La plaque commémorative installée devant le monument aux morts de Chenôve, en hommage à la famille Frenkel, a été retrouvée brisée. Le maire de la commune, Thierry Falconnet, a dénoncé une dégradation « inadmissible » et annoncé le dépôt d’une plainte par la Ville.
C’est un symbole de mémoire qui a été violemment endommagé à Chenôve. Ce matin, la plaque commémorative dédiée à la famille Frenkel, famille juive réfugiée dans la commune durant la Seconde Guerre mondiale, a été découverte brisée en deux devant le monument aux morts. Un lieu où se tiennent régulièrement les cérémonies mémorielles et patriotiques.
Dans un message publié sur Facebook, le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, a fait part de son émotion et de sa colère. L’élu s’est dit « profondément choqué et attristé » de constater cette dégradation qu’il qualifie d’« inadmissible ». La plaque, posée dans un espace de recueillement, rappelait le destin tragique de cette famille arrêtée pendant l’Occupation.
Les membres de la famille Frenkel, réfugiés à Chenôve, ont été arrêtés par la gendarmerie française le 9 octobre 1942. Ils ont ensuite été déportés vers Auschwitz-Birkenau, où ils ont été assassinés. Cette plaque avait donc pour vocation de maintenir vivant le souvenir de ces victimes de la Shoah et de rappeler la responsabilité de l’histoire locale dans la transmission de la mémoire.
Pour Thierry Falconnet, la dégradation de cette plaque constitue une atteinte grave à ce devoir de mémoire. « Si c’est un acte gratuit, il est l’œuvre d’individus particulièrement imbéciles. Si c’est un acte antisémite, il n’en est que plus odieux », a déclaré le maire dans son message. Des propos fermes, qui traduisent l’indignation de la municipalité face à un acte visant un symbole directement lié à la mémoire des victimes juives de la déportation.
L’élu a également rappelé que le racisme et l’antisémitisme ne relèvent pas de la liberté d’opinion. « L’antisémitisme comme le racisme de toute nature ne sont pas des opinions, ce sont des délits. Ils doivent être combattus avec la plus grande vigueur », a-t-il insisté. Une déclaration qui intervient dans un contexte où les actes visant des lieux de mémoire suscitent régulièrement l’émotion et la condamnation des pouvoirs publics.
La Ville de Chenôve a annoncé qu’une plainte était déposée à la suite de cette dégradation. Les circonstances exactes de l’acte restent à établir. À ce stade, la municipalité n’écarte aucune hypothèse, qu’il s’agisse d’un acte de vandalisme gratuit ou d’un acte à caractère antisémite.
La plaque commémorative sera remplacée, a également précisé Thierry Falconnet. Par cette décision, la commune entend réaffirmer son attachement au devoir de mémoire et à la transmission de l’histoire des victimes de la Shoah. La dégradation de la plaque, aussi violente soit-elle, ne fera donc pas disparaître le souvenir de la famille Frenkel.
À Chenôve, cette profanation suscite une vive émotion. Elle rappelle l’importance de préserver les lieux de mémoire, non seulement comme des espaces de recueillement, mais aussi comme des repères historiques essentiels pour les générations présentes et futures.
