Le cycle internationaliste Auxois-Dijon organise, vendredi 26 juin à Dijon, une soirée de soutien au réseau internationaliste Les Peuples Veulent. Intitulée « Bal Folk to Techno », cette soirée se tiendra de 20 h à 3 h à l’Espace autogéré des Tanneries, situé au 35 rue des Ateliers à Dijon. L’entrée se fera à prix libre, avec une adhésion de 2 euros. Pensée comme un moment de fête, de rencontres et de solidarité, elle mêlera musiques traditionnelles, électro, hardcore et infokiosque autour des luttes internationales.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du cycle internationaliste lancé depuis plusieurs mois à Dijon et dans l’Auxois. Plusieurs discussions ont déjà été organisées autour de luttes menées au Maroc, en Kanaky, en Iran et dans d’autres territoires. Pour les organisateurs et organisatrices, cette soirée apparaît comme une suite logique : répondre localement à l’appel à solidarité du réseau Les Peuples Veulent, tout en contribuant à renforcer des dynamiques internationalistes à Dijon et dans ses environs.
Le réseau Les Peuples Veulent rassemble des collectifs, organisations et lieux à travers le monde autour d’une même idée : construire un internationalisme « par le bas ». Cette approche se distingue d’une solidarité fondée sur les intérêts des États ou des grandes institutions. Elle met au centre les peuples, leurs luttes, leurs besoins concrets et leurs formes d’entraide, y compris dans les contextes de guerre, de crise politique, de répression ou de soulèvement. Le mot d’ordre porté par le réseau résume cette orientation : « Seuls les peuples sauvent les peuples. »
La soirée dijonnaise a notamment pour objectif de soutenir le projet Mujawara, qui signifie « voisinage » en arabe. Ce projet vise à créer des liens d’entraide entre des lieux physiques situés dans différents pays, afin de renforcer des espaces autonomes, révolutionnaires et solidaires. Tout au long du mois de juin, des événements similaires sont organisés dans de nombreuses villes, de Mexico à Berlin, de Nantes à Taipei, de Nouméa à Damas. Les fonds récoltés doivent permettre la création et le soutien de deux lieux liés au réseau Les Peuples Veulent.
Le premier de ces lieux sera implanté en Syrie. Il s’inscrira dans l’héritage de la révolution commencée en 2011, en particulier dans sa dimension civile, tout en affirmant une opposition au régime actuellement en place. Le second sera porté par la diaspora soudanaise, dans la continuité des comités de résistance issus de la révolution soudanaise. Ces deux espaces auront vocation à accueillir des activités politiques, culturelles et sociales, mais aussi des formations agricoles et féministes. Ils serviront également de lieux d’accueil, de rencontre et de mise en lien avec des camarades internationalistes.
La programmation musicale de la soirée du 26 juin reflète cette volonté de mêler fête populaire et soutien politique. Le groupe Le Bal est Cool, quatuor issu de l’Engence, proposera un bal traditionnel autour de la vielle à roue, du violon, de la cornemuse et du tambourin à corde, avec un répertoire inspiré du Morvan et de l’Auvergne. Gros Sabot prendra ensuite le relais avec un set électro travaillé à partir de textures électroniques et de collectages de chanteurs et chanteuses de musiques populaires du Poitou. La soirée se poursuivra avec DJ Plaisir, entre happy hardcore et frappe dijonnaise, puis Néhèmia, orienté hardcore gabber.
Tout au long de la soirée, une table de presse et un infokiosque permettront de découvrir des informations sur différentes luttes à l’international. Un grignotage, notamment autour de falafels, sera également proposé. Les organisateurs rappellent que le paiement par carte bancaire ne sera pas possible et invitent donc les participant·es à venir avec de l’argent liquide.
Un second événement, présenté comme « jumeau », aura lieu quelques jours plus tard dans l’Auxois, le samedi 4 juillet, à La Brasse à Vitteaux. Cette journée de fête, de rencontres et de partage poursuivra le même objectif : affirmer une solidarité concrète avec les peuples en lutte et participer à la collecte de fonds pour les deux lieux portés par le réseau. Elle sera aussi l’occasion d’échanger autour de la construction d’un internationalisme ancré dans les réalités vécues, loin des logiques d’État ou des intérêts économiques des multinationales.
À travers ces deux rendez-vous, les organisateurs souhaitent faire vivre localement une solidarité transnationale. De Dijon à Vitteaux, ils entendent participer à un mouvement plus large, composé d’une cinquantaine d’événements organisés ce printemps dans plusieurs villes du monde. Pour les habitant·es de l’Auxois, le cycle internationaliste Auxois-Dijon, La Brasse et la Quincaillerie, il s’agit autant de soutenir des lieux menacés par la guerre, les déplacements forcés et la répression que de créer, ici, des espaces de rencontre, de discussion et de fête.

