À l’approche des festivités du 14 Juillet et dans le contexte de la Coupe du monde de football, la préfecture de la Côte-d’Or renforce les mesures de prévention des troubles à l’ordre public. Deux arrêtés limitent l’utilisation des artifices dans tout le département et interdisent temporairement leur vente dans les arrondissements de Dijon et de Beaune. L’achat de carburant dans des récipients transportables y sera également encadré.
La préfecture de la Côte-d’Or durcit les règles concernant les artifices de divertissement à l’approche de la fête nationale. Deux arrêtés préfectoraux ont été pris afin de prévenir les violences urbaines, les incendies volontaires et les rassemblements susceptibles de dégénérer pendant les festivités du 14 Juillet et les rencontres de la Coupe du monde de football.
Ces mesures ne concernent pas uniquement Dijon. Une première interdiction s’applique à l’ensemble du département, tandis qu’un second dispositif, plus strict, vise les communes des arrondissements de Dijon et de Beaune. La vente de certains artifices, leur transport, leur détention et leur utilisation sont concernés, tout comme la distribution de carburants dans des contenants transportables.
Une interdiction nocturne dans toute la Côte-d’Or
Du lundi 29 juin au lundi 20 juillet 2026, la détention, le transport et l’utilisation de certains artifices de divertissement sont interdits chaque jour entre 18 heures et 9 heures sur la voie publique ou en direction de l’espace public, dans l’ensemble du département de la Côte-d’Or.
L’arrêté vise les artifices des catégories F2 et F3 figurant sur une liste nationale. Parmi les produits concernés se trouvent notamment plusieurs types de pétards, de batteries, de fusées, de chandelles romaines, de compositions d’artifices et de pots à feu en mortier.
La mesure couvre une période particulièrement sensible, marquée par plusieurs rencontres de la Coupe du monde et par les célébrations de la fête nationale. La préfecture estime que ces événements peuvent provoquer des rassemblements spontanés, des cortèges de véhicules, des tirs de mortiers ou encore des troubles à la circulation.
Les spectacles pyrotechniques organisés par des professionnels restent néanmoins autorisés. Les personnes chargées de leur préparation doivent pouvoir justifier que les artifices sont utilisés dans le cadre d’un spectacle déclaré et conforme à la réglementation.
Des restrictions renforcées à Dijon et à Beaune
Un second arrêté renforce le dispositif du lundi 6 juillet à midi au mercredi 15 juillet à 8 heures dans toutes les communes des arrondissements de Dijon et de Beaune.
Durant cette période, l’achat et la vente de certains artifices de divertissement des catégories F2 et F3 sont interdits. Leur détention, leur transport et leur utilisation sur la voie publique ou en direction de l’espace public sont également prohibés.
Cette interdiction va donc plus loin que la mesure départementale. Elle ne s’applique pas seulement pendant la nuit, mais de manière continue entre le 6 et le 15 juillet. Elle vise à empêcher l’acquisition et la circulation de produits susceptibles d’être détournés de leur usage festif.
Des dérogations restent prévues pour les professionnels pouvant justifier de leur participation à un spectacle pyrotechnique. Les artifices utilisés dans le cadre d’un feu d’artifice préalablement déclaré et autorisé par le maire de la commune concernée ne sont pas visés par l’interdiction générale. Les spectacles officiels peuvent donc être maintenus, sous réserve du respect des autorisations administratives et des éventuelles décisions prises localement.
La vente de carburant également limitée
Le même arrêté encadre temporairement la vente et l’achat de carburants dans les arrondissements de Dijon et de Beaune. Du 6 juillet à midi au 15 juillet à 8 heures, il est interdit d’acheter ou de vendre du carburant dans un récipient transportable, comme un bidon ou un jerrican.
La vente à la pompe de combustible domestique est également interdite pendant cette période. Une exception est toutefois prévue lorsqu’un client peut justifier d’une nécessité particulière. Le motif pourra être vérifié, si besoin, avec l’aide des services de police ou de gendarmerie.
La préfecture explique cette décision par le risque d’utilisation détournée des carburants et combustibles. Ceux-ci peuvent servir à provoquer ou à accélérer des incendies volontaires visant des poubelles, du mobilier urbain, des véhicules ou des bâtiments.
Des violences urbaines mentionnées par la préfecture
Dans ses arrêtés, la préfecture s’appuie sur plusieurs éléments pour justifier ces restrictions. Elle rappelle notamment que les communes de Dijon, Chenôve et Quetigny ont été confrontées à des épisodes de violences urbaines comprenant des tirs de mortiers en direction des forces de l’ordre.
Les communes de Dijon et de Chenôve auraient également connu plusieurs incendies de conteneurs à déchets sur la voie publique. Pour les services de l’État, les artifices peuvent être utilisés comme des armes par destination, mais aussi comme des moyens de déclencher ou de propager des incendies.
La préfecture évoque également les troubles observés lors de précédentes compétitions sportives. Des rassemblements spontanés, des rodéos motorisés, des jets de projectiles et des tirs d’artifices avaient été constatés à l’issue de plusieurs rencontres.
Les autorités redoutent que l’engouement provoqué par la Coupe du monde entraîne de nouveaux rassemblements, y compris lors de matchs ne concernant pas directement l’équipe de France. Les demi-finales et les rencontres disputées à proximité du 14 Juillet sont particulièrement surveillées en raison du nombre de personnes susceptibles de se retrouver dans les rues, sur les places ou devant des écrans installés dans l’espace public.
Des risques pour les personnes et les services de secours
Au-delà des troubles à l’ordre public, les arrêtés mettent en avant les dangers liés à une mauvaise utilisation des produits pyrotechniques. Les pétards, fusées et mortiers peuvent provoquer des brûlures graves, des blessures aux mains, aux yeux ou au visage, mais aussi des départs de feu.
La préfecture estime qu’un afflux de personnes blessées pourrait également accentuer la pression sur les établissements hospitaliers. Les détonations peuvent provoquer des mouvements de panique, déclencher des interventions inutiles des forces de l’ordre ou rendre plus difficile l’identification d’autres bruits potentiellement dangereux.
Ces restrictions interviennent alors que les forces de sécurité sont déjà mobilisées dans le cadre du plan Vigipirate, maintenu au niveau « Urgence attentat ». La protection des rassemblements et des sites accueillant un public nombreux fait donc partie des motifs avancés par les services de l’État.
Des sanctions en cas de non-respect
Les interdictions seront appliquées par les services de police, de gendarmerie et les autorités municipales. Les infractions pourront être sanctionnées dans les conditions prévues par le Code pénal.
Les commerçants, les particuliers et les organisateurs sont donc invités à vérifier les règles applicables avant d’acheter, de transporter ou d’utiliser des artifices. Dans les arrondissements de Dijon et de Beaune, les restrictions seront particulièrement strictes jusqu’au matin du 15 juillet.
À travers ces deux arrêtés, la préfecture entend réduire les risques d’incendie, limiter l’usage de mortiers contre les forces de l’ordre et prévenir les débordements lors d’une période cumulant fête nationale, grands rassemblements et rencontres sportives.
