Après ses propos publiés sur Facebook visant Nathalie Koenders et François Rebsamen, Christine Sondon affirme, auprès de nos confrères du Bien Public, avoir agi sous le coup de la colère. Elle indique avoir retiré sa publication et présenté ses excuses à la maire de Dijon ainsi qu’au président de Dijon Métropole.
L’affaire avait suscité de vives réactions jusque lors du conseil municipal de Dijon, qui s’est tenu ce lundi 22 juin 2026. Mise en cause après un commentaire publié sur Facebook visant François Rebsamen, président de Dijon Métropole, et Nathalie Koenders, maire de Dijon, Christine Sondon a finalement retiré sa publication et présenté ses excuses.
Pour rappel, Christine Sondon avait commenté une publication sur Facebook en écrivant : « S’il existait une médaille de la “bonne pratique de la corruption”, je la décernerais, en applaudissant des deux mains, à Rebsamen et Koenders. Il y a de quoi dégoûter les honnêtes Dijonnais(es) de voter. Et pour ceux qui ont élu ce couple mafieux, il serait temps de regarder la vérité en face et d’arrêter de râler contre la municipalité qu’ils ont mise au pouvoir. Pour tous les autres, vous avez quelques années pour retourner votre veste du bon côté. »

L’ancienne colistière d’Emmanuel Bichot s’est exprimée auprès de nos confrères du Bien Public. Elle y explique avoir agi sur un « coup de colère » et reconnaît avoir fait « un amalgame malencontreux entre deux choses » qui, selon elle, n’avaient rien à voir.
Ces propos interviennent après une vive séquence politique, marquée par l’annonce de Nathalie Koenders de porter plainte pour diffamation publique si le commentaire n’était pas retiré et si des excuses publiques n’étaient pas formulées.
Lors du conseil municipal de Dijon, lundi soir, Nathalie Koenders avait réagi fermement. La maire avait présenté un rapport demandant l’octroi de la protection fonctionnelle, rappelant que la Ville est tenue de protéger ses élus contre les injures, menaces, violences ou diffamations dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leurs fonctions. Elle avait alors qualifié les propos de Christine Sondon de « diffamatoires » et de « très graves ».
La maire de Dijon avait également interpellé Emmanuel Bichot, rappelant que Christine Sondon avait figuré sur sa liste lors des élections municipales. Nathalie Koenders avait posé deux conditions claires pour éviter une action judiciaire : le retrait du commentaire et la présentation d’excuses publiques. À défaut, elle avait annoncé son intention de déposer plainte pour diffamation publique.
François Rebsamen, également présent lors de la séance, avait lui aussi dénoncé la gravité des mots employés. Le président de Dijon Métropole avait indiqué qu’il engagerait une démarche similaire lors de la réunion de la Métropole prévue jeudi. Il avait notamment insisté sur la portée de l’expression « couple mafieux » et demandé que d’éventuelles excuses soient formulées avec la même visibilité que les accusations relayées.
Christine Sondon a donc retiré sa publication et présenté ses excuses. Cette évolution pourrait modifier la suite du dossier. Nathalie Koenders avait en effet laissé entendre qu’un retrait de la publication et des excuses publiques pouvaient éviter le dépôt d’une plainte. Reste désormais à savoir si les excuses formulées par Christine Sondon seront jugées suffisantes par la maire de Dijon et par le président de Dijon Métropole.
Au-delà du retrait de la publication et des excuses présentées, cette affaire laisse une trace politique lourde. En employant des termes d’une telle violence à l’encontre de responsables publics, Christine Sondon a franchi une ligne rouge incompatible avec le débat démocratique. Un désaccord politique, aussi profond soit-il, ne peut justifier des accusations aussi graves ni une telle dérive verbale. Ce comportement apparaît d’autant plus préjudiciable qu’il fragilise l’image de l’opposition municipale, déjà tenue d’incarner une alternative crédible, responsable et respectueuse des institutions.
En conclusion, Christine Sondon a dérapé, et ce dérapage laisse des traces. En lançant des accusations d’une telle gravité sans apporter publiquement d’éléments concrets, elle fragilise l’opposition dijonnaise et déçoit celles et ceux qui pouvaient croire à l’émergence d’une véritable affaire. Car en politique, on ne brandit pas des mots comme « corruption » ou « couple mafieux » à la légère : soit on apporte des preuves et l’on saisit la justice, soit l’on se tait. À défaut, il ne reste qu’un mauvais coup politique, une crédibilité abîmée et une opposition placée dans l’embarras.
