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Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de secouer les marchés de l’énergie. En France, le prix repère du gaz augmentera de 5,6 % à compter du 1er septembre 2026. Une nouvelle hausse qui devrait toucher directement près de six millions de ménages et qui pourrait ne pas être la dernière si la crise géopolitique se prolonge.

La rentrée s’annonce plus coûteuse pour des millions de Français chauffés au gaz. À compter du 1er septembre 2026, le prix repère de vente du gaz naturel publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) progressera de 5,6 %, sous l’effet notamment de la remontée des prix sur les marchés de gros. Environ six millions de foyers, soit près de 60 % des abonnés au gaz en France, sont susceptibles d’être directement concernés par cette évolution lorsqu’ils disposent d’une offre indexée sur cette référence.

Selon la nouvelle grille publiée par la CRE, le prix repère moyen atteindra en septembre 172,05 euros TTC par mégawattheure, tous consommateurs confondus. Pour un foyer utilisant le gaz pour le chauffage, le prix moyen du kilowattheure s’établira à 0,13474 euro TTC, tandis que l’abonnement annuel de référence atteindra 360,79 euros TTC.

Les marchés de gros repartent fortement à la hausse

Cette augmentation intervient alors que le coût d’approvisionnement des fournisseurs français connaît une nette remontée. La référence calculée par la CRE passe de 44,77 euros/MWh en août à 52,30 euros/MWh en septembre, soit une progression de près de 17 % en un mois. Ce coût ne représente cependant qu’une partie de la facture finale, qui comprend également le transport, le stockage, la distribution, les coûts commerciaux et différentes contributions.

La CRE rappelle d’ailleurs que son prix repère n’est pas un tarif obligatoire. Depuis la disparition des tarifs réglementés de vente du gaz le 30 juin 2023, les fournisseurs sont libres de construire leurs propres offres. Le prix repère constitue avant tout une « boussole » permettant aux consommateurs de comparer les contrats disponibles sur le marché. Les clients bénéficiant d’un contrat à prix fixe ne subiront donc pas nécessairement la hausse dès septembre.

Le Moyen-Orient fait trembler le marché mondial du gaz

Derrière cette flambée se trouve notamment la dégradation de la situation énergétique internationale. Le conflit impliquant l’Iran et les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations mondiales d’hydrocarbures, ont considérablement perturbé les échanges depuis le début de l’année.

Avant le conflit, environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole transitait par le détroit. La région est également essentielle pour le gaz naturel liquéfié, notamment en raison du poids considérable du Qatar dans les exportations mondiales de GNL. Les perturbations du trafic maritime ont ainsi ravivé les inquiétudes concernant la capacité des pays importateurs à sécuriser suffisamment d’énergie avant l’hiver.

Les conséquences sont déjà visibles sur les marchés. Fin juillet, les prix du GNL destiné à l’Asie avaient atteint un plus haut de quatre mois, tandis que l’Europe se retrouvait en concurrence avec les acheteurs asiatiques pour attirer les cargaisons disponibles.

Le 10 août, le gaz européen de référence TTF a de nouveau fortement progressé, les inquiétudes entourant le détroit d’Ormuz alimentant la volatilité des marchés.

Des réserves européennes sous surveillance avant l’hiver

La situation est d’autant plus sensible que l’Europe doit reconstituer ses stocks avant la saison froide. Après avoir fortement réduit sa dépendance au gaz russe depuis 2022, le continent dépend davantage des importations de gaz naturel liquéfié transporté par bateau.

Cette nouvelle organisation rend le marché européen plus exposé aux tensions internationales et à la compétition avec l’Asie pour les cargaisons disponibles. Les inquiétudes se concentrent désormais sur la capacité du continent à disposer de réserves suffisantes si les perturbations au Moyen-Orient devaient durer.

L’Agence internationale de l’énergie estime déjà que la guerre au Moyen-Orient pourrait modifier durablement les perspectives du marché mondial du gaz. Selon l’un de ses analystes, le conflit pourrait entraîner une perte cumulée d’environ 120 milliards de mètres cubes de GNL entre 2026 et 2030 par rapport aux trajectoires précédemment anticipées.

Une nouvelle hausse cet hiver ?

Pour les ménages français, la hausse de septembre pourrait ainsi ne constituer qu’une étape. Le prix repère de la CRE évolue chaque mois en fonction des conditions du marché, notamment des contrats à court terme négociés sur le marché de gros français. Une détente géopolitique et une reprise normale des exportations pourraient faire retomber les cours. À l’inverse, une prolongation ou une aggravation du conflit pourrait maintenir une forte pression sur les prix à l’approche de l’hiver.

La volatilité observée depuis le début de l’année illustre déjà cette fragilité : après une baisse du prix repère de 4,8 % en juin, les consommateurs français avaient subi une nouvelle remontée des coûts au cours de l’été.

Pour les particuliers, la CRE recommande donc de ne pas se limiter au seul prix du kilowattheure et de comparer attentivement les différentes offres, leurs conditions d’évolution et le montant de l’abonnement. Dans un contexte international toujours incertain, les contrats à prix fixe peuvent protéger temporairement contre les fluctuations mensuelles, tandis que les offres indexées répercutent plus rapidement les mouvements des marchés.

À quelques semaines de la rentrée et alors que l’hiver approche, le gaz redevient ainsi l’un des principaux points de vigilance pour le pouvoir d’achat des ménages français. La suite dépendra largement de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de la capacité des marchés européens à sécuriser suffisamment d’approvisionnements.

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