Un spécimen de scarabée japonais, insecte particulièrement nuisible pour les cultures et les espaces végétalisés, a été capturé le 7 juillet à Pont, en Côte-d’Or. Il s’agit de la deuxième détection enregistrée en Bourgogne-Franche-Comté en moins d’un mois. Les services de l’État ont renforcé leur dispositif de surveillance afin de vérifier l’absence d’installation durable de l’espèce dans la région.
La vigilance s’intensifie en Bourgogne-Franche-Comté après la découverte d’un scarabée japonais sur la commune de Pont, près d’Auxonne, dans le département de la Côte-d’Or. L’insecte a été capturé le 7 juillet 2026 dans un piège installé à proximité d’un axe routier majeur, a annoncé la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt dans un communiqué publié le 16 juillet.
Le spécimen a été transmis au laboratoire national de référence. Son identification comme Popillia japonica a ensuite été confirmée par l’unité d’entomologie et de botanique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses.
Selon les premières hypothèses avancées par les services de l’État, l’insecte aurait vraisemblablement été transporté accidentellement par un véhicule, comme un camion ou une voiture. Le piège dans lequel il a été retrouvé se situe en effet près d’un axe de circulation important. À ce stade, le communiqué ne fait pas état de la présence d’une population installée dans le secteur.
Une deuxième détection dans la région
Cette capture constitue toutefois la deuxième détection du scarabée japonais en Bourgogne-Franche-Comté en quelques semaines. Un premier spécimen avait déjà été signalé le 16 juin 2026 sur la commune d’Écot, dans le Doubs.
À la suite de cette nouvelle découverte, le nombre de pièges a immédiatement été renforcé autour de la zone concernée. Des prospections sont également menées sur le terrain par les agents de la DRAAF afin de rechercher d’éventuels autres individus. Le dispositif de surveillance doit rester en place pendant plusieurs semaines.
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’un plan de surveillance renforcée déployé dans la région depuis 2021. Des pièges sont notamment installés le long des principaux axes routiers et ferroviaires, près des aéroports et aux abords d’établissements recevant des marchandises en provenance de pays où l’insecte est déjà présent.
La Bourgogne-Franche-Comté fait l’objet d’une attention particulière en raison de sa position géographique et de ses liaisons avec l’Italie et la Suisse. Le scarabée japonais est installé en Italie depuis 2014 et en Suisse depuis 2017. Les échanges commerciaux et les déplacements de véhicules peuvent favoriser son transport involontaire vers de nouveaux territoires.
Une menace pour plus de 300 espèces végétales
Originaire d’Asie, Popillia japonica est classé comme organisme de quarantaine prioritaire par la réglementation européenne. Ce statut impose aux États membres une obligation de surveillance et de lutte en raison des dégâts importants que l’insecte peut provoquer.
Le scarabée japonais est particulièrement redouté pour son régime alimentaire très diversifié. Il peut s’attaquer à plus de 300 espèces de plantes alimentaires, forestières ou ornementales. La vigne, le maïs, les arbres fruitiers, les petits fruits, les gazons et différentes plantes de jardin figurent notamment parmi les végétaux susceptibles d’être endommagés.
Les adultes consomment principalement les feuilles, les fleurs et les fruits, tandis que les larves vivent dans le sol et se nourrissent des racines. En cas d’installation durable et de multiplication de l’espèce, les conséquences pourraient concerner aussi bien les exploitations agricoles que les pépinières, les jardins, les parcs et les terrains engazonnés.
L’insecte avait été détecté pour la première fois en France durant l’été 2025, dans le Haut-Rhin, en région Grand Est. Comme pour les captures réalisées en Bourgogne-Franche-Comté, les autorités avaient alors parlé d’interceptions, c’est-à-dire de spécimens isolés probablement transportés depuis une zone déjà contaminée.
Un insecte identifiable à ses touffes de poils blancs
Le scarabée japonais peut être confondu avec plusieurs coléoptères naturellement présents en France, notamment le hanneton des jardins, également appelé hanneton horticole. Certains signes permettent néanmoins de le reconnaître.
L’insecte est de petite taille, inférieure à celle d’une pièce de un centime d’euro. Il possède un corps aux reflets métalliques et se distingue surtout par la présence de plusieurs touffes de soies blanches disposées sur le pourtour de son abdomen. Ces marques constituent l’un des principaux critères permettant de l’identifier.
La DRAAF rappelle que la surveillance repose également sur la vigilance du public. Toute personne pensant avoir observé un scarabée japonais est invitée à ne pas le relâcher et à effectuer un signalement, si possible accompagné de photographies.
Les observations peuvent être transmises par courriel à l’adresse alerte-vegetaux-sral.draaf-bourgogne-franche-comte@agriculture.gouv.fr, au moyen du formulaire disponible sur la plateforme Démarches simplifiées ou par téléphone au 03 39 59 40 95, pendant les heures d’ouverture de la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté.

