Le conseil municipal de Talant doit se réunir lundi 22 juin 2026 à 18 h 30 à L’Écrin, salle Saint-Exupéry. Une séance particulièrement chargée attend les élus, avec vingt points inscrits à l’ordre du jour. Au cœur des débats : la présentation du rapport définitif de la Chambre régionale des comptes, l’approbation des comptes 2025, le budget supplémentaire 2026, mais aussi plusieurs dossiers touchant à la culture, à la petite enfance, au scolaire, au sport et aux solidarités.
Cette réunion intervient dans un contexte politique et budgétaire sensible. Quelques semaines après l’installation de la nouvelle équipe municipale, la Ville entre dans une séquence décisive pour préciser ses marges de manœuvre financières et ses priorités d’action. Le dossier de séance donne à voir une collectivité confrontée à des choix structurants : poursuivre les investissements engagés, contenir les dépenses de fonctionnement, ajuster certains dispositifs municipaux et renforcer les coopérations avec d’autres acteurs publics, notamment Dijon.
Le premier temps fort de la séance sera la présentation du rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes Bourgogne-Franche-Comté. La juridiction financière a contrôlé la commune sur les exercices 2019 et suivants. Son analyse porte notamment sur la gouvernance, la situation financière, la masse salariale, la restauration scolaire, mais aussi sur deux opérations emblématiques : L’Écrin et le pôle de l’enfance.
Dans sa synthèse, la Chambre régionale des comptes relève un fonctionnement municipal globalement régulier. Le conseil municipal se réunit, les élus disposent d’une information jugée satisfaisante et la collectivité s’est engagée dans une démarche de publicité de ses actes. Mais la CRC souligne aussi plusieurs points d’attention. Elle estime que les commissions thématiques pourraient être davantage investies dans la préparation des décisions et rappelle que la commission communale pour l’accessibilité doit être mise en place.
Le rapport insiste également sur les relations entre Talant et Dijon Métropole. Si un rapprochement a été amorcé ces dernières années à travers plusieurs partenariats, la Chambre considère que ces liens gagneraient à être renforcés. Pour Talant, l’enjeu est notamment de pouvoir bénéficier davantage des services communs proposés par la métropole, dans un contexte où les mutualisations peuvent devenir un levier d’efficacité administrative et financière.
La situation financière de la commune constitue l’un des sujets les plus sensibles du dossier. La CRC juge la situation encore satisfaisante, mais appelle à la vigilance sur la trajectoire à moyen terme. Elle observe que les recettes de fonctionnement progressent moins vite que les dépenses, dans un contexte marqué par la baisse des taux d’imposition locaux et la stabilisation des tarifs municipaux. Selon la Chambre, cette évolution pourrait conduire à une contraction de la capacité d’autofinancement, avec une épargne nette susceptible de devenir nulle, voire négative, dès 2026 si aucune inflexion n’est opérée.
Cette alerte intervient alors que la Ville doit approuver son Compte financier unique pour l’exercice 2025. Le budget principal fait apparaître un résultat de fonctionnement positif de 1,342 million d’euros, mais aussi un déficit d’investissement de 1,561 million d’euros. Après prise en compte des restes à réaliser, le besoin de financement de la section d’investissement est évalué à 1,170 million d’euros. Ces chiffres seront déterminants pour le budget supplémentaire 2026, appelé à reprendre les résultats de l’exercice précédent.
L’endettement fait également partie des éléments scrutés. La Chambre régionale des comptes constate un recours croissant à l’emprunt pour financer les investissements, tout en soulignant que la dette de Talant reste bien gérée et ne comporte pas de produits risqués. Au 31 décembre 2025, la dette de la Ville est composée de treize lignes d’emprunt auprès de six établissements prêteurs, pour un encours supérieur à 10,4 millions d’euros. Le sujet n’est donc pas seulement le niveau de dette, mais la capacité future de la commune à financer ses projets sans fragiliser son fonctionnement courant.
Parmi les grands équipements analysés, L’Écrin occupe une place particulière. Construite pour renforcer l’offre culturelle et contribuer au rayonnement de Talant à l’échelle métropolitaine, la salle représente un investissement important pour la commune. La CRC estime cependant que son usage ne correspond qu’en partie à la finalité culturelle initialement assignée à l’équipement, son exploitation étant également marquée par la location d’espaces. Le conseil municipal devra d’ailleurs examiner deux points liés à L’Écrin : la fusion du règlement général de mise à disposition avec le cahier des charges de sécurité, puis une modification du contrat de location.
