À l’appel de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs, une mobilisation est organisée mardi 30 juin 2026 partout en France. À Dijon, les professionnels de FMJI Côte-d’Or se rassembleront à 10 heures devant la préfecture pour alerter sur l’avenir de leur profession.
Les mandataires judiciaires à la protection des majeurs exerçant à titre individuel se mobilisent. Mardi 30 juin 2026, ces professionnels, souvent peu connus du grand public, organiseront des rassemblements devant les préfectures dans plusieurs villes de France. À Dijon, l’association FMJI Côte-d’Or donne rendez-vous à 10 heures devant la préfecture.
Cette mobilisation nationale est lancée à l’appel de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs. Elle vise à alerter les pouvoirs publics sur la fragilisation d’une profession pourtant essentielle dans l’accompagnement des personnes vulnérables. En France, près de 2 000 professionnels exercent cette mission au quotidien.
Les mandataires judiciaires à la protection des majeurs interviennent lorsqu’une personne majeure n’est plus en mesure de défendre seule ses intérêts, en raison d’une altération de ses facultés mentales ou physiques. Désignés par les magistrats, ils accompagnent des personnes placées sous sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle. Leur action concerne notamment des personnes âgées isolées, des personnes en situation de handicap, des personnes souffrant de troubles psychiques ou encore des personnes en grande précarité.
Leur rôle dépasse largement la seule gestion administrative. Les MJPMi assurent une mission à la fois juridique, budgétaire, patrimoniale et humaine. Ils doivent protéger les droits des personnes accompagnées, sécuriser leur situation, prévenir les ruptures de parcours et permettre, autant que possible, l’exercice de leur citoyenneté. Une mission de proximité qui s’exerce souvent dans des situations complexes et sensibles.
Mais la profession estime aujourd’hui ne plus disposer des moyens suffisants pour continuer à exercer dans de bonnes conditions. Au cœur des revendications figure la question de la rémunération, qui n’a pas été revalorisée depuis 2014. Le coût de référence est actuellement fixé à 142,95 euros par mesure et par mois. Or ce montant ne correspond pas à une rémunération nette : il doit aussi couvrir les charges de fonctionnement des cabinets, les déplacements, les assurances, les logiciels professionnels, le matériel informatique, la téléphonie, la comptabilité, les charges sociales ou encore les salaires d’éventuels assistants.
Face à cette situation, la FNMJI demande au Gouvernement un premier geste d’urgence : porter ce coût de référence à 150 euros par mesure. Pour la fédération, cette mesure ne constituerait pas un rattrapage complet du décrochage subi depuis plus de dix ans, mais elle représenterait un signal concret de reconnaissance envers une profession indispensable.
Les mandataires judiciaires indépendants alertent également sur les conséquences à plus long terme. Difficultés de recrutement, perte d’attractivité, tensions financières, cessations d’activité : selon la profession, les signaux d’alerte se multiplient. Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population, l’isolement croissant de certaines personnes âgées et la complexification des situations sociales, les besoins de protection juridique devraient continuer à augmenter.
À Dijon, le rassemblement devant la préfecture doit permettre aux professionnels de Côte-d’Or de témoigner de leur réalité de terrain et d’interpeller les représentants de l’État. Les organisateurs souhaitent faire entendre une alerte sans bloquer, mais en rappelant que la protection juridique des majeurs constitue un maillon essentiel de la solidarité nationale.
Le rendez-vous est donc fixé mardi 30 juin 2026, à 10 heures, devant la préfecture de Dijon. Les membres de FMJI Côte-d’Or y seront présents pour échanger sur leur mission auprès des majeurs protégés et sur les difficultés qui pèsent aujourd’hui sur l’avenir de leur profession.
