Résident du quartier récemment construit et ancien colistier de Dijon Avenir, le docteur Jean-Louis Gross interpelle la maire de Dijon dans une lettre ouverte. Il réclame la préservation des espaces non bâtis et la création d’une aire végétalisée destinée à rafraîchir le secteur.
Après plusieurs épisodes de fortes chaleurs, le docteur Jean-Louis Gross appelle la municipalité dijonnaise à revoir ses projets d’urbanisme dans l’écoquartier des Maraîchers. Dans une lettre ouverte adressée à la maire de Dijon et transmise le 28 juillet 2026, ce médecin gériatrique, lui-même résident du quartier, décrit les difficultés rencontrées par les habitants lorsque les températures deviennent particulièrement élevées.
Ancien colistier de Dijon Avenir lors de la campagne des élections municipales, Jean-Louis Gross estime que la succession des épisodes caniculaires doit conduire la Ville à reconsidérer la densification du secteur.
« Nous sortons de trois épisodes de canicule qui ont éprouvé tous les habitants de notre écoquartier des Maraîchers », écrit-il. Selon son témoignage, les enfants attendent le soir pour sortir jouer, tandis que les résidents cherchent comme ils le peuvent un peu de fraîcheur à l’extérieur de leur logement.
Pour le médecin, ces périodes de chaleur ne peuvent plus être considérées comme des phénomènes exceptionnels. « Les spécialistes du climat nous préviennent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais que nous vivons l’été le plus frais du reste de notre vie », affirme-t-il, avant d’appeler à une adaptation « individuelle et collective ».
Un terrain à transformer en espace de fraîcheur
Dans sa lettre, Jean-Louis Gross vise particulièrement les projets de construction envisagés le long du mail Guynemer ainsi que sur le site des anciens abattoirs. Il demande à la municipalité de renoncer à toute nouvelle densification dans un quartier qu’il juge déjà fortement exposé à la chaleur en raison de la place occupée par le béton.
Le médecin réclame également la préservation de la partie est du quartier des Lentillères, qu’il présente comme un « poumon » situé à proximité des Maraîchers.
Il propose surtout de revégétaliser le terrain encore vierge compris entre la rue Alphonse-Bertillon et la rue de la Halle-aux-Cuirs. Cet espace pourrait, selon lui, devenir une aire de rafraîchissement au cœur de l’écoquartier.
« Transformer cet espace en une aire de rafraîchissement au cœur de l’écocité vous honorerait », écrit-il à l’attention de la maire.
Une telle transformation pourrait prendre la forme d’un espace arboré et accessible aux habitants, susceptible d’offrir de l’ombre et de limiter localement l’accumulation de chaleur. Le contenu précis d’un éventuel aménagement n’est toutefois pas détaillé dans la lettre.
La rentabilité des terrains mise en cause
Jean-Louis Gross critique une politique d’urbanisme qui accorderait, selon lui, une trop grande importance à la rentabilité des surfaces constructibles. Il affirme avoir déjà alerté un conseiller municipal, deux ans auparavant, sur les conséquences possibles des futurs bâtiments pour le confort des habitants.
D’après son récit, cet élu l’aurait alors qualifié de « privilégié ». Le médecin l’invite désormais à venir séjourner dans un appartement du quartier lors d’un prochain épisode caniculaire afin de constater directement les conditions vécues par les résidents.
Le ton de la lettre se fait particulièrement ferme sur ce point. Jean-Louis Gross reconnaît que la municipalité n’est pas responsable de la multiplication des canicules, mais considère qu’elle dispose de moyens d’action pour limiter leurs effets.
« Vous avez l’occasion historique de ralentir cette dégradation et de laisser une trace de courage politique en arrêtant toute nouvelle construction dans ce quartier déjà surchauffé par la densité de béton », affirme-t-il.
Un appel au « courage politique »
Le médecin présente la végétalisation des terrains disponibles comme un choix politique susceptible de marquer durablement le mandat municipal. Il reconnaît toutefois l’existence de fortes pressions en faveur de la poursuite des constructions.
S’adressant directement à la maire, dont il souligne le passé de sportive de haut niveau, il l’appelle à faire preuve de la même combativité dans ce dossier.
« C’est faire preuve d’une vision écologique d’avant-garde, d’un réel courage politique au service de l’environnement qui vous est cher, que de décider la végétalisation des espaces encore disponibles », écrit-il.
Jean-Louis Gross estime qu’un renoncement aux constructions prévues serait compris par une partie importante des électeurs sensibles aux engagements environnementaux de la municipalité.
Cette lettre ouverte intervient alors que l’adaptation des villes aux fortes chaleurs occupe une place croissante dans le débat public. Dans les quartiers récents et densément construits, la présence d’arbres, de sols perméables et d’espaces ombragés devient un enjeu majeur pour réduire les effets des températures élevées.
À travers son interpellation, le médecin demande désormais à la Ville de Dijon d’arbitrer entre la poursuite de la construction de logements et la préservation d’espaces susceptibles d’améliorer le confort climatique des habitants. La lettre transmise ne fait pas état, à ce stade, d’une réponse de la municipalité.
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