Alors que Dijon fait face à un épisode de fortes chaleurs particulièrement intense, le mouvement Dijon Avenir interpelle la municipalité. Dans un communiqué, il demande à la maire Nathalie Koenders de déclarer l’état d’urgence climatique et de mettre en place rapidement des mesures concrètes pour protéger les habitants, notamment les plus fragiles.
L’organisation réclame notamment davantage d’ombre, de points d’eau, l’ouverture prolongée des piscines, des transports gratuits vers le lac Kir ou encore des aménagements d’urgence dans l’espace public et les écoles. Voici leur communiqué.
Communiqué de presse du 22 juin 2026 :
Face à la canicule : la Maire de Dijon doit déclarer l’état d’urgence climatique
“Qui aurait pu prédire qu’il ferait 40 °C à Dijon en juin 2026 ?” se défendront nos élus en reprenant la formule de Macron ! Ne soyons pas surpris, le GIEC nous avait alerté ! Depuis quelques jours et pour encore au moins une semaine, des températures caniculaires touchent le territoire. Après 100 jours de mandature, nous déplorons que la Maire de Dijon n’ait pris que des mesures cosmétiques, loin de protéger la santé des habitant·e·s des conséquences de ce risque pourtant grave et connu. Nous appelons le Conseil municipal à déclarer l’état d’urgence climatique dès aujourd’hui et à déployer de gros moyens de rafraîchissement : eau et ombre !
Des mesures d’urgence simples à mettre en oeuvre
Ombre et eau : c’est ce dont les Dijonnais·es ont besoin tout de suite. Les solutions existent afin de permettre à l’ensemble des habitantes et des habitants, et notamment les plus fragiles, de se mettre à l’abri et trouver de la fraîcheur.
Constatant que cette mission n’est aujourd’hui pas remplie et que l’absence d’actions concrètes conduit au contraire à la mise en danger de la population, nous exigeons des mesures d’urgence climatique.
Nous proposons et demandons donc à la Ville de Dijon des solutions simples, low tech et très rapides à déployer :
– La progressivité tarifaire pour l’entrée de toutes les piscines publiques et leur ouverture jusqu’à minuit
– La mise en place de lignes de bus gratuits, nombreux et réguliers à destination du Lac Kir
– Le déploiement rapide de fontaines à eau par Odivea, d’abord provisoires pour une mise en œuvre définitive par la suite
– L’installation d’ombrières de toutes tailles et de toute nature dans tous les lieux qui le nécessitent, en particulier dans les rues où les gens font leurs courses
– La conception et l’installation sur les places de tours de refroidissement adiabatiques, qui ont l’effet d’un climatiseur mais sans besoin d’énergie
– La mise en place de bancs ombragés mobiles sur les places, les rues et dans les parcs
– L’installation de ventilateurs dans toutes les salles de classes – à l’instar de ce que la commune d’Auxonne a su faire.
Sur le moyen terme, la municipalité doit modifier son Plan Communal de Sauvegarde (PCS) pour prendre en compte ce nouveau risque de canicule à la hauteur de la gravité des impacts, pour éviter les tâtonnements lors des futurs épisodes de températures extrêmes.
Parce que déjà en 2019 la population dijonnaise s’inquiétait de ces fortes chaleurs (cf. analyse des contributions du Grand Débat national), et parce que la nécessaire transformation du territoire et de nos façons d’y vivre passe par une amélioration franche de la participation citoyenne, Dijon Avenir organise un cercle de parole “Canicule : conséquences pour nos santés, solutions à court et long terme” le samedi 27 juin à 10h au parc Drapeau – se munir de protection solaire et d’eau.
Vers 50 °C à Dijon en 2050 !
En mai 2025, Dijon Avenir a organisé une conférence intitulée « 50 °C à Dijon en 2050 » où Benjamin POHL, directeur de recherche au CNRS, a présenté les projections locales de température du GIEC, confirmant la crainte du titre de cet événement.
Très concrètement, depuis quelques jours, la France en général et Dijon en particulier sont en proie à des températures caniculaires qui ne permettent pas aux corps de récupérer la nuit. Nous subissons actuellement la canicule la plus précoce jamais enregistrée, alors que nous rentrons seulement dans l’été.
Les fortes chaleurs, la sécheresse, sont les conséquences directes du réchauffement global de l’atmosphère créé par l’activité humaine. Cette chaleur nous met en danger vital, particulièrement les plus jeunes et les plus âgés, et surtout ceux qui ne peuvent convenablement se mettre à l’abri. Tous les modèles climatiques le montrent et nous pouvons le sentir dans nos chairs : ce n’est que le début. Cette semaine, l’ONG Oxfam a publié un rapport consacré aux impacts du changement climatique qui aggraveront les inégalités de santé déjà existantes parmi les Français.
Prévoir, prévenir, protéger
Depuis 2 ans, Dijon Avenir s’est donné pour mission de faire la pédagogie des crises et de leurs impacts au quotidien. Nous déplorons que les politiques actuelles mises en place par la municipalité ne planifient pas la bifurcation pour sortir du système qui engendre la catastrophe climatique. Le programme politique n’est pas à la hauteur pour organiser les solutions sobres, low-tech et rapides à mettre en œuvre dans toute la ville pour protéger les Dijonnaises et les Dijonnais, ni pour veiller au sort des plus fragiles et démunis, premières victimes de la chaleur.
Avec des valeurs de justice sociale, de solidarité et de coopération, nous avons présenté une liste aux élections municipales et militons au quotidien pour alerter sur les risques qu’impliquent la crise environnementale et énergétique, ainsi que sur les solutions les plus adaptées écologiquement et socialement que nous devons mettre en place collectivement de toute urgence pour y faire face.
La culture du risque, qui devrait aujourd’hui animer tout exécutif municipal, comporte 3 actions majeures : prévoir, prévenir et protéger. En effet, c’est bien la première mission d’une collectivité : protéger sa population.
Qu’a fait Nathalie Koenders durant les 100 premiers jours de son mandat ? Elle a inauguré 46 pots de végétaux rue de la Liberté en reconnaissant que « cela ne rafraîchit pas autant que dans un parc ou près d’arbres plantés en pleine terre ». Sur les 57 rapports présentés ce lundi au Conseil municipal, le dernier avant la pause estivale, pas une ligne sur la prévention ou la protection contre les vagues de chaleur ! Le jour où l’on passe en vigilance rouge, les élu·e·s dijonnais·es regardent ailleurs…
Alors que même des logements construits récemment à Dijon sont des bouilloires thermiques, comme en témoignaient déjà des riverain·e·s de l’avenue Jean Jaurès à l’été 2025, alors que des écoliers s’évanouissent dans les salles de classe et que les parents d’élèves ne sont pas entendus, Dijon Avenir demande que l’état d’urgence climatique soit déclaré et que des moyens massifs soient immédiatement déployés pour protéger la santé des habitant·e·s.
Signé : association Dijon Avenir
