Faute de garanties financières apportées par le candidat à la reprise de sa section féminine, le Dijon Football Côte-d’Or met fin aux négociations engagées depuis le mois de mai. Le club ne contestera pas l’exclusion de son équipe première des compétitions nationales et demandera la liquidation judiciaire de la société DFCO Féminines. La formation des jeunes joueuses doit néanmoins être maintenue.
C’est un tournant majeur pour le football féminin à Dijon. Dans un communiqué officiel, le DFCO annonce la fin des négociations exclusives menées avec un acquéreur potentiel pour la reprise de sa section féminine. Le club explique ne pas avoir reçu les garanties financières nécessaires pour assurer durablement le fonctionnement de l’équipe professionnelle.
Cette absence de solution conduit la direction dijonnaise à ne pas faire appel de la décision de la Direction nationale du contrôle de gestion. La DNCG avait prononcé l’exclusion de l’équipe première féminine de toutes les compétitions nationales. Dans les prochains jours, le DFCO demandera également le placement en liquidation judiciaire de la société commerciale DFCO Féminines, chargée de la gestion du football féminin professionnel.
Cette décision acte la disparition, sous sa forme actuelle, de l’équipe féminine évoluant en Arkema Première Ligue. Elle intervient malgré les performances sportives obtenues au cours des dernières saisons et alors que le club avait décroché l’agrément nécessaire au fonctionnement de son centre de formation féminin.
Des négociations engagées depuis plusieurs mois
Le DFCO affirme avoir commencé à rechercher un investisseur dès décembre 2024. Cette démarche devait permettre à la section féminine de disposer d’un modèle économique indépendant de celui de l’équipe masculine.
Le club indique avoir sollicité plus d’une centaine d’investisseurs, français et étrangers, ainsi que plusieurs acteurs locaux. Malgré une cession proposée gratuitement et sans reprise de dette, seulement deux offres auraient été déposées. Aucune n’a finalement abouti, faute de financements suffisants ou de garanties permettant de couvrir la saison suivante.
Les négociations exclusives engagées en mai représentaient la dernière possibilité de maintenir le projet professionnel. Leur arrêt met fin à plusieurs mois de recherches et de discussions.
Selon le DFCO, le déficit annuel de la section féminine atteint environ 1,5 million d’euros. Celui-ci était jusqu’alors financé presque exclusivement par les ressources de la section masculine, notamment les droits de diffusion télévisée, puis par les apports personnels du propriétaire du club durant les deux dernières saisons.
La crise des droits télévisés au cœur des difficultés
La remontée de l’équipe masculine en Ligue 2 devait initialement permettre de continuer à soutenir financièrement les féminines. Mais le DFCO assure que la forte baisse des droits télévisés a rendu ce scénario impossible. Le club évoque des revenus divisés par quatre en deux ans.
Dans son communiqué, la direction estime qu’elle ne peut plus compenser durablement les pertes de la section féminine dans un contexte où l’ensemble du club doit déjà poursuivre sa restructuration après les relégations successives de l’équipe masculine.
Le DFCO résume sa situation par une formule : « Une entreprise ne peut durablement dépenser deux euros quand elle n’en gagne qu’un seul. » Le club souligne ainsi l’écart entre le coût de son équipe professionnelle féminine et les recettes directement générées par son activité.
Avec un budget total annoncé de 2,7 millions d’euros, la billetterie n’aurait rapporté que 15 000 euros sur une saison. Le club fait également état d’une moyenne de 154 spectateurs payants par rencontre. Ces chiffres sont avancés par la direction pour illustrer la difficulté à construire un modèle autonome et équilibré.
Un désaccord financier avec la Fédération
Le DFCO critique également la stagnation des revenus du football féminin professionnel et l’augmentation des contraintes imposées aux clubs. Il affirme notamment ne pas avoir reçu une subvention fédérale de 200 000 euros qu’il estimait devoir percevoir.
Selon la version présentée par le club, la Fédération aurait remis en cause la reconnaissance des acquis et de l’expérience du directeur du centre de formation féminin. Cette décision aurait entraîné la perte de l’aide financière attendue.
Pour le DFCO, cet épisode a encore fragilisé une situation économique déjà difficile. La direction estime par ailleurs que son cas ne constitue pas une exception et appelle à une réflexion plus large sur le financement du football féminin professionnel.
Le communiqué met ainsi en opposition les ambitions affichées pour le développement de la discipline et les faibles ressources réellement disponibles pour les clubs. Une manière pour le DFCO de rappeler que les progrès sportifs ne suffisent pas toujours à garantir la pérennité économique d’une équipe.
Une décision difficile malgré de bons résultats sportifs
La disparition de l’équipe professionnelle apparaît d’autant plus brutale que son budget n’avait pas été réduit depuis la reprise du DFCO en juillet 2024. Contrairement à la section masculine, les féminines avaient continué à bénéficier de moyens stables.
Cet effort financier avait permis à l’équipe d’obtenir des résultats jugés remarquables par le club en Arkema Première Ligue. Le développement du centre de formation représentait également une avancée importante dans la structuration de la filière féminine dijonnaise.
La décision prise aujourd’hui ne résulte donc pas d’un choix sportif. Elle repose exclusivement, selon le DFCO, sur l’impossibilité de financer la poursuite du projet professionnel et sur l’échec des différentes tentatives de reprise.
Elle aura nécessairement des conséquences pour les joueuses, le staff et les salariés liés à la société DFCO Féminines. Le communiqué ne précise pas encore les modalités individuelles de cette liquidation ni l’avenir des contrats en cours.
