Face à l’ampleur exceptionnelle des incendies qui frappent la France, TotalEnergies annonce le financement des carburants terrestres et aériens nécessaires aux services de secours entre le 1er juillet et le 31 août 2026. L’entreprise permettra également à ses salariés engagés comme sapeurs-pompiers volontaires de rejoindre les opérations sans perte de salaire ni décompte de congés.
Alors que plusieurs régions françaises sont confrontées à des feux de forêt de grande ampleur, TotalEnergies entend apporter un soutien matériel aux services d’incendie et de secours. Dans un communiqué publié vendredi 31 juillet, la compagnie énergétique annonce qu’elle prendra en charge les carburants consommés par les moyens terrestres et aériens mobilisés contre les incendies partout en France métropolitaine.
Cette prise en charge couvrira rétroactivement la période allant du 1er juillet au 31 août 2026. Elle concernera aussi bien les véhicules des sapeurs-pompiers — camions-citernes, véhicules de commandement, engins de transport ou de soutien — que les avions bombardiers d’eau de la Sécurité civile, notamment les Canadair et les Dash.
Des avoirs accordés aux services de secours
Le dispositif ne prendra pas la forme d’un remboursement immédiat des dépenses déjà engagées. TotalEnergies prévoit d’accorder aux services départementaux et nationaux concernés des dons sous forme d’avoirs, utilisables pour de futures fournitures de carburant auprès de l’entreprise.
La compagnie doit désormais se rapprocher des services départementaux d’incendie et de secours, les SDIS, afin de déterminer les modalités pratiques du soutien destiné aux véhicules terrestres. Pour les moyens aériens, les échanges seront conduits avec la Direction générale de la Sécurité civile et de la Gestion des crises, rattachée au ministère de l’Intérieur.
TotalEnergies indique également que ses équipes donnent, depuis le début de l’été, la priorité à l’approvisionnement des services d’incendie et de secours dans les secteurs où la lutte contre les flammes s’intensifie.
Le communiqué ne précise toutefois ni le montant total de l’opération ni le volume de carburant susceptible d’être pris en charge. Le coût définitif dépendra vraisemblablement de l’évolution des incendies, de la consommation des appareils et des véhicules engagés ainsi que des modalités arrêtées avec les différents services de secours.
Une saison des incendies exceptionnelle
L’annonce intervient dans un contexte particulièrement critique. Dans un bilan actualisé le 31 juillet, le ministère de l’Intérieur indique que 117 000 hectares ont brûlé en France depuis le début de l’année. Plus de 14 000 feux ont été recensés depuis le commencement de la saison, sur fond de sécheresse précoce, de végétation particulièrement sèche, d’épisodes caniculaires et de vents favorisant la propagation des flammes.
La Gironde et les Landes figurent parmi les territoires les plus durement touchés. En Gironde, quelque 42 000 hectares avaient été parcourus par les flammes à la fin du mois de juillet. Environ 3 300 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires, 1 200 policiers et gendarmes ainsi que 24 moyens aériens avaient été mobilisés. D’importants incendies étaient également signalés dans le Var, en Corse et en Côte-d’Or.
Cette mobilisation entraîne d’importants besoins logistiques. Les engins doivent être ravitaillés en permanence afin d’acheminer les personnels, de protéger les zones habitées, de surveiller les reprises de feu et d’alimenter les opérations de lutte. Les avions bombardiers d’eau doivent, de leur côté, pouvoir multiplier les rotations au-dessus des secteurs les plus difficiles d’accès.
Dans ces conditions, la prise en charge annoncée par TotalEnergies pourrait contribuer à alléger une partie des dépenses supportées par les services de secours. Son effet réel ne pourra cependant être évalué qu’une fois connus les volumes couverts et la valeur des avoirs attribués à chaque organisme.
Près de 200 pompiers volontaires parmi les salariés
TotalEnergies souhaite également faciliter l’engagement de ses propres collaborateurs. La compagnie affirme compter près de 200 sapeurs-pompiers volontaires dans ses effectifs.
Les salariés qui souhaitent rejoindre les équipes mobilisées contre les incendies pourront être libérés par l’entreprise. Leur rémunération sera maintenue et les jours consacrés aux opérations de secours ne seront pas retirés de leur solde de congés.
Cette décision met en lumière le rôle essentiel des volontaires dans le dispositif français de sécurité civile. La France compte plus de 256 000 sapeurs-pompiers, dont environ 78 % exercent sous le statut de volontaire, selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Une solidarité appelée à se concrétiser rapidement
Après l’annonce, l’enjeu sera désormais de transformer cet engagement en soutien opérationnel. Les discussions avec les SDIS et la Sécurité civile devront notamment préciser les dépenses admissibles, les volumes concernés et les conditions d’utilisation des avoirs.
En prenant en charge une partie des besoins énergétiques indispensables aux interventions, TotalEnergies cherche à inscrire son action dans l’effort national engagé contre les incendies. Une initiative annoncée alors que les autorités préviennent que les conditions météorologiques restent favorables aux départs de feu et à leur propagation rapide sur une grande partie du territoire.
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