Face à un épisode climatique exceptionnel, l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté a relevé le niveau de mobilisation du système de santé après l’activation, au niveau national, de la phase 3 du plan ORSAN EPICLIM. Tous les départements de la région restent classés en vigilance rouge.
Le système de santé régional passe à un niveau supérieur de mobilisation face à la canicule. Dans un communiqué publié vendredi 26 juin 2026 à Dijon, l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté annonce le renforcement de l’organisation sanitaire régionale, après l’activation par le Premier ministre de la phase 3 du plan ORSAN EPICLIM.
Cette décision intervient alors que l’ensemble des départements de Bourgogne-Franche-Comté restent classés en rouge. L’ARS appelle donc chacun à la vigilance, alors que la chaleur exceptionnelle continue de peser sur les habitants, les établissements de santé, les services médico-sociaux et les professionnels de ville.
Le passage au niveau 3 du plan ORSAN EPICLIM, décidé le 25 juin à l’échelle nationale, marque une étape importante. Il ne s’agit plus seulement d’une phase de surveillance et d’anticipation, mais bien d’une phase de gestion de crise. L’objectif est d’adapter l’organisation du système de santé à une situation climatique durable et intense.
En Bourgogne-Franche-Comté, plusieurs indicateurs témoignent d’une augmentation de l’activité de soins. Selon les données de Santé publique France citées par l’ARS, le nombre de passages aux urgences pour des pathologies en lien avec la chaleur a été multiplié par plus de deux entre le 19 et le 25 juin. Ce chiffre illustre la pression croissante exercée par la canicule sur les services hospitaliers.
Une cellule régionale de crise est désormais en place au sein de l’Agence régionale de santé. La directrice générale de l’ARS, Mathilde Marmier, avait déjà réuni une première fois les représentants des établissements de santé, des structures médico-sociales et des professionnels de ville le 24 juin. Une nouvelle réunion d’échanges s’est tenue ce vendredi 26 juin avec l’ensemble de ces acteurs.
L’ARS souligne l’engagement des personnels mobilisés depuis le début de l’épisode caniculaire. Soignants, équipes hospitalières, professionnels du médico-social, médecins de ville, services d’urgence et acteurs associatifs sont appelés à coordonner leurs actions afin d’assurer la continuité des soins et la prise en charge des personnes les plus vulnérables.
Plusieurs leviers sont déjà activés. L’ARS évoque notamment le renforcement de la régulation médicale grâce à l’appui d’étudiants et au financement de lignes supplémentaires. Le recours à l’hospitalisation à domicile est également mobilisé, tout comme la médecine de ville et les établissements de santé privés.
Dans certains établissements, la Croix-Rouge et la Protection civile interviennent déjà en appui des soignants auprès des patients. Leur présence doit permettre de renforcer l’accompagnement sur le terrain, notamment dans les situations où les équipes hospitalières sont fortement sollicitées.
Le suivi des situations hospitalières est assuré de manière resserrée par l’ARS, à l’échelle de chacune de ses directions territoriales. Ces dernières peuvent organiser, selon les besoins, des cellules locales d’information et d’échanges. L’objectif est de suivre au plus près l’évolution de la situation dans chaque territoire et d’adapter les réponses en fonction des besoins locaux.
Les directions territoriales de l’ARS travaillent également en lien étroit avec les conseils départementaux pour suivre la situation dans les établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes âgées ou en situation de handicap. Ces publics sont particulièrement exposés aux effets de la chaleur et nécessitent une vigilance renforcée.
L’ARS indique aussi que des difficultés matérielles peuvent apparaître dans les établissements, notamment sur les équipements ou les infrastructures, en raison de l’enchaînement de températures exceptionnelles. Ces difficultés sont prises en compte par l’Agence, qui accompagne les établissements afin de trouver des solutions immédiates.
Pour répondre aux besoins urgents de rafraîchissement des services hospitaliers, la ministre de la Santé a annoncé le déblocage d’une enveloppe exceptionnelle de 100 millions d’euros à l’échelle nationale. Cette somme doit pouvoir être mobilisée sans délai pour l’achat de matériel.
Au-delà de la mobilisation des professionnels, l’ARS rappelle que la prévention reste essentielle. Les consignes s’adressent à toute la population, et pas seulement aux personnes fragiles. En période de forte chaleur, chacun peut être exposé à un risque de déshydratation, de malaise ou de coup de chaleur.
L’Agence régionale de santé recommande de rester au frais, chez soi ou dans un lieu rafraîchi, de boire régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif, de se mouiller le corps, de fermer les volets et les fenêtres en journée, puis d’aérer la nuit. Elle conseille également de privilégier les activités douces, sans effort, de manger frais, équilibré et en quantité suffisante, et d’éviter l’alcool.
L’ARS insiste aussi sur l’importance de prendre des nouvelles de ses proches et des personnes les plus fragiles, en particulier lorsqu’elles sont isolées. Personnes âgées, personnes malades, personnes en situation de handicap, jeunes enfants ou travailleurs exposés à la chaleur doivent faire l’objet d’une attention particulière.
En cas de malaise, il faut appeler le 15. Le numéro vert Canicule info service est également accessible au 0800 06 66 66, de 9h à 19h. L’appel est gratuit depuis la France métropolitaine.
Avec ce passage au niveau 3 du plan ORSAN EPICLIM, la Bourgogne-Franche-Comté entre donc dans une phase de mobilisation sanitaire renforcée. L’ARS, les préfectures, les établissements de santé, les structures médico-sociales et les professionnels de ville sont désormais engagés dans une gestion de crise destinée à protéger la population et à maintenir la capacité du système de santé face à une canicule exceptionnelle.
