Ce dimanche 26 avril 2026, à Dijon, la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a donné lieu à une cérémonie empreinte de solennité et d’émotion. Organisée au square Edmond-Debeaumarché, cette commémoration a rassemblé autorités civiles et militaires, élus, associations mémorielles et habitants, venus honorer la mémoire des milliers de femmes et d’hommes victimes du système concentrationnaire nazi.
La cérémonie était présidée par Denis Bruel, sous-préfet et secrétaire général de la préfecture de la Côte-d’Or. À ses côtés se tenaient notamment la maire Nathalie Koenders, des parlementaires ainsi que des représentants des forces de sécurité et du monde combattant. Leur présence conjointe illustre l’importance accordée à cette journée de recueillement, inscrite dans le calendrier républicain depuis 1954.
Au cœur de la cérémonie, le devoir de transmission a occupé une place essentielle. Des élèves du collège et du lycée Saint-Joseph de Dijon ont participé activement à l’événement, rappelant que la mémoire de la déportation ne peut perdurer sans l’implication des jeunes générations. L’un des moments forts a été la lecture d’un extrait de L’Espèce humaine, texte majeur de Robert Antelme, qui témoigne avec force de la réalité des camps et de la déshumanisation subie par les déportés.
Cette commémoration a également rendu un hommage particulier à deux figures locales de la Résistance récemment disparues : Élisabeth Bertrand et Henri Mosson. Leur parcours, marqué par le courage et l’engagement face à l’occupant, a été salué comme un exemple pour les générations présentes et futures.
Le temps du recueillement s’est poursuivi avec le dépôt de fleurs au pied du monument dédié aux martyrs de la déportation. Une seule gerbe officielle a été déposée par le représentant de l’État, tandis que les familles de déportés et les participants ont individuellement rendu hommage en déposant des fleurs. Ce geste sobre et collectif a souligné la dimension profondément humaine et intime de cette mémoire.
La cérémonie s’est conclue par les rites républicains traditionnels : la sonnerie « Aux Morts », une minute de silence, puis l’interprétation de La Marseillaise. Les participants ont ensuite entendu le Chant des marais, devenu au fil du temps un symbole universel de la mémoire des déportés et de leur résistance morale.
Au-delà du protocole, cette journée rappelle l’ampleur du drame : plus de 150 000 personnes ont été déportées depuis la France durant la Seconde Guerre mondiale, dont une majorité n’est jamais revenue. À Dijon, comme ailleurs, la mémoire de ces victimes demeure un engagement collectif, indissociable des valeurs de liberté, de dignité et de fraternité que la République s’attache à défendre.
