Mardi 28 avril en fin de journée, une vingtaine de personnes se sont réunies devant le Mama Shelter Dijon, à l’appel du syndicat Solidaires 21. Cette mobilisation visait à soutenir plusieurs salariées de la société Arc-en-Ciel Bourgogne, sous-traitante de l’établissement hôtelier, qui dénoncent des retards de paiement de leurs salaires et des conditions de travail dégradées.
Selon les représentants syndicaux, ces salariées — principalement femmes de chambre, gouvernantes et équipiers — assureraient une partie essentielle du fonctionnement de l’hôtel. Pourtant, certaines d’entre elles ne percevraient plus de rémunération depuis le mois de mars, malgré la poursuite de leur activité. Une situation jugée préoccupante par Solidaires 21, qui évoque également une réduction significative des contrats de travail ces derniers mois.
Éloïse Farinelli, co-secrétaire de l’Union Syndicale Solidaires 21, présente lors du rassemblement, a relayé les inquiétudes des salariées concernées. Elle décrit une dégradation progressive des conditions de travail et une absence de réponse claire de la part de l’employeur. Le syndicat pointe notamment une situation de grande précarité pour ces employées, qui continueraient à travailler sans percevoir leur salaire.
Selon nos informations, l’entreprise Arc-en-Ciel Bourgogne serait bien en cause. D’après plusieurs salariés, elle ferait l’objet d’un redressement judiciaire. Après vérification, cette information est confirmée : la société est effectivement placée en redressement judiciaire depuis le 1er avril 2026, ce qui pourrait expliquer en partie les difficultés rencontrées dans le versement des salaires.

Par ailleurs, la tension semble s’être accentuée ces derniers jours. Trois salariées auraient reçu une notification de mise à pied conservatoire en vue d’un éventuel licenciement. D’après le syndicat, ces courriers seraient intervenus peu de temps après que les employées ont demandé des explications sur les impayés présumés. Si aucun lien formel n’est établi à ce stade, Solidaires 21 s’interroge sur une possible mesure de rétorsion.
Contactée sur place, la direction du Mama Shelter Dijon n’a pas souhaité commenter la situation en détail. L’établissement a simplement indiqué espérer que la société sous-traitante « corrige le tir rapidement ». Cette réponse, jugée insuffisante par les manifestants, laisse pour l’heure les salariées dans l’attente de solutions concrètes.
Cette mobilisation met en lumière les tensions pouvant exister dans les relations de sous-traitance, notamment dans le secteur hôtelier. Elle pose également la question de la responsabilité des donneurs d’ordre face aux conditions de travail des personnels employés par des prestataires extérieurs, dans un contexte où les difficultés économiques des entreprises sous-traitantes peuvent avoir des répercussions directes sur les salariés.
