Alors que la piscine municipale de Chenôve est fermée pour deux mois de travaux, en pleine période estivale et pendant les vacances scolaires, une habitante d’une résidence gérée par le bailleur social Orvitis a décidé de prendre les choses en main. Mme Buzzetti a installé une piscine dans les espaces verts communs de sa résidence afin de permettre à ses enfants, mais aussi à ceux du bâtiment, de se rafraîchir.
Dans un contexte de fortes chaleurs, cette fermeture municipale tombe particulièrement mal pour les familles qui ne partent pas en vacances et dont les enfants comptaient profiter de la piscine durant l’été. Pour Mme Buzzetti, la décision a été rapide. Elle explique : « Quand j’ai appris que la piscine de Chenôve était fermée, j’ai demandé à mon conjoint d’aller acheter une piscine. »
La piscine achetée ne pouvant pas être installée sur son balcon, elle a finalement été placée en bas de l’immeuble, dans les espaces verts communs. « Il a acheté une piscine, mais elle était trop grande pour être installée sur le balcon. Je l’ai donc mise en bas, tout simplement. Puis j’ai dit : “Comme ça, les autres enfants du bâtiment pourront aussi profiter de la piscine” », raconte Mme Buzzetti.
Installée depuis le 10 juin 2026, cette piscine est donc devenue, pour plusieurs enfants de la résidence, un point de fraîcheur improvisé. « Oui, les appartements, c’est une vraie fournaise, on ne peut pas se rafraîchir », souligne Mme Buzzetti, qui affirme avoir agi aussi en réaction à la fermeture de la piscine municipale.
À la question de savoir si cette installation était aussi une forme de colère, elle répond : « Un peu oui aussi, parce que mes enfants ont l’abonnement piscine, donc j’ai payé l’abonnement piscine, mais pendant deux mois, ils n’ont pas accès à la piscine ! Moi, j’ai dit : je prends les choses en main, je mets une piscine. »
Mais l’initiative n’a pas été du goût du bailleur social. Selon Mme Buzzetti, Orvitis lui a adressé un courrier recommandé lui demandant de retirer la piscine. « Orvitis m’a envoyé une lettre recommandée en disant qu’il fallait que j’enlève ma piscine », explique-t-elle. Interrogée sur les suites possibles, elle ajoute : « Sinon, ça va plus haut. »
Pour autant, la locataire assure ne pas vouloir retirer l’installation. « Je n’enlève pas la piscine », affirme-t-elle clairement. Elle indique également avoir lancé une pétition auprès des habitants afin de savoir si la piscine gênait ou non les locataires. « J’ai fait une pétition pour savoir si ma piscine gênait ou pas. J’ai recueilli douze signatures pour le moment », précise-t-elle. Selon elle, ces douze signatures ont été recueillies dans une résidence comprenant 32 logements.
Mme Buzzetti insiste également sur le fait que l’installation est surveillée lorsque les enfants s’y baignent. « On est trois adultes à surveiller », affirme-t-elle. Elle précise aussi avoir pris des mesures pour sécuriser la piscine lorsqu’elle n’est pas utilisée : « J’ai acheté deux bâches : il y a la bâche à bulles et la bâche qui cache la piscine pour éviter qu’un enfant tombe dedans. »
La piscine, selon elle, reste de taille modeste. « C’est une petite piscine, elle ne fait que 3 mètres sur 2 et 75 centimètres de haut », explique Mme Buzzetti, avant d’ajouter : « Ce n’est pas la méga piscine. » Elle précise également qu’il n’y a pas d’échelle permettant d’y accéder facilement.
Autre point qu’elle tient à souligner : l’eau et l’électricité utilisées pour cette piscine sont à sa charge. « C’est mon eau et c’est mon électricité », affirme-t-elle. Elle précise que la piscine a été remplie avec l’eau de son propre compteur et que l’électricité utilisée provient également de chez elle.
La mairie, de son côté, ne serait pas intervenue directement auprès d’elle, selon ses déclarations. Elle ajoute que la piscine n’est pas installée sur un terrain municipal, mais sur un terrain appartenant à Orvitis.
Cette initiative pose désormais une question simple : faut-il strictement appliquer le règlement d’une résidence ou tenir compte d’une situation exceptionnelle, entre fortes chaleurs, fermeture de la piscine municipale et vacances scolaires ? Pour Mme Buzzetti, la réponse est déjà trouvée : la piscine restera en place tant qu’elle le pourra, afin de permettre aux enfants de la résidence de se rafraîchir. Affaire à suivre…


