L’intersyndicale de Côte-d’Or, réunissant notamment la CGT, la CFDT, Solidaires 21, FO et la FSU, dénonce une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai. Les organisations syndicales appellent à un rassemblement mardi 16 juin, à partir de 12 heures, devant la permanence du sénateur François Patriat, 40 rue de la Préfecture à Dijon.
Le 1er Mai, symbole historique des luttes sociales et des droits des travailleurs, est au cœur d’un nouveau bras de fer politique et syndical. En Côte-d’Or, l’intersyndicale monte au créneau contre une proposition de loi portée par Gabriel Attal, qui vise à élargir les possibilités de travail lors de cette journée particulière. Dans un communiqué intitulé « On ne touche pas au 1er Mai », les organisations syndicales dénoncent une remise en cause d’un acquis social majeur.
Le texte syndical est signé par plusieurs organisations : la CGT, la CFDT Bourgogne-Franche-Comté, Solidaires 21, FO et la FSU de Côte-d’Or. Toutes partagent la même inquiétude : voir le 1er Mai, seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour l’ensemble des salariés, devenir progressivement un jour travaillé comme les autres.
Pour les syndicats, l’enjeu dépasse largement la seule question de l’ouverture de certains commerces. Ils y voient une brèche potentielle dans le droit du travail. Selon eux, autoriser plus largement le travail le 1er Mai reviendrait à affaiblir l’un des derniers repères collectifs encore protégés dans le calendrier social français.
Dans leur communiqué, les organisations syndicales rappellent que la proposition de loi devait être débattue le 10 avril dernier à l’Assemblée nationale. Elles accusent les députés macronistes, avec l’aide de la droite et de l’extrême droite, d’avoir empêché le débat parlementaire en déposant une motion de rejet sur leur propre texte. Pour l’intersyndicale, cette méthode s’apparente à un « passage en force » inacceptable.
Le cœur de la contestation repose sur l’argument avancé par les défenseurs du texte. Ceux-ci mettent en avant la « liberté de travailler » et la situation des petits commerces. Mais les syndicats rejettent cette présentation. Selon eux, derrière cet argument se cache en réalité une remise en cause du caractère obligatoirement chômé et payé du 1er Mai.
L’intersyndicale estime que ce discours sur la liberté individuelle ne correspond pas à la réalité du monde du travail. Elle rappelle que, dans une relation salariée, le volontariat est souvent fragile. Les syndicats évoquent le lien de subordination propre au contrat de travail, mais aussi les pressions possibles liées à l’embauche, au maintien dans l’emploi ou à l’organisation du temps de travail.
Pour les organisations syndicales, l’expérience du travail du dimanche doit servir d’avertissement. Elles considèrent que les dérogations, lorsqu’elles sont ouvertes, ont tendance à s’élargir progressivement. Ce qui est d’abord présenté comme une exception limitée peut, selon elles, devenir peu à peu une nouvelle norme. C’est cette évolution qu’elles redoutent aujourd’hui pour le 1er Mai.
Le communiqué insiste également sur le fait que les artisans et les petits commerçants peuvent déjà ouvrir le 1er Mai, à condition de ne pas faire travailler de salariés. Pour les syndicats, le texte ne répond donc pas à une nécessité réelle pour ces petits acteurs économiques. Ils y voient plutôt une demande portée par le patronat et les grands groupes, au nom d’une vision selon laquelle les Français devraient travailler davantage.
Cette critique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales autour du temps de travail, des jours fériés, de la rémunération et des conditions d’emploi. Pour l’intersyndicale, remettre en cause le 1er Mai reviendrait à envoyer un signal politique fort : celui d’un recul social au nom de la compétitivité économique.
Les syndicats rappellent que le 1er Mai n’est pas un jour férié ordinaire. Il est associé à l’histoire du mouvement ouvrier, aux mobilisations pour la réduction du temps de travail, à la défense des droits sociaux et aux combats encore en cours pour améliorer les conditions de vie des salariés. C’est précisément cette dimension symbolique qui rend le projet de loi particulièrement sensible.
Dans leur communiqué, les organisations syndicales rappellent aussi une règle importante : travailler un jour férié ne signifie pas automatiquement être payé double. Le 1er Mai fait exception, puisqu’il bénéficie d’un régime protecteur particulier. Les salariés qui travaillent ce jour-là dans les entreprises ou services qui ne peuvent interrompre leur activité bénéficient d’une compensation financière.
Mais l’intersyndicale estime que rien ne garantit que cette protection resterait intacte si le champ des dérogations était élargi. Les syndicats craignent qu’une première remise en cause ouvre la voie à d’autres reculs, jusqu’à banaliser le travail le 1er Mai et affaiblir les garanties attachées à cette journée.
Le texte doit désormais être examiné au Sénat mardi 16 juin. En Côte-d’Or, les trois sénateurs et sénatrice du département seront donc amenés à se prononcer sur cette proposition de loi. C’est dans ce contexte que l’intersyndicale appelle à un rassemblement à Dijon.
Le rendez-vous est fixé mardi 16 juin, à partir de 12 heures, au 40 rue de la Préfecture, devant la permanence du sénateur François Patriat. Par cette mobilisation, les syndicats entendent faire connaître leur opposition au texte et interpeller les parlementaires côte-d’oriens avant le vote.
Ce rassemblement vise aussi à rappeler que le 1er Mai reste, pour les organisations syndicales, une ligne rouge. Dans leur message, elles insistent sur la nécessité de défendre ce jour férié comme un acquis collectif, et non comme un simple élément du calendrier économique.
Pour la CGT et les autres organisations signataires, la question est donc autant sociale que symbolique. Autoriser plus largement le travail le 1er Mai reviendrait, selon elles, à fragiliser un repère commun à l’ensemble des salariés. À leurs yeux, cette journée doit rester un temps de repos, de mobilisation et de mémoire sociale.
En appelant à se rassembler devant la permanence de François Patriat, l’intersyndicale de Côte-d’Or veut faire entendre localement une opposition nationale. Le message est clair : les syndicats refusent que le 1er Mai devienne un jour travaillé ordinaire et entendent peser dans le débat avant l’examen du texte au Sénat.
La mobilisation du 16 juin à Dijon s’annonce donc comme un moment de pression syndicale et politique. Elle permettra aux organisations de rappeler leur attachement au caractère chômé et payé du 1er Mai, mais aussi de dénoncer ce qu’elles considèrent comme une nouvelle tentative d’allongement du temps de travail.
À travers ce communiqué, les syndicats de Côte-d’Or veulent alerter les salariés, les habitants et les élus : pour eux, toucher au 1er Mai, c’est toucher à un symbole historique du monde du travail et à un droit encore protégé. Leur mot d’ordre tient en une formule simple : « On ne touche pas au 1er Mai ».