Le football féminin maintenu chez les jeunes
Le DFCO insiste toutefois sur sa volonté de ne pas abandonner totalement le football féminin. Le club prépare un nouveau modèle « recentré sur son territoire, ses clubs partenaires et fondé sur des bases économiques viables ».
La préformation et la formation des jeunes Dijonnaises doivent être intégralement maintenues. Les équipes féminines continueront notamment d’exister dans les catégories U12-U13, U15 et U19 nationales.
Le club promet de continuer à mettre à la disposition des jeunes joueuses ses éducateurs, ses infrastructures et une partie de ses moyens financiers. Le projet sera conduit avec le soutien de la Ville de Dijon et du Conseil départemental de la Côte-d’Or.
L’objectif est désormais de préserver un parcours de formation de haut niveau, même en l’absence d’une équipe première professionnelle dans les compétitions nationales. Le DFCO affirme rester convaincu de l’importance de garantir aux jeunes filles une égalité d’accès à la pratique du football.
La fin d’un cycle pour le football féminin dijonnais
Cette réorganisation marque la fin d’un cycle pour le DFCO féminin. Après plusieurs saisons au plus haut niveau, le club doit renoncer à son équipe professionnelle tout en tentant de conserver les fondations construites auprès des jeunes joueuses.
Le défi sera désormais d’éviter une rupture entre le centre de formation et l’absence de débouché immédiat au sein d’une équipe première nationale. Le nouveau projet devra également convaincre les familles, les clubs partenaires et les éducateurs que la filière féminine peut continuer à se développer malgré ce recul majeur.
Dans son communiqué, le DFCO remercie les collectivités, les partenaires, les salariés, les bénévoles et les supporters qui ont accompagné la section féminine. Le club assure vouloir reconstruire sur des bases plus solides, mais la liquidation annoncée constitue un coup dur pour le sport dijonnais et pour la place du football féminin de haut niveau en Côte-d’Or.
Communiqué de presse du 7 juillet 2026 :
En l’absence des garanties financières attendues de la part de l’acquéreur avec qui le club était en négociations exclusives depuis mai, le Dijon Football Côte d’Or met fin aux négociations exclusives entamées en mai concernant la reprise de sa section féminine.
Le club a donc décidé de ne pas faire appel de la décision de la DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion) d’exclure l’équipe première féminine de toutes les compétitions nationales, et demandera dans les prochains jours le placement en liquidation judiciaire de la société commerciale DFCO Féminines en charge du football féminin professionnel.
Le football féminin continuera au DFCO, autour d’un nouveau modèle, recentré sur son territoire, ses clubs partenaires et fondé sur des bases économiques viables. Cela se traduira par le maintien intégral de la préformation et de la formation des jeunes dijonnaises ainsi que leur engagement dans les plus hauts niveaux de compétitions.
Cette continuité de pratique sera notamment possible grâce au soutien de la Ville de Dijon et du Conseil Départemental de la Côte d’Or, ainsi qu’à la volonté du DFCO de continuer à soutenir le développement du football féminin.
Depuis la reprise du DFCO en juillet 2024, contrairement à la section masculine, l’équipe féminine n’avait pas vu son budget baisser, permettant notamment des résultats remarquables en Arkema Première League et l’obtention de l’agrément du centre de formation féminin.
Dans un contexte de restructuration imposé par les relégations sportives successives de l’équipe masculine, le DFCO s’était engagé, dès décembre 2024, dans la recherche d’un investisseur avec l’appui de conseils spécialisés en développement du sport féminin, en toute transparence avec le staff et les joueuses cadres. L’objectif : trouver un investisseur en capacité de financer durablement un modèle économique indépendant, alors que le déficit annuel des féminines, qui s’élève à 1,5 million d’euros, reposait jusqu’ici presque exclusivement sur la section masculine et leurs droits télévisés, puis sur les apports personnels du propriétaire lors des deux dernières saisons.
Ainsi, plus d’une centaine d’investisseurs principalement internationaux et nationaux mais aussi d’acteurs locaux ont été approchés. Malgré une cession libre de dette et à titre gratuit, seules deux propositions de reprise pour la SAS DFCO Féminines ont été reçues, et aucune n’a pu aboutir, faute de financement suffisant ou des garanties nécessaires pour financer la saison à venir.
Alors que la montée en Ligue 2 de l’équipe masculine aurait initialement dû permettre de continuer à subventionner l’équipe féminine, la crise des droits télévisés — divisés par quatre en deux ans — a rendu ce financement impossible.
Cette décision difficile et injuste au regard de leur niveau intervient également quand les revenus du football féminin professionnel stagnent, sans perspectives concrètes, et que les contraintes s’alourdissent pour les clubs — la fédération refusant de verser au DFCO une subvention de 200 000 euros qui lui était pourtant due, après être revenue sur la reconnaissance des acquis et de l’expérience de son directeur du centre de formation —.
C’est donc une gageure de trouver un modèle équilibré, et une entreprise ne peut durablement dépenser deux euros quand elle n’en gagne qu’un seul. Le DFCO n’est malheureusement pas un cas isolé dans le football féminin professionnel. Cet échec doit collectivement nous interroger, tant les incantations et les commentateurs se heurtent à la réalité : à Dijon, par exemple, seulement 154 spectateurs payants par match, une recette billetterie de 15 000 euros par saison, pour un budget total de 2,7 millions d’euros.
Toutefois, le DFCO reste convaincu de l’importance d’offrir une égalité de pratique du football aux jeunes joueuses et continuera de les accompagner avec ses éducateurs, ses infrastructures et son financement en U12/U13, U15 et en U19 nationaux.
Le club tient à remercier chaleureusement les collectivités, les partenaires, les salariés, les bénévoles et les supporters qui soutiennent le football féminin au DFCO.
