le jeudi 25 juin 2026, de 13 h 30 à 14 h 30.
Les revendications portent sur une augmentation générale des salaires, des moyens adaptés aux besoins des secteurs social et médico-social, la défense des droits collectifs, le maintien de tous les emplois et l’embauche sur les postes nécessaires. Les syndicats demandent également le maintien de l’ensemble des services, établissements et associations, ainsi que l’arrêt des coupes budgétaires.
