Alors que plusieurs centaines de milliers de manifestants sont attendus ce jeudi 5 novembre 2026 partout en France, les autorités se préparent à une journée de mobilisation particulièrement suivie. Une note du renseignement territorial met en garde contre d’éventuels débordements dans plusieurs villes. À Dijon, où le cortège doit s’élancer à 14 heures de la place de la Libération, les forces de police devraient également être mobilisées pour encadrer la manifestation et prévenir les troubles à l’ordre public.
La journée s’annonce chargée pour les organisations syndicales, mais aussi pour les services de sécurité. Ce jeudi 5 novembre, les appels à la grève et à manifester se multiplient sur l’ensemble du territoire. Si les syndicats entendent faire entendre leurs revendications sur les salaires, le pouvoir d’achat et les services publics, les autorités surveilleront également de près le déroulement des différents cortèges.
Selon une note de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT), datée du 3 novembre et révélée par plusieurs médias nationaux, cette journée présente un risque élevé de troubles à l’ordre public. Les services de renseignement anticipent une participation comprise entre 500 000 et 700 000 personnes en dehors de l’agglomération parisienne.
Ces prévisions s’accompagnent d’inquiétudes concernant la présence éventuelle de groupes violents en marge de certaines manifestations, notamment dans les centres-villes.
Un important dispositif de sécurité annoncé au niveau national
Face à ces risques, le ministère de l’Intérieur a décidé de mobiliser d’importants moyens de sécurité. Mercredi 4 novembre, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire pour cette journée de mobilisation.
Les forces de l’ordre auront pour mission de sécuriser les cortèges, de protéger les participants et de prévenir d’éventuelles dégradations visant les commerces, le mobilier urbain ou les bâtiments publics.
Les services de renseignement redoutent notamment que certains individus cherchent à profiter de l’importance des rassemblements pour provoquer des affrontements ou commettre des actes de violence.
Ces évaluations restent toutefois des prévisions. Le niveau réel des tensions dépendra notamment du déroulement des cortèges et des circonstances locales. Une journée considérée comme sensible par les autorités ne signifie donc pas que des incidents se produiront systématiquement.
À Dijon, les forces de police devraient également être mobilisées
Dans la capitale bourguignonne, cette nouvelle journée de contestation devrait également nécessiter une mobilisation des services de police. Le rassemblement organisé par sept organisations syndicales est prévu à 14 heures, place de la Libération, avec un défilé annoncé dans plusieurs rues du centre-ville.
Le parcours doit notamment passer par la rue de la Liberté, la place Darcy et la place de la République, avant de rejoindre la place Wilson, où une assemblée générale est prévue à l’issue de la manifestation.
Ce passage par des secteurs particulièrement fréquentés, notamment commerçants, devrait faire l’objet d’une attention particulière des autorités.
Les policiers devraient ainsi être mobilisés pour accompagner le déroulement du rassemblement, sécuriser les abords du cortège et intervenir si des troubles venaient à se produire.
À ce stade, aucun chiffre précis concernant les effectifs qui seront engagés à Dijon n’a pu être confirmé. Les modalités détaillées du dispositif local n’ont pas davantage été établies.
Les précédentes manifestations toujours dans les esprits
Cette vigilance intervient dans un contexte local particulier. Depuis plusieurs semaines, Dijon connaît une succession de mobilisations contre la vie chère, dont certaines ont été marquées par des incidents.
Le samedi 17 octobre, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans les rues de la ville. Si la majorité des participants avaient défilé pacifiquement, des affrontements avec les forces de l’ordre et des dégradations avaient été signalés.
Les rassemblements des 24 et 31 octobre avaient également conduit les autorités préfectorales à prendre des mesures de restriction dans certains secteurs du centre-ville.
Le 31 octobre, jusqu’à 3 500 personnes avaient participé à une nouvelle manifestation, selon les chiffres communiqués par la préfecture de la Côte-d’Or.
Cette dernière avait alors signalé des jets de projectiles contre les forces de sécurité, des tentatives d’intrusion dans des bâtiments publics et des dégradations. Elle avait toutefois précisé que la mobilisation s’était déroulée majoritairement de manière pacifique.
Ces événements expliquent en partie l’attention portée à la journée de ce jeudi, même si la manifestation intersyndicale se distingue des précédents rassemblements par son organisation et sa déclaration préalable en préfecture.
Une manifestation autorisée à traverser le centre-ville
Après des interrogations concernant l’itinéraire envisagé par les syndicats, la préfecture de la Côte-d’Or a finalement donné son accord au parcours traversant le centre-ville, selon les informations publiées mercredi par la presse locale.
Ce choix marque une différence avec les restrictions imposées lors des précédentes mobilisations.
Il implique toutefois de concilier plusieurs impératifs : permettre aux organisations syndicales d’exercer leur droit de manifester, assurer la sécurité des participants et préserver les riverains, les commerces ainsi que les autres usagers du centre-ville. La circulation pourrait ainsi être perturbée dans plusieurs secteurs au passage du cortège.
Une journée décisive pour les syndicats, sous le regard des autorités
Malgré les préoccupations sécuritaires, les organisations syndicales souhaitent avant tout placer les revendications sociales au centre de cette journée. Revalorisation des salaires, augmentation des pensions, amélioration des conditions de travail, défense des services publics et justice fiscale constituent les principaux mots d’ordre de la mobilisation.
À Dijon, la CFDT, la CGT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFTC espèrent rassembler largement autour de ces demandes. Pour les autorités, l’enjeu sera de permettre le déroulement de la manifestation tout en évitant de nouveaux incidents, après plusieurs semaines de tensions.
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.
Soyez le premier à commenter cet article.