Alors que Dijon célébrait son DFCO dans une ambiance rouge et noire, les joueurs, le staff et les supporters ont fait étape à la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Un lieu qui, pour une fois, n’avait pas besoin d’un colloque, d’un concept premium ou d’une dégustation confidentielle pour faire du bruit : les Lingon’s Boys s’en sont chargés.
À l’accueil, Pierre Guez, appelé à la rescousse pour redonner vie au Village gastronomique, a joué la carte de la proximité. L’ancien dirigeant de Dijon Céréales, désormais chargé de remettre un peu de Dijonnais dans un site souvent jugé trop élitiste, a reçu les supporters avec un discours à mi-chemin entre déclaration d’amour au DFCO, aveu lucide sur la situation de la Cité et tentative de relance en public.
Devant Pierre-Henri Deballon, président du DFCO, et les supporters, Pierre Guez a d’abord tenu à poser le décor : « C’est un réel plaisir de vous accueillir. Premièrement, je suis comme vous, je suis un supporter du DFCO ! » Une entrée en matière simple, efficace, presque populaire. Il faut dire qu’à la Cité de la gastronomie, entendre parler de supporters, de tribunes et de fête jusqu’à minuit avait presque des airs de révolution culturelle.
Pierre Guez poursuivra ensuite avec une petite madeleine personnelle : « Je ne résiste pas au plaisir de vous dire que j’étais le patron de Dijon Céréales, et de mon temps, quand j’étais directeur, il y avait la tribune Dijon Céréales ! »
Le football, les souvenirs, Dijon Céréales : tous les ingrédients étaient réunis pour une recette bien locale. Et surtout moins conceptuelle que certaines ambitions initiales de la Cité, où l’on a parfois davantage parlé de rayonnement international que de fréquentation dijonnaise.

Puis Pierre Guez enchaînera : « J’avais dit depuis le départ que je vous soutiendrais et que je suis avec vous, et comme vous hier soir, j’ai fait la fête jusqu’à minuit ! » À ce moment-là, difficile de savoir ce qui relevait le plus de l’hommage au DFCO ou du message subliminal adressé à la Cité : pour faire vivre un lieu, il faut peut-être commencer par y mettre de la vie.
Invitant ensuite Pierre-Henri Deballon à le rejoindre, Pierre Guez a assumé un constat que beaucoup murmurent depuis longtemps : « Je voudrais remercier Pierre-Henri d’avoir accepté de venir jusqu’à la Cité, parce que, si vous voulez, pour moi, c’est un clin d’œil. Puisque vous le savez, la Cité, ce n’est pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, c’est un magnifique outil de travail, etc. Mais il n’y a pas la réussite que l’on voudrait depuis quatre ans ! »
Voilà qui a le mérite d’être clair. La Cité est belle, ambitieuse, coûteuse, impressionnante même. Mais elle cherche encore cette alchimie simple qui transforme un équipement en lieu populaire. En résumé : les murs sont là, les ambitions aussi, mais les Dijonnais ne se pressent pas encore comme un soir de montée du DFCO. Pierre Guez poursuivra : « Et si vous voulez, si j’ai accepté cette mission, c’est pour essayer de redonner un deuxième souffle à la Cité ! »
À défaut d’avoir encore trouvé la recette parfaite pour relancer la Cité de la gastronomie, Pierre Guez aura au moins testé un ingrédient rarement décevant à Dijon : les supporters d’un DFCO champion de National et officiellement de retour en Ligue 2.
L’ambiance, justement, finira par rattraper le discours. Un membre des Lingon’s Boys s’approchera de Pierre Guez pour lui demander d’accélérer. L’ancien patron reprendra : « Le constat que je fais, de toute manière, on… » Mais les supporters avaient déjà leur propre analyse économique de la situation : « Paye ta tournée ! »
Une phrase simple, populaire, directe. Peut-être même le résumé le plus efficace de ce que la Cité cherche à devenir : un lieu où l’on vient, où l’on reste, où l’on consomme, où l’on chante, et où l’on ne se demande pas trop si l’on est assez initié pour entrer.
Pierre Guez finira par reprendre le fil : « Le constat que je fais, c’est qu’il faut que la Cité soit occupée par des Dijonnais et qu’elle soit redirigée par des Dijonnais, comme ça a été fait ici, au stade… Donc nous, on est redescendus, on est relégués en National, on veut remonter en deuxième division l’année prochaine ou dans deux ans. »
En quelques phrases, tout était dit. La Cité doit cesser d’être seulement un bel objet institutionnel pour devenir un véritable lieu de vie. Le DFCO, lui, a retrouvé les étages supérieurs. Et entre les deux, Pierre Guez tente de créer un pont : celui du populaire, du local, du rouge et noir, et pourquoi pas d’une tournée générale. À défaut d’avoir encore trouvé la recette parfaite pour relancer la Cité de la gastronomie, Pierre Guez aura au moins testé un ingrédient rarement décevant à Dijon : les supporters du DFCO.
F. Bauduin