L’autre dossier structurant concerne le pôle de l’enfance. L’opération, estimée à plus de 7,3 millions d’euros, vise à répondre aux besoins des familles en matière d’accueil du jeune enfant, tout en créant de nouveaux locaux pour des services administratifs et des associations. La Chambre régionale des comptes attire toutefois l’attention de la Ville sur les dépenses de fonctionnement générées par ce nouvel équipement, en particulier les charges de personnel nécessaires à son animation. Pour la commune, il s’agit d’un investissement majeur, mais aussi d’un engagement durable qui pèsera sur les budgets à venir.
La petite enfance sera également abordée à travers un projet de convention constitutive d’un groupement de commandes entre Talant et Dijon pour l’achat de places de crèche. Les deux villes avaient déjà recours à ce dispositif pour acheter des places auprès de la crèche La Pouponnière, gérée par VYV 3 Bourgogne. Le marché actuel arrivant à échéance au 31 décembre 2026, il est proposé de renouveler cette coopération afin de rationaliser l’achat de places, de mutualiser les procédures et de rechercher des économies d’échelle.
Le conseil municipal devra aussi se prononcer sur la fusion administrative provisoire des écoles Jacques-Prévert maternelle et élémentaire. Le groupe scolaire compte actuellement cinq classes en maternelle et neuf classes en élémentaire, avec deux directions distinctes. L’Éducation nationale propose de fusionner ces deux directions pour l’année scolaire 2026-2027. Cette fusion ne deviendrait définitive qu’en 2027, après confirmation par les instances compétentes. Le sujet a été soumis aux conseils d’école et au Conseil départemental de l’Éducation nationale.
Sur le plan des solidarités, la séance prévoit la convention de financement du dispositif EMAS-SDAT pour 2026. Cette équipe mutualisée, portée par la SDAT et l’Acodège, intervient à domicile dans le champ de la santé mentale. Composée notamment d’un travailleur social, d’une psychologue et d’une infirmière, elle s’adresse aux personnes de plus de 18 ans et vise à maintenir un lien avec le milieu médical. La Ville de Talant prévoit une participation financière de 2 035 euros pour l’année 2026.
Plusieurs subventions de fonctionnement seront également examinées. Elles concernent notamment Les Doigts de Fées, Solidarité Femmes 21 et les conciliateurs de justice. Ces aides traduisent la volonté municipale de soutenir des structures intervenant dans des domaines variés, allant de l’action associative locale à l’accompagnement des personnes vulnérables et à l’accès au droit.
La séance comportera aussi un volet consacré aux activités municipales. De nouveaux tarifs doivent être créés pour les activités sportives organisées par la Ville. L’objectif affiché est d’harmoniser des pratiques jusqu’ici hétérogènes, certaines activités étant gratuites, d’autres payantes. La grille proposée distingue les Talantais et les non-Talantais, les enfants, les adultes et les seniors. Elle prévoit également des tarifs à la séance, des forfaits annuels et des réductions à partir de la deuxième inscription au sein d’un même foyer.
Le centre socio-culturel La Turbine est également concerné par une évolution tarifaire. Les élus doivent approuver l’application de nouveaux tarifs à compter du 1er septembre 2026 pour ses activités de loisirs. Ce point s’inscrit dans une logique plus large de clarification des conditions d’accès aux services municipaux, alors que la commune doit concilier accessibilité pour les habitants et nécessité de maîtriser ses équilibres financiers.
Autre dossier important : l’opération Cap Ouest. Le conseil municipal doit examiner une quatrième convention d’avance de trésorerie avec la SPLAAD, dans le cadre de la concession d’aménagement. Cette opération, liée au devenir du secteur du Point du Jour, fait partie des sujets urbains majeurs pour Talant. Le mécanisme d’avance doit permettre de soutenir la trésorerie de l’opération, avec un remboursement prévu au plus tard à l’expiration de la concession d’aménagement.
Enfin, les élus prendront acte du bilan annuel des acquisitions et cessions immobilières réalisées en 2025. Ce bilan, obligatoire pour les communes de plus de 2 000 habitants, doit être annexé au Compte financier unique. Il permet de retracer les mouvements patrimoniaux de la collectivité et de donner une visibilité sur les opérations foncières engagées ou finalisées.
Au-delà de la succession technique des délibérations, cette séance du 22 juin apparaît comme un moment charnière pour Talant. Elle doit permettre de solder l’exercice 2025, d’ajuster le budget 2026 et de poser les bases d’une nouvelle séquence municipale. Entre ambitions d’investissement, alertes financières, besoins sociaux, équipements publics et coopération métropolitaine, la Ville devra désormais arbitrer avec prudence.
Le débat devrait donc dépasser la seule approbation de documents administratifs. Il posera une question centrale pour les années à venir : comment maintenir un niveau de service public adapté aux besoins des Talantais tout en préservant la capacité financière de la commune ? C’est sur cette ligne de crête que la majorité municipale devra désormais construire ses choix, sous le regard attentif de l’opposition, des habitants et des partenaires institutionnels.
