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Après une prise de position de la maire de Dijon en faveur d’une obligation nationale du port du casque à vélo et à trottinette, l’association EVAD monte au créneau. Elle redoute qu’une telle mesure ne décourage la pratique du vélo et appelle plutôt la collectivité à agir sur les vitesses automobiles, le plan de circulation et les infrastructures cyclables.

La question du port du casque à vélo s’invite dans le débat dijonnais. Dans un communiqué publié vendredi 14 août, l’association EVAD réagit aux déclarations de la maire de Dijon, Madame Koenders, qui s’est dite la veille favorable à une obligation nationale du casque pour les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes.

Cette prise de position intervenait en réaction à un arrêté de la préfecture de police de Paris imposant notamment le port du casque aux utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés dans plusieurs départements franciliens. Mais EVAD s’étonne que le débat ait été étendu au vélo à Dijon et affiche une opposition ferme à toute généralisation de cette obligation.

Le casque n’est pas en cause, son obligation l’est

L’association tient d’abord à distinguer deux sujets. Elle ne remet pas en question l’utilisation individuelle du casque, que nombre de ses adhérents portent d’ailleurs régulièrement ou occasionnellement. C’est son caractère obligatoire et généralisé qu’elle conteste.

Selon EVAD, rendre le casque obligatoire contribuerait à installer dans l’opinion l’idée que le vélo constitue en lui-même une activité particulièrement dangereuse. Une représentation que l’association juge contre-productive au moment où les politiques publiques cherchent, au contraire, à développer les mobilités actives.

Son argument dépasse la seule question de la sécurité routière. EVAD insiste sur les bénéfices collectifs liés au développement du vélo : activité physique régulière, lutte contre la sédentarité, amélioration de la santé cardiovasculaire ou encore diminution de la pollution lorsque des trajets effectués en voiture sont remplacés par des déplacements cyclables.

Pour l’association, toute décision susceptible de décourager une partie des usagers doit donc être mise en balance avec ces bénéfices sanitaires et environnementaux.

Vélo sportif et vélo du quotidien, deux pratiques différentes

EVAD appelle également à ne pas confondre pratique sportive et mobilité quotidienne. L’association rappelle que l’Union cycliste internationale impose depuis 2003 le casque aux coureurs professionnels. Une obligation qu’elle considère cohérente dans le cadre d’une compétition, caractérisée par la vitesse, l’intensité de l’effort et une prise de risque inhérente à la pratique sportive.

Mais cette logique ne peut, selon elle, être automatiquement transposée aux déplacements ordinaires.

« Lorsque l’on se déplace à vélo pour un usage utilitaire, ce qui est la pratique principale en milieu urbain, on ne prend pas davantage de risque que lorsque l’on se déplace à pied », défend EVAD dans son communiqué.

Pour l’association, le danger ressenti ou réel vient d’abord de l’organisation de l’espace public : circulation automobile importante, écarts de vitesse entre les différents usagers et absence de séparation suffisamment claire entre voitures, vélos et piétons.

EVAD met également en avant une difficulté très concrète : celle des vélos en libre-service. Une obligation générale poserait immédiatement la question de l’utilisation des Vélodi à Dijon. Un usager décidant spontanément d’emprunter un vélo devrait alors avoir pensé à transporter un casque avec lui.

Aux yeux de l’association, une telle contrainte risquerait de faire perdre au vélo l’un de ses principaux avantages pour les déplacements urbains : sa simplicité d’utilisation.

« S’attaquer aux origines des problèmes »

Au-delà du casque, le communiqué développe une critique plus large de la manière dont est abordée la sécurité des cyclistes. EVAD considère qu’en faisant porter l’essentiel de la responsabilité de la protection sur les personnes à vélo, les pouvoirs publics risquent de traiter les conséquences des accidents plutôt que leurs causes.

L’association préfère ainsi mettre l’accent sur l’aménagement de la voirie et la réduction du risque à la source. Elle affirme notamment que les expériences d’obligation du casque menées dans certains territoires ont pu s’accompagner d’une diminution de la pratique du vélo utilitaire, avec des conséquences négatives, selon elle, sur les bénéfices collectifs liés à l’activité physique.

Le message adressé aux élus dijonnais est donc autant politique que technique : pour rendre le vélo plus sûr, EVAD estime qu’il faut d’abord réduire les situations dans lesquelles cyclistes et véhicules motorisés sont placés en conflit.

La rue de la Liberté toujours en toile de fond

La réaction de l’association intervient également dans un contexte local déjà tendu autour de la place du vélo dans le centre-ville. EVAD rappelle ainsi l’interdiction de circulation des vélos en journée rue de la Liberté décidée l’année précédente, une mesure qu’elle avait déjà vivement critiquée. Elle appelle aujourd’hui les élus de Dijon à ne plus prendre de décisions concernant les déplacements cyclables sans associer suffisamment en amont les représentants des usagers.

« Nous invitons les élu-es de la Ville de Dijon à cesser de s’attaquer à la pratique du vélo dans notre ville, et à travailler en amont avec les associations d’usagères et d’usagers », écrit l’association.

Derrière la polémique sur le casque se dessine ainsi un désaccord plus profond sur la politique cyclable dijonnaise et sur la manière d’améliorer la sécurité dans l’espace public.

Réduire les vitesses plutôt qu’imposer le casque

EVAD profite enfin de son communiqué pour remettre sur la table plusieurs revendications anciennes. L’association demande notamment une limitation de la vitesse à 30 km/h sur l’ensemble de l’agglomération, avec l’objectif de réduire à la fois le nombre d’accidents et leur gravité.

Elle réclame également un plan de circulation plus ambitieux, destiné notamment à limiter le trafic automobile de transit dans les rues les plus étroites.

Enfin, elle souhaite une accélération des aménagements permettant de séparer les différents flux de circulation, en particulier ceux des cyclistes et des piétons.

Pour EVAD, c’est sur ces leviers que doit porter en priorité l’action publique. L’association ne présente donc pas le casque comme inutile, mais refuse d’en faire la réponse centrale à la question de la sécurité des cyclistes.

Son message tient en une formule : avant de chercher à mieux protéger les cyclistes en cas de chute ou de collision, il faudrait d’abord créer une ville dans laquelle ces accidents ont moins de risques de se produire.

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Commentaires 1

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gws
Bonjour,Un petit message pour evad : je n’ai pas de vélo,  ni de voiture  je ne suis qu’un piéton qui en a marre de se faire bousculer par des cycles et trottinettes et autres engins répertoriés dans la même catégorie de moyens de déplacements, qui roulent sur les trottoirs sans gène et sans respect. Le plus souvent a des vitesses rapides. Vous voulez que les cyclistes soient respectés : le mieux pour y arriver est de vous montrer respectueux en appliquant le code de la circulation routière. Cordialement