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Après l’incendie qui a ravagé près de 90 hectares entre Couchey et Marsannay-la-Côte, le maire de Chenôve appelle les communes du secteur à organiser rapidement une réponse collective. Il propose de réunir en urgence le SIPLASUD, le syndicat intercommunal chargé depuis plus de cinquante ans de la sauvegarde et de la valorisation du plateau.

L’heure est encore à la surveillance des points chauds, mais les élus commencent déjà à préparer l’après-incendie. Au lendemain du violent feu de forêt déclaré mercredi 29 juillet dans la combe Vaulon, à Couchey, Thierry Falconnet demande une réunion d’urgence du SIPLASUD.

Le maire de Chenôve souhaite que les communes concernées travaillent ensemble afin d’évaluer les dommages et de définir les mesures nécessaires à la restauration et à la protection du plateau du Sud-Dijonnais.

« Après que l’incendie du Plateau aura été définitivement maîtrisé, que nous aurons mesuré les dégâts causés par cette catastrophe, il nous faut réagir ensemble ! », déclare Thierry Falconnet.

Selon le dernier bilan communiqué jeudi 30 juillet, le feu a parcouru environ 150 hectares, dont 90 hectares ont effectivement brûlé. Plus de 200 pompiers ont été engagés au plus fort de l’intervention. Deux soldats du feu ont été légèrement blessés, mais aucune habitation n’a été touchée. Le feu a été déclaré fixé jeudi en fin d’après-midi, tandis que les opérations de noyage et de surveillance se poursuivaient pour éviter toute reprise.

Réunir les communes autour d’un outil déjà existant

Le SIPLASUD porte officiellement le nom de Syndicat intercommunal de sauvegarde et de mise en valeur du Plateau du Sud dijonnais. Thierry Falconnet estime que cette structure doit désormais être mobilisée pour coordonner la réponse des collectivités.

« Le SIPLASUD existe. C’est un outil que nous maîtrisons ensemble. Ensemble, faisons-le vivre pour protéger notre plateau », insiste le maire de Chenôve.

Créé le 18 février 1975, le SIPLASUD est un syndicat intercommunal à vocation unique, ou SIVU. Il est financé par les contributions budgétaires de ses collectivités membres et son siège est installé à la mairie de Marsannay-la-Côte. La base officielle du ministère de l’Intérieur, mise à jour en avril 2025, recensait quatre communes adhérentes : Chenôve, Corcelles-les-Monts, Dijon et Marsannay-la-Côte. Chacune disposait de deux représentants au sein du syndicat.

La commune de Couchey ne fait plus partie de cette structure depuis son retrait enregistré en juillet 2019. Thierry Falconnet demande néanmoins qu’elle soit invitée à la réunion d’urgence, compte tenu de sa situation au cœur du territoire sinistré.

Cette invitation apparaît indispensable sur le plan opérationnel : le feu s’est déclaré sur le territoire de Couchey avant de toucher le secteur de Marsannay-la-Côte. Les conséquences environnementales de l’incendie dépassent ainsi les limites administratives des communes.

Le précédent des incendies de 2015

Pour défendre sa proposition, Thierry Falconnet rappelle le travail engagé après les importants incendies de juillet 2015, qui avaient ravagé entre 80 et 90 hectares de forêts et de pelouses sur les communes de Chenôve et de Marsannay-la-Côte.

À la suite de cette catastrophe, le SIPLASUD avait participé à l’élaboration d’un plan de gestion destiné à restaurer les espaces incendiés et à définir une stratégie environnementale de long terme. Approuvé en 2019, ce programme prévoyait six années d’actions sur un milieu naturel en partie intégré au réseau européen Natura 2000.

Les opérations avaient notamment concerné le maintien et la restauration des pelouses calcaires, particulièrement riches en biodiversité. Des travaux de défrichement ciblés avaient été programmés sur quatre hectares à Marsannay-la-Côte et un peu plus de cinq hectares à Chenôve, afin d’empêcher la fermeture complète des milieux naturels.

Le recours à l’écopâturage avait également été retenu. Des vaches, des ânes et des poneys avaient ainsi été installés temporairement sur certaines parcelles pour entretenir la végétation sans produits chimiques et favoriser le retour d’espèces adaptées aux pelouses sèches.

Le syndicat avait aussi organisé des opérations citoyennes. Quelques mois après les incendies de 2015, une centaine d’habitants, d’élus et de bénévoles avaient participé au ramassage d’environ six mètres cubes de déchets mis au jour par le passage des flammes. Plus tard, une plantation associant le SIPLASUD, l’Office national des forêts et des habitants avait permis de planter 110 arbres, sur les 330 prévus dans le programme de reboisement.

« Ce que nous avons été capables de faire après l’incendie de 2015, nous serons capables de le porter après l’incendie de 2026 », affirme Thierry Falconnet.

Évaluer les dégâts avant de reconstruire

La première étape sera de connaître précisément les effets du feu sur les boisements, les pelouses calcaires, les sols et les espèces protégées. Le bilan provisoire des surfaces brûlées ne permet pas encore de mesurer la gravité des dégâts écologiques ni le temps nécessaire à la régénération du site.

Une réunion du SIPLASUD pourrait permettre de lancer un diagnostic commun, d’identifier les travaux urgents, de rechercher des financements et de coordonner les interventions avec les services de l’État, les pompiers, l’Office national des forêts et les organismes spécialisés dans la protection des espaces naturels.

La question de la prévention devrait également être posée : entretien de la végétation, accès des secours, création ou renforcement de zones coupe-feu, information du public, réglementation des usages et surveillance du massif pendant les périodes de sécheresse.

À travers son appel, Thierry Falconnet entend surtout éviter une succession d’initiatives isolées. Dix ans après les incendies de 2015, le nouveau sinistre rappelle que le plateau constitue un même ensemble naturel, quels que soient les découpages administratifs. Sa restauration et sa protection nécessiteront donc, une nouvelle fois, une mobilisation dépassant les frontières communales.

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